De Gelder: "Vous avez dû beaucoup souffrir"

"J'ai perdu une partie de moi. Il restera à jamais une blessure", a indiqué Quinten Blindeman, le fils de la puéricultrice décédée, vendredi matin devant la cour d'assises de Gand au procès de Kim De Gelder.

De Gelder: "Vous avez dû beaucoup souffrir"
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Belga

"J'ai perdu une partie de moi. Il restera à jamais une blessure", a indiqué Quinten Blindeman, le fils de la puéricultrice décédée, vendredi matin devant la cour d'assises de Gand au procès de Kim De Gelder. L'accusé avait attaqué la crèche Fabeltjesland à Termonde le 23 janvier 2009. Il avait mortellement poignardé deux bébés âgés de neuf mois, ainsi que la puéricultrice Marita Blindeman, âgée de 54 ans.

"Quand j'étais enfant, je n'ai jamais manqué de rien. C'est malheureux que je n'aurai pas la chance de renvoyer l'ascenseur. (...) Maintenant que je suis moi-même père, je comprends ce que signifie élever un enfant", a expliqué le témoin.

Ce dernier est ensuite revenu sur le jour des faits : "Ma compagne a vu sur le télétexte que cinq personnes avaient été assassinées dans une crèche de Termonde. J'ai directement pris la route. Ce qui me passait par la tête à ce moment est indescriptible. Quand je suis arrivé sur place, c'était la panique complète".

"Certains jours, je me lève et je me dis que ce n'est pas vrai, que ce n'est pas possible. J'ai perdu une partie de moi. Une autre partie essaye cependant de continuer à vivre en pensant qu'il y a encore de belles choses à réaliser. La blessure due au décès de ma mère reste cependant incurable", a poursuivi le témoin.

Quinten Blindeman a ensuite demandé à l'accusé comment il se sentirait si on lui annoncait la mort de ses parents. "Je pense que mon monde s'effondrerait", a répondu Kim De Gelder. "Ils sont la seule chose qui me reste dans ma vie".

"Je pense que vous comprenez donc comment nous nous sentons", a réagi le témoin. "Vous avez du être triste et en colère, vous avez du beaucoup souffrir", a déclaré Kim De Gelder.

L'accusé ne répond pas à l'avocat Jef Vermassen qui le presse de s'excuser

Kim De Gelder n'a pas voulu répondre, vendredi après-midi devant la cour d'assises de Gand, à la demande de l'avocat Jef Vermassen d'"enlever son armure" et de "finalement dire une fois désolé". A la fin de la journée, après les témoignages poignants des proches des trois victimes décédées après l'attaque de la crèche Fabeltjesland, l'avocat Jef Vermassen, qui défend ces personnes, a obtenu la parole. "Nous avons l'impression que vous avez échangé votre gilet pare-balles pour une armure d'inaccessibilité", a-t-il dit à propos de Kim De Gelder.

"N'avez-vous donc pas une once d'émotion, pas un fond de respect pour tous ces gens blessés ? N'est-ce pas le moment de vous débarrasser de cette armure ? S'il-vous-plaît, monsieur De Gelder, dites au moins une fois que vous êtes désolé. Pensez-y durant le week-end". Le président Koen Defoort a ensuite demandé à Kim De Gelder s'il souhaitait répondre à l'avocat. "Non, président", a dit Kim De Gelder.

"Nous avons dit à sa soeur que Leon est devenu une étoile"

Les parents de Leon Garcia-Arbesu, un bébé de neuf mois décédé lors de l'attaque de la crèche Fabeltjesland, ont livré un témoignage serein et poignant devant la cour d'assises de Gand. "Nous avons dit à sa soeur que Leon est devenu une étoile", a indiqué sa mère Eva. "Leon était un enfant très gai et heureux", a indiqué le père Rafaël. "Il était déterminé. Il allait droit au but. C'était un bébé de très bonne humeur et qui pleurait rarement."

Les parents ont expliqué comment ils ont été mis au courant de la mort de leur fils et la manière dont ils ont été pris en charge. "C'était comme si le ciel nous tombait sur la tête", a déclaré la mère. "Il a encore combattu pendant deux heures pour sa vie. C'était impressionnant qu'il ait pu lutter si longtemps avec de telles blessures."

Le président a également posé des questions aux parents pour savoir comment la soeur de Leon avait réagi au décès de son jeune frère. "Nous lui avons dit que Leon était devenu une étoile, que son coeur ne battait plus et qu'il était parti au ciel. Nous lui avons dit qu'elle devait lui faire un câlin", a répondu la mère.

"Soudain, la maison était vide"

Les parents de Corneel, autre bébé décédé lors de l'attaque à la crèche Fabeltjesland, ont témoigné de cette perte vendredi après-midi devant la cour d'assises de Gand. "Soudain, la maison était vide et calme", a déclaré la mère. La maman de Corneel a expliqué qu'elle avait appris que quelque chose s'était produit à la crèche alors qu'elle donnait cours, et que le père se trouvait au bureau. Tous les deux se sont ensuite rués sur place.

Le père de Corneel a appris, sur le parking du centre de crise, que son petit garçon avait perdu la vie. Il a annoncé la nouvelle à sa femme à son arrivée. "J'ai commencé à crier 'Corneel' très fort", a expliqué la mère. "J'ai tapé le Maxi Cosi contre le mur. J'étais tellement heureuse d'être maman, et là je ne l'étais plus tout d'un coup."

La maman a aussi raconté qu'après les faits, la maison semblait fort vide et calme. "Son parc était là, mais vide. Son biberon, pas terminé, était posé sur la table. Je ne savais pas quoi faire. Cette disparition fut énorme." Le papa de Corneel a raconté comment lui et sa femme avaient dû adapter leur vie après la naissance du fils. "Avant, nous partions souvent de la maison à l'improviste, mais avec Corneel ce n'était plus possible. Son arrivée nous a demandé quelques adaptations que nous avons d'ailleurs fait avec plaisir. Après le drame, nous nous sommes retrouvés à nouveau à deux, ce que nous ne voulions pas. Nous voulions être trois."

Les parents ont également déclaré, répondant à une question de leur avocat sur la manière dont ils tentaient d'aller de l'avant dans leur vie, "Corneel vit dans notre coeur et nous a encore rapproché". La papa a également donné une série de traits de caractère du petit garçon. "C'était un spécialiste des petits blocs à monter. Lorsqu'on le réveillait, il vous regardait et riait immédiatement (...) Il venait d'apprendre à taper dans ses mains plus ou moins au rythme de la musique. Je pense qu'il avait un grand avenir devant lui."

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