Procès De Gelder: toute la famille décrit le basculement de la personnalité de l'accusé

L'état de santé mentale de Kim De Gelder faisait l'objet de nombreuses conversations au sein de la famille.

Procès De Gelder: toute la famille décrit le basculement de la personnalité de l'accusé
©BELGA
Belga

Tous les membres de la famille de Kim De Gelder ont décrit mercredi le changement dans son caractère et son comportement, vers l'âge de 14-15 ans, passant d'un enfant enjoué, bon élève et toujours prêt à jouer avec son frère à un adolescent renfermé aux comportements bizarres et que la famille n'a eu de cesse de faire interner, sans succès. Les frère et soeur de l'accusé ont énuméré pour la cour d'assises de Flandre orientale les comportements loufoques de Kim De Gelder: des cris soudains dans la pénombre au dos tourné à la table familiale.

La jeune soeur a déclaré avoir vu son frère "tomber malade". "Mon frère est malade" est d'ailleurs sa seule réaction le jour où le travailleur de l'aide aux victimes est venu annoncer que Kim De Gelder avait perpétré une tuerie à la crèche Fabeltjesland à Termonde.

L'état de santé mentale de Kim De Gelder faisait l'objet de nombreuses conversations au sein de la famille. Son oncle, cardiologue, a affirmé mercredi avoir "plaidé toutes les semaines pendant deux ans pour l'internement" de son neveu. Leurs rencontres s'étaient raréfiées depuis 2005, quelques années après que l'oncle et sa femme eurent lu une histoire écrite par Kim De Gelder et le mettant en scène en train de tuer plusieurs personnes.

L'autre oncle maternel de Kim De Gelder, un comptable indépendant, a confirmé que son neveu avait changé et était devenu plus apathique, mais il a assuré qu'il arrivait toujours à avoir des conversations avec lui.

La famille proche (parents, frère et soeur) de l'accusé avaient tenté de garder le contact après son déménagement, mais Kim De Gelder s'était encouru la seule fois où il les avait croisés à un centre commercial. "Quand Kim est parti, il m'a serré la main et m'a dit 'adieu à jamais'", a témoigné son frère.

Celui-ci a dit pâtir de sa parenté avec l'accusé. "Le 23 janvier 2009, je venais de décrocher un emploi. Quand je leur ai dit quelques jours plus tard que Kim De Gelder était mon frère, ils m'ont licencié." Le jeune homme éprouve des difficultés à trouver un emploi stable, de même qu'un logement. Sa soeur aussi a vu ses études influencées par le parcours criminel de Kim De Gelder.

En matinée, les parents avaient évoqué leurs tentatives pour faire interner leur fils, ce qui leur avait été refusé. Ils ont estimé qu'il s'agissait d'une "occasion manquée" et que leur fils devait être tenu à l'écart de la société.

Les grands-parents de Kim De Gelder ont présenté un certificat médical les dispensant de venir témoigner en personne devant la cour d'assises. Les juges ont lu leurs dépositions.

Sur le même sujet