Le meilleur ami de Kim de Gelder livre un témoignage "à trous"

Le jeune homme, très marqué, a livré jeudi matin un témoignage émaillé de "je ne sais plus" et autre "je ne m'en souviens plus..." devant la cour d'assises de Flandre orientale.

Le meilleur ami de Kim de Gelder livre un témoignage "à trous"
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BELGA

Le meilleur ami de Kim De Gelder a livré jeudi matin un témoignage émaillé de "je ne sais plus" et autre "je ne m'en souviens plus..." devant la cour d'assises de Flandre orientale. Le jeune homme, très marqué, s'est lié d'amitié avec Kim De Gelder en troisième secondaire.

Le duo faisait partie d'un petit groupe qui passait les récréations à jouer aux cartes. Les deux adolescents sont restés amis jusqu'à quelques semaines avant la tuerie perpétrée par Kim De Gelder à la crèche Fabeltjesland à Termonde. Kim De Gelder a coupé tout contact avec son meilleur ami comme il l'a fait avec sa famille.

Le meilleur ami a régulièrement répondu qu'il "ne se souvenait plus" ou qu'il "ne savait plus" aux questions du président Koen Defoort, qui a donc complété son témoignage par des passages de ses déclarations à la police.

Le jeune homme a décrit Kim De Gelder comme un adolescent sociable, allant facilement vers les autres, un bon ami à qui il pouvait confier ses problèmes. "Je l'admirais." Il n'a jamais su que l'accusé avait vu des psychiatres, que ses parents avaient voulu l'interner, ni même que Kim De Gelder avait déménagé pour habiter seul.

Il a expliqué que Kim et lui se retrouvaient pour aller voir des films d'action ou des comédies au cinéma ou pour jouer à des jeux vidéos dans la chambre de Kim De Gelder. "La seule fois que je l'ai vu agressif, c'était envers son frère, quand il l'a mis à la porte de sa chambre." Le jeune homme n'a pas remarqué de problèmes particuliers entre Kim et sa mère, "une femme amicale, polie et agréable". Le seul changement que le meilleur ami ait remarqué chez Kim De Gelder, c'est la longueur de ses cheveux. "Après les vacances (entre la 3e et la 4e année, ndlr), ses cheveux avaient changé. Pour le reste, je ne me souviens pas."

Leur dernière rencontre remonte à la fête que le meilleur ami avait organisée pour son anniversaire, fin novembre 2008. "Kim était exagérément heureux, il parlait à tout le monde, il mangeait beaucoup. Et puis il est reparti à vélo vers chez ses parents."

Quand ses parents lui ont annoncé ce que Kim De Gelder avait fait à la crèche Fabeltjesland, "je n'ai pas pu le croire. J'ai immédiatement téléphoné à la police pour leur dire que j'étais son meilleur ami".

Le jeune homme prend aujourd'hui encore des antidépresseurs et des médicaments pour l'hypertension. Invité par le président à ajouter quelque chose, il a fondu en larmes en demandant aux médias de le laisser tranquille. Le président et Jef Vermassen, avocat de certaines parties civiles, ont conclu son témoignage en lui souhaitant beaucoup de courage. "Vous en avez besoin, n'est-ce pas?", lui a demandé l'avocat. "Oui, un peu", a-t-il reniflé.

Ses professeurs témoignent

Kim De Gelder se montrait indifférent aux remarques qu'il recevait de ses maîtres de stage, tant durant ses études secondaires en pharmacie que durant son année de sciences infirmières, ont témoigné plusieurs professeurs et maîtres de stage jeudi devant la cour d'assises de Flandre orientale.

Tous se sont dit "extrêmement surpris" quand ils ont appris la tuerie commise par Kim De Gelder à la crèche Fabeltjesland de Termonde. "Quand on lui demandait de faire quelque chose, il le faisait. Ce n'était pas un premier de classe, mais il s'acquittait de ses tâches", a commenté le pharmacien qui l'avait accueilli en stage. "Par contre, ses notes étaient désordonnées et il avait une mauvaise écriture. On avait beau lui faire des remarques, il ne s'améliorait pas."

Le jeune stagiaire était une "personne fermée" qui ne montrait aucune émotion et n'éprouvait pas le besoin de partager les histoires que les patients racontaient au comptoir, comme le font en général les collaborateurs d'une pharmacie, a relevé le pharmacien. Kim De Gelder partait toujours manger son sandwich seul à l'extérieur.

Le pharmacien a été "très choqué et (ses) collaborateurs aussi" en apprenant les faits à la télé. "Je ne m'attendais pas à ça parce qu'il n'était pas très réactif à la pharmacie."

L'infirmière qui supervisait son stage en hôpital a demandé à Kim De Gelder s'il ne changerait pas d'études. "Il ne montrait pas d'empathie envers les patients."

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