Kim De Gelder, irresponsable de ses actes?

Kim De Gelder souffre d'un problème au cerveau qui affecte ses perceptions sensorielles au niveau de la vue et de l'ouïe. Cette affection le rend irresponsable de ses actes, ont affirmé vendredi après-midi deux contre-experts.

Kim De Gelder, irresponsable de ses actes?
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Kim De Gelder souffre d'un problème au cerveau qui affecte ses perceptions sensorielles au niveau de la vue et de l'ouïe. Cette affection le rend irresponsable de ses actes, ont affirmé vendredi après-midi deux contre-experts mandatés par la défense devant la cour d'assises de Flandre orientale. "Il s'agit d'un trouble biochimique au cerveau. Quel que soit le nom qu'on lui donne, c'est purement biochimique", a déclaré le docteur Karel Ringoet, photos de coupe longitudinale de cerveaux à l'appui.

"Nous avons essayé d'examiner Kim De Gelder en faisant abstraction des faits qui lui sont reprochés, pour être le plus objectif possible", ont souligné les psychiatres. Les deux experts ont étudié la littérature sur des faits criminels similaires. "Dans 95% des cas, ces faits sont commis par des personnes malades", a commenté le docteur Ringoet. "Il a commis des faits incompréhensibles. On ne peut y accoler aucune motivation rationnelle, de la part d'une personne avec une capacité de pensée plus ou moins normale. La seule motivation, c'est la maladie", a renchéri le docteur Geert Bruecker.

Selon eux, Kim De Gelder est incapable de faire la distinction entre le bien et le mal. "Il y a deux semaines, il nous a encore dit qu'il ne comprenait pas en quoi assassiner quelqu'un serait mal." Au président Koen Defoort qui les interrogeait sur les voix que Kim De Gelder a prétendu entendre avant de dire qu'il mentait, les deux spécialistes ont dit qu'ils croyaient que l'accusé en avait entendu. "Il a dit qu'il entendait la grosse voix de l'avocat Vermassen - désolé, Maître Vermassen! -, celle de Guy Verhofstadt ou celle d'un condamné à mort canadien. Vous croyez que c'est de la manipulation? Il sait que nous sommes peut-être sa dernière planche de salut pour qu'il soit reconnu malade", a répondu Karel Ringoet.

Durant l'intervention des deux psychiatres, Kim De Gelder s'est régulièrement balancé d'avant en arrière.

Passe d'armes entre l'avocat général et l'avocat de la défense

Jaak Haentjens, l'avocat de Kim De Gelder, et l'avocat général Yves Van Den Berge se sont vivement opposés vendredi en fin d'après-midi, à propos des rapports psychiatriques dont certains extraits ont fait l'objet de fuites dans la presse. Tout est parti d'une question de l'avocat général à l'un des psychiatres mandatés par la défense pour établir une contre-expertise.

"Docteur Ringoet, avez-vous accordé une interview à la presse où vous parliez du dossier? ", a demandé l'avocat général au spécialiste. "Non, pas du tout, c'est juste un journaliste qui me connaît, qui connaît mes méthodes et les conditions que je pose pour m'occuper d'un cas et qui a construit son article comme ça", a répondu Karel Ringoet. Un des avocats des parties civiles a remis le sujet sur le tapis, soulignant que l'interview était tout de même assez précise. "Je n'ai accordé aucune interview", a martelé le témoin.

Jaak Haentjens, invité à prendre la parole, s'est indigné qu'on tente de jeter le discrédit sur son témoin. Il a insisté sur le fait qu'il n'avait pas sollicité des psychiatres afin d'obtenir à tout prix un diagnostic d'irresponsabilité pénale, mais bien pour pouvoir travailler en toute indépendance. Il a regretté que l'avocat général fasse grand cas de l'article sur Karel Ringoet "alors que le jour où le rapport psychiatrique a été déposé, un lundi en début d'après-midi, on pouvait déjà en lire de larges extraits dans la presse du matin".

L'avocat général s'est levé pour s'indigner et rappeler qu'en effet, l'avocat avait même déposé plainte contre les cinq membres du collège d'experts, ce qui leur a valu de s'expliquer en correctionnelle. "Mais c'est une violation du secret professionnel! ", s'est étranglé Jaak Haentjens. "Et le procureur général d'Anvers a meme plaidé pour que les peines pour cette infraction passent de 3 à 5 ans de prison." Les psychiatres ont été acquittés. C'est finalement le président Koen Defoort qui a mis fin à la passe d'armes.

Les psychiatres ont écarté l'hypothèse de la schizophrénie

Kim De Gelder n'est pas schizophrène, mais présente plutôt les caractéristiques de troubles de la personnalité comme la psychopathie ou le narcissisme. Ce sont les conclusions tirées par les experts-psychiatres après avoir étudié le cas de l'accusé.

"Kim De Gelder présente des traits de caractère compatibles avec un trouble de la personnalité schizotypique, dans les courts passages psychotiques qu'il a connus, son isolement social, les hallucinations, etc.", a expliqué le docteur Steemans. "Il présente aussi des traits antisociaux: il est arrogant, manipulateur, n'a pas d'empathie, fait preuve de sang-froid. Les caractéristiques antisociales renvoie à la psychopathie."

Kim De Gelder a aussi des traits narcissiques, a constaté le psychiatre. Il a expliqué pourquoi le collège d'experts avait finalement écarté l'hypothèse que Kim De Gelder soit schizophrène. "Les éléments permettant de le croire étaient en permanence apportés par ses parents et ses proches, et les médecins qui l'ont examiné ne l'ont pas corroboré. Il n'a jamais eu de médication spécifique, les hallucinations et les délires qu'il a connus n'ont jamais été très longs, il est manipulateur. On est plus dans un trouble de la personnalité que dans une maladie mentale."

L'accusé souffre d'une affection cérébrale qui explique les faits

Kim De Gelder souffre d'un problème au cerveau qui affecte ses perceptions sensorielles au niveau de la vue et de l'ouïe. Cette affection le rend irresponsable de ses actes, ont affirmé vendredi après-midi deux contre-experts mandatés par la défense devant la cour d'assises de Flandre orientale. "Il s'agit d'un trouble biochimique au cerveau. Quel que soit le nom qu'on lui donne, c'est purement biochimique", a déclaré le docteur Karel Ringoet, photos de coupe longitudinale de cerveaux à l'appui.

"Nous avons essayé d'examiner Kim De Gelder en faisant abstraction des faits qui lui sont reprochés, pour être le plus objectif possible", ont souligné les psychiatres. Les deux experts ont étudié la littérature sur des faits criminels similaires. "Dans 95% des cas, ces faits sont commis par des personnes malades", a commenté le docteur Ringoet.

"Il a commis des faits incompréhensibles. On ne peut y accoler aucune motivation rationnelle, de la part d'une personne avec une capacité de pensée plus ou moins normale. La seule motivation, c'est la maladie", a renchéri le docteur Geert Bruecker. Durant l'intervention des deux psychiatres, Kim De Gelder s'est régulièrement balancé d'avant en arrière.

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