De Gelder : psys contre psys

Entendus vendredi par la cour d’assises de Flandre orientale, qui juge Kim De Gelder, accusé notamment, d’assassinat et de tentative d’assassinat, les experts-psychiatres désignés par la justice ont conclu que De Gelder souffre certes d’un trouble mental mais qu’il n’était pas dans un état de déséquilibre mental au moment de la tuerie de la crèche "Fabeltjesland" à Termonde.

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De Gelder : psys contre psys
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Entendus vendredi par la cour d’assises de Flandre orientale, qui juge Kim De Gelder, accusé notamment, d’assassinat et de tentative d’assassinat, les experts-psychiatres désignés par la justice ont conclu que De Gelder souffre certes d’un trouble mental mais qu’il n’était pas dans un état de déséquilibre mental au moment de la tuerie de la crèche "Fabeltjesland" à Termonde.

Par ailleurs, il représente toujours un danger extrême pour la société en raison de son double profil de tueur en série et de tueur de masse.

Les vingt-six entretiens menés avec Kim De Gelder et ceux conduits avec ses parents mais aussi l’étude des dossiers médicaux ont conduit les experts à écarter l’hypothèse de la schizophrénie. L’accusé présente, selon eux, certains traits de cette maladie mais "les éléments allant dans le sens de la schizophrénie sont surtout rapportés par ses proches, et n’ont été corroborés par aucun des médecins qui l’ont examiné" .

L’accusé présente plutôt les caractéristiques d’un trouble de la personnalité schizotypique, avec quelques traits antisociaux et narcissiques. "Il est manipulateur, agit de sang-froid, est sarcastique et cynique" , ont relevé les psychiatres.

Ceux-ci ont aussi épinglé les nombreux mensonges débités par Kim De Gelder. Après avoir affirmé qu’il avait agi parce que des voix l’y avaient obligé, l’accusé est revenu sur ses déclarations, disant qu’il avait joué la comédie. Le Dr Steemans a souligné qu’il avait souvent eu l’impression "d’ un jeu du chat et de la souris" , avec l’inculpé.

La criminogenèse (l’étude de la formation du comportement criminel) a permis aux experts de déduire que Kim De Gelder avait choisi ses victimes totalement au hasard. "Chacun d’entre nous aurait pu faire partie des victimes" , a commenté le Dr Paul Cosyns.

Interrogés par l’avocat général sur l’adéquation du profil de Kim De Gelder à celui d’un psychopathe, les experts ont concédé qu’il en présentait certains traits (manque d’empathie, manipulation, sang-froid) mais que pour eux, le trouble schizotypique était plus prégnant.

Ils ont conclu que Kim De Gelder souffre d’un trouble mental, mais qu’il savait très bien au moment des faits ce qu’il était en train de commettre, et qu’il avait fait ce qu’il souhaitait.

Ils sont restés sur leurs positions pendant l’heure passée par Me Jaak Haentjens, le conseil de Kim De Gelder, à les interroger dans l’espoir de démolir leur diagnostic.

Le reste de l’après-midi a été consacré à l’audition des experts-psychiatres produits par la défense. Selon ceux-ci, Kim De Gelder souffre d’un problème au cerveau qui affecte ses perceptions sensorielles au niveau de la vue et de l’ouïe. Cette affection le rendrait irresponsable de ses actes.

"Il s’agit d’un trouble biochimique" , a déclaré le Dr Ringoet, photos de coupe longitudinale de cerveaux à l’appui. Les deux experts ont étudié la littérature sur des faits criminels similaires. " Dans 95 % des cas, ces faits sont commis par des personnes malades", a commenté le Dr Ringoet.

"Il a commis des faits incompréhensibles. On ne peut y accoler aucune motivation rationnelle, de la part d’une personne avec une capacité de pensée plus ou moins normale. La seule motivation, c’est la maladie ", a renchéri le Dr Brucker.

Selon les experts, De Gelder est incapable de faire la distinction entre le bien et le mal. "Il y a deux semaines, il nous a encore dit qu’il ne comprenait pas en quoi assassiner quelqu’un serait mal." Les psys ont ajouté qu’ils croyaient que l’accusé avait entendu des voix, tout en reconnaissant que De Gelder savait qu’ils étaient sans doute sa dernière planche de salut. (D’après Belga)