Kim De Gelder serait un dangereux schizophrène

Kim De Gelder, qui doit répondre de 4 assassinats et de 25 tentatives devant la cour d’assises de Gand, souffre de schizophrénie paranoïde et était dément au moment des faits et toujours maintenant, ont affirmé lundi les deux psychologues mandatés par sa défense. Selon eux, l’accusé représente toujours un danger pour lui-même et la société.

Haute tension

Kim De Gelder, qui doit répondre de 4 assassinats et de 25 tentatives devant la cour d’assises de Gand, souffre de schizophrénie paranoïde et était dément au moment des faits et toujours maintenant, ont affirmé lundi les deux psychologues mandatés par sa défense. Selon eux, l’accusé représente toujours un danger pour lui-même et la société.

Durant plusieurs heures, Geert Hoornaert et Nathalie Laceur ont répondu point par point au rapport des experts-psychiatres désignés par la justice, s’étonnant que ce collège de cinq personnes ait rejeté toutes les explications menant au diagnostic de schizophrénie et n’ait retenu que le mobile de colère et vengeance pour expliquer le comportement de Kim De Gelder.

"Incompréhensible"

Les deux psychologues ont ainsi jugé "incompréhensible" que le collège d’experts-psychiatres n’aient pas relié les déclarations de Kim De Gelder à la schizophrénie. "Ils sont à chaque fois partis du principe qu’il mentait et simulait, notamment quand il disait entendre des voix" , ont-ils pointé. Pour Nathalie Laceur et Geert Hoornaert, tout chez Kim De Gelder s’unit pour poser un diagnostic de schizophrénie paranoïde.

Ils ont énuméré les symptômes qui leur permettent d’en arriver à cette conclusion : délires, hallucinations auditives, voix, comportements catatoniques et apathiques, discours incohérents. "Nous partageons les définitions reprises par le collège d’experts, mais il est pour nous incompréhensible qu’ils n’aient pas relié les déclarations de Kim De Gelder à la schizophrénie" , a commenté Nathalie Laceur. Les deux psychologues ont relevé le triptyque "se tuer - être tué - tuer", pensée typique de la schizophrénie. "Il voulait se tuer pour protéger son entourage. A ce moment-là, les voix étaient très présentes. C’était une alternative au fait de s’en prendre à l’autre" , ont-ils expliqué.

Pour eux, tout, des hallucinations auditives aux voix que l’accusé dit avoir entendues, pointe pourtant vers la schizophrénie paranoïde. Ils ont réfuté l’idée que Kim De Gelder ait préparé minutieusement ses actes.

"Les faits montrent un certain amateurisme. Il a laissé beaucoup de place à l’improvisation , a relevé M me Laceur. "On remarque qu’il consacre beaucoup plus de temps à préparer sa fausse identité qu’à tuer. Il fait parfois preuve d’une naïveté confondante, quand il pense par exemple à choisir des lieux à plus de quinze kilomètres de chez lui. Croyait-il vraiment que des faits aussi terribles n’occasionneraient pas plus d’activité policière qu’un simple délit ?"

Nouveau retard

L’audition des deux psychologues s’étant prolongée toute la matinée, le procès a de nouveau pris du retard : les plaidoiries des parties civiles n’ont démarré qu’à 15h30 (lire ci-contre).

La fin du témoignage des psychologues a vraiment été tendue. Le public réagissait tellement à certaines interventions d’avocats que le président a menacé de faire évacuer la salle.

Une question posée par Me Nina Van Eeckhaut, un des conseils des parties civiles, a suscité de vives réactions, certains applaudissant l’avocate qui dénonçait "le fanatisme" avec lequel un des psychologues défendait la thèse de la défense, alors que la mère de Kim De Gelder protestait haut et fort.

A tel point que le président de la cour d’assises de Flandre orientale, Koen Defoort, a menacé de faire évacuer la salle. "Ce n’est pas un café, ici, c’est une salle d’audience !" (D’après Belga)