"Kim De Gelder savait ce qu’il faisait"

Au procès de Kim De Gelder, accusé, devant la cour d’assises de Flandre orientale, d’assassinat et de tentative d’assassinat, les avocats des nombreuses parties civiles se sont succédé mardi pour plaider, à l’unanimité, la responsabilité de l’accusé dans la mort d’Elza Van Raemdonck et dans la tuerie de la crèche le "Monde des fables", à Termonde (une puéricultrice et deux bébés tués).

unanimité

Au procès de Kim De Gelder, accusé, devant la cour d’assises de Flandre orientale, d’assassinat et de tentative d’assassinat, les avocats des nombreuses parties civiles se sont succédé mardi pour plaider, à l’unanimité, la responsabilité de l’accusé dans la mort d’Elza Van Raemdonck et dans la tuerie de la crèche le "Monde des fables", à Termonde (une puéricultrice et deux bébés tués).

Tous ont, chacun à sa façon, tenté de convaincre les jurés que De Gelder savait pertinemment bien ce qu’il faisait quand il a frappé ses victimes. "Avant les faits, il a toujours suivi les règles, toutes les règles. Quand on se lance dans de tels préparatifs afin d’échapper à la police, c’est qu’on sait qu’on fait quelque chose de mal", a commenté Me Michael Verstraeten, avocat des proches de bébés blessés à la crèche.

Pas question donc de contrainte irrésistible ou d’état de déséquilibre grave qui justifierait un internement.

Tous ses collègues ont dit, à peu près, la même chose. Me Patrick Dillen, l’avocat du bébé le plus grièvement blessé, a lui aussi souligné que Kim De Gelder avait eu l’occasion de s’arrêter mais qu’il ne l’a pas fait.

Avant lui, Me Filip Van Hende, avocat des proches de Marita Blindeman, la puéricultrice poignardée à mort, et de Rita Van Geyte, grièvement blessée, avait estimé que De Gelder n’est pas un dément et que son trouble ne lui a pas enlevé toute faculté de penser. "Il est en état de fonctionner", a-t-il scandé.

Il a pointé la préparation extrême des faits, le self-control dont a fait preuve l’accusé, sa méchanceté, ses mensonges incessants et enfin, les rapports psychiatriques, rejetant les conclusions des experts mandatés par la défense. Il a affirmé que Kim De Gelder avait "tué pour tuer", relevant au passage les contradictions entre l’avocat de De Gelder, qui plaide l’internement, et l’attitude de l’accusé qui veut être reconnu coupable dans l’espoir d’obtenir un jour sa libération conditionnelle.

Me Ann Van De Steen, avocate de quatre puéricultrices survivantes, a décerné à l’accusé l’Oscar du meilleur manipulateur, pour ses tentatives d’orienter l’enquête puis le procès.

"Mister Nobody"

Elle a dénoncé ses nombreux mensonges et conclu qu’il avait été guidé par un sentiment de pouvoir et de domination. "Les tueurs multiples sont plus mauvais que fous", a-t-elle commenté. "Profitez bien de l’attention qu’on vous accorde car vous êtes un ‘Mister Nobody’. J’espère qu’après vendredi, plus personne ne prononcera votre nom. Ce serait la pire des punitions pour vous", a-t-elle poursuivi. "Mes clientes sortiront de ce procès plus fortes que vous. Elles vous battent sur le terrain de l’humanité", a-t-elle conclu. Pour Me Raphaël Van Roeyen, qui représente des membres de la famille d’Elza Van Raemdonck, Kim De Gelder avait le choix de ne pas assassiner celle-ci et de ne pas se livrer à une tuerie à la crèche.

Bref, comme il fallait s’en douter, les parties civiles ont, à l’unisson, mis le jury en demeure de déclarer l’accusé coupable.

J.-C. M. (avec Belga)