Noël et Pâques éjectés du calendrier scolaire

Pour l’heure, les dates des congés et vacances scolaires sont calculées et fixées avec deux ans d’avance pour deux années successives. Le MR dénonce le projet de décret qui "sort le religieux par la porte pour le réintroduire par la fenêtre!" Donnez votre avis!

St. Bo.
Noël et Pâques éjectés du calendrier scolaire
©Photo News

Le gouvernement de la Communauté française vient d’adopter un décret-cadre déterminant les vacances et jours de congé dans l’enseignement obligatoire, l’enseignement de promotion sociale et l’enseignement secondaire artistique à horaire réduit.

Pour l’heure, les dates des congés et vacances scolaires sont calculées et fixées avec deux ans d’avance pour deux années successives. Désormais, les périodes, congés et vacances scolaires pourront être fixés sans limite dans le temps. Une disposition qui permet une simplification administrative, mais qui vise aussi et surtout à alterner au mieux semaines de cours et semaines de repos.

Par ailleurs, le nombre de jours de classe annuel est définitivement fixé à 182 jours. "Pour parvenir au nombre de jours de classe annuel maximum, toutes les situations dans lesquelles le total de jours de classe excéderait ce chiffre ont été prévues", prévient-on au cabinet de la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet (CDH).

Ne dites plus "vacances de Carnaval"

Autre "nouveauté", les appellations des différents congés scolaires - modifiées dans les années 2000 déjà ! - sont, cette fois, utilisées dans un décret. On peut ainsi lire "congé d’automne" pour le congé de la Toussaint, "vacances d’hiver" pour vacances de Noël, "congé de détente" pour le congé de Carnaval et "vacances d’été" pour les grandes vacances.

En pratique, le décret-cadre fixe les congés comme suit :

1 Congé d’automne. Il débute le lundi de la semaine dans laquelle tombe le 1er novembre et dure une semaine. Lorsque le 1er novembre coïncide avec un dimanche, le congé d’automne commence alors le lundi 2 novembre.

2 Vacances d’hiver. Elles démarrent le lundi de la semaine dans laquelle tombe le 25 décembre et durent deux semaines. Toutefois, lorsque le jour de Noël coïncide avec un samedi ou un dimanche, les vacances d’hiver débutent le lundi qui suit.

3 Congé de détente. Le congé de détente - ou mieux connu sous le nom "congé de Carnaval" - débute le septième lundi avant le jour de Pâques et dure une semaine.

4 Vacances de printemps. Elles sont fixées selon trois cas de figure : 1° lorsque le jour de Pâques tombe entre le 1er et le 15 avril, les vacances de printemps débutent le premier lundi d’avril; 2° lorsque le jour de Pâques a lieu pendant le mois de mars, les élèves pourront partir en congé dès le lundi après le jour de Pâques; 3° lorsque le jour de Pâques tombe après le 15 avril, les vacances de printemps commencent le deuxième lundi avant le jour de Pâques.

5 Vacances d’été. Ici, rien de neuf : elles débutent le 1er juillet pour s’achever à la fin du mois d’août, le 31.

Par ailleurs, les cours sont suspendus, chaque année scolaire, les samedis et dimanches; le 27 septembre (Fête de la Communauté française); le 11 novembre (Commémoration de l’Armistice); le lundi de Pâques, si ce jour ne tombe pas pendant les vacances de printemps; le 1er mai (Fête du travail); le jeudi de l’Ascension; et le lundi de Pentecôte.


Réaction de la Ministre Marie-Dominique Simonet (cdH)

Suite aux nombreuses réactions de nos internautes, le cabinet de la ministre de l'Enseignement tient à préciser: "L’objet du projet de décret étant de fixer des principes relatifs aux congés et aux vacances scolaire, il est bien normal que ce projet de décret les nomme. Ces appellations ont été modifiées par arrêté en 2000 (à l’exception du congé de Toussaint) puis en 2005 (le congé de Toussaint devenant alors le congé d’automne). Il ne faut donc pas y voir une intention particulière de donner à ces appellations plus d’importance aujourd’hui qu’hier.(...) Les dates proposées pour les congés d’automne, les vacances d’hiver, les congés de détente et les vacances de printemps s’inspirent largement des usages pratiqués en Fédération Wallonie-Bruxelles et des règles applicables dans les autres communautés du pays.".

"Sortir le religieux par la porte pour le réintroduire par la fenêtre ! »

Le groupe MR se dit "assez surpris de l’énergie dépensée par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour déposer un projet de décret 'cosmétique' alors que les attentes de fond de l’école, comme des parents, ne sont toujours pas rencontrées." Françoise Bertieaux, Chef de Groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ajoute: "Débaptiser le calendrier des vacances scolaires n’avait aucun caractère urgent et n’apporte d’ailleurs aucun élément nouveau ou fondamental dans la gestion du rythme scolaire, mais le faire le jour même où le Parlement reçoit les parents pétitionnaires contre le décret Inscriptions - qui attendent depuis des années que le Gouvernement trouve une solution décente – manque quelque peu d’élégance, pour ne pas dire de respect!".

Françoise Bertieaux poursuit: "Si la Ministre cdH de l’Education, Marie-Dominique Simonet, semble ainsi vouloir faire sortir le religieux par la porte, elle laisse en réalité la possibilité de le réintroduire par la fenêtre. Car, sous couvert de se détacher de la religion et des traditions, ce texte ouvre la voie à de nouveaux jours de congés liés à d’autres religions. Et cette formule, le MR la regrette fermement."


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Afin d’encourager la mobilité sociale, le décret prévoit que chaque école doit réserver, pour autant que la demande existe, 20,4 % des places qu’elle a déclarées disponibles à des enfants issus d’écoles primaires à indice socio-économique faible (Isef) (1). Il prévoit en outre que les "élèves Isef" sont prioritaires dans l’établissement où ils déposent leur formulaire d’inscription, soit celui qui correspond à leur premier choix. De surcroît, pour départager les demandes surnuméraires dans les écoles complètes, le décret tient compte de critères de proximité, entre l’école secondaire et le domicile notamment. Qu’en est-il sur le terrain ? "On constate, dans certains cas, un basculement du public , rapporte cette source. Ainsi, une école complète, réputée, du centre-ville de Bruxelles a vu sa population Isef, en 1ère année, croître de 19 % à 70 % entre 2010 et 2012. Dans un autre établissement complet de Laeken, la part d’élèves Isef est passée de 30 % à 65 %." Pour notre interlocuteur, "nous ne sommes plus dans des situations où l’on joue la mixité sociale, mais bien dans des ghettos" . La prudence reste toutefois de mise : ces pourcentages ne concernent que les élèves de 1ère année et vont se diluer en regard de la population globale de l’école. Il pointe d’autres exemples : "Un établissement complet d’Etterbeek comptait 15 % d’élèves Isef en 2010 et 15 % en 2012. Idem dans une autre école complète à Ixelles : la part d’élèves Isef n’a que peu progressé, de 47 % à 50 %." L’effet inverse - les ghettos dorés - est tout aussi patent. "Dans une école complète de Woluwe-Saint-Pierre, il y avait moins de 1 % d’élèves Isef en 2010 et toujours moins de 1 % en 2012" , poursuit notre source. Une situation que l’on retrouve dans le Brabant wallon, où, soulignons-le, vivent peu de personnes précarisées. "Une école complète de Nivelles accueillait en 2010 10 % d’élèves Isef, mais plus que 3,8 % en 2012." Selon une étude de B. Delvaux (UCL), à Bruxelles, 60 % des enfants du fondamental sont scolarisés en dehors de leur quartier. "Certains parents de quartiers plus défavorisés choisissent d’inscrire leur enfant en primaire loin de chez eux, dans des écoles non Isef , explique Michel Parys, coprésident de la régionale bruxelloise de l’Ufapec. Mais, en secondaire, les enfants de ces classes moyennes immigrées intégrées sont les premières victimes : ils vivent dans des quartiers fragilisés, n’ont plus la priorité Isef et les indices de proximité leur sont défavorables pour poursuivre leur cursus dans certaines écoles du sud de Bruxelles. Ils sont donc vissés à leur quartier." Pour le président de La Ligue de l’enseignement, Roland Perceval, "il y a un problème d’orientation des élèves" . Il s’explique : "Certains parents veulent inscrire, légitimement, leur enfant dans ‘une bonne école’ et ils ont tous les critères pour eux. Mais il se peut que l’enfant ne soit pas fait pour y aller parce que la pédagogie ou l’encadrement ne lui convient peut-être pas. On a donc l’impression qu’on essaie de faire de la mixité sociale au forceps, contre la volonté des parents." Chez la ministre, on rétorque : "L’effet ‘concentration dans le quartier’ à cause du décret ne tient pas, précisément parce qu’il y a cette mobilité sociale possible grâce à la priorité Isef." Et d’insister : "Pour autant que la demande existe car les comportements naturels sont des comportements de proximité . Il est vrai qu’il y a des difficultés liées à un système scolaire trop dual et c’est pourquoi le décret donne un coup de pouce à la mixité, mais on reste dans un système de libre choix. On ne va pas forcer les parents à aller dans telle ou telle école."

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