Des enfants sans papiers se battent pour leurs droits

Le Kids Parlement, qui revendique les mêmes droits pour les enfants avec ou sans papiers, manifeste ce mercredi devant le Conseil d’Etat.

Des enfants sans papiers se battent pour leurs droits
©D.R.
An.H.

Kids Parlement

Les enfants sont-ils oubliés ou - pire - niés dans les procédures d’asile et de régularisation qui se concentrent sur le sort des parents ? C’est en tout cas ce que pensent les jeunes membres du Kids Parlement, un mouvement né en janvier pour faire reconnaître tous les droits de tous les enfants en Belgique. Le Kids Parlement rassemble une trentaine de gamins candidats réfugiés ou sans papiers, qui demandent que leur voix soit aussi entendue par les instances compétentes en matière d’asile. L’initiative, née dans l’ombre du bureau d’avocats Progress Lawyers Network, est soutenue par le Délégué général aux droits de l’enfant, Bernard De Vos, et son homologue flamand, Bruno Vanobbergen.

Interprètes de leurs parents

Dans le meilleur des cas, les enfants jouent les interprètes pour leurs parents, qui ne maîtrisent pas une de nos langues nationales. Mais l’Office des étrangers ne leur demande pas leur avis et ne s’inquiète pas de leur intérêt avant de mettre fin au séjour de la famille, dénoncent-ils.

Ce mercredi, à 10h30, les enfants du Kids Parlement se rassembleront devant le Conseil d’Etat, à Bruxelles, qui doit se prononcer sur les demandes d’asile concernant des enfants afghans : le retour au pays est-il compatible avec les droits de l’enfant ? Devant la haute juridiction administrative qui examine le dossier Jafari (quatre enfants), le conseil de la famille afghane invoquera - c’est une première - la Convention internationale des droits de l’enfant pour tenter d’obtenir, pour les parents, leurs trois fils et leur fille, le droit de rester en Belgique.

Ballons blancs

"Tous les enfants du Kids Parlement seront là" , promet Tooba, 14 ans, une jeune Pakistanaise établie sur le territoire belge depuis trois ans. Elle participe activement aux réunions du Parlement des jeunes étrangers sans titre valide de séjour. "On va lâcher des ballons blancs. Ceux qui n’ont pas de papiers doivent avoir les mêmes droits que les autres. On sera là pour soutenir Amir : sa famille a beaucoup de problèmes en Afghanistan. Ils n’ont pas de vie là-bas."

Amir Mohammad Elyass Jafari, c’est un garçon de 12 ans, né en Afghanistan et arrivé chez nous il y a quelques années, au bout d’un voyage de plus de cinq mois au cours duquel lui et sa famille ont vécu deux fois l’enfermement, en Turquie et en Grèce. L’asile leur a été refusé en Belgique. Amir, élève en 5e primaire à Geraardsbergen, est membre du Kids Parlement, comme son grand frère. La semaine dernière, du haut de ses 12 ans, il a adressé une lettre au commissaire flamand des droits de l’enfant. "Ma famille n’est pas venue en Belgique pour des vacances ou pour profiter de vous et de votre argent" , insiste-t-il en néerlandais, une langue qu’il a apprise à l’école. "On est venus ici parce que mes frères et sœur veulent un bon avenir." L’an prochain, l’élève appliqué pourra entrer en secondaire. "Je veux vraiment encore apprendre, pour pouvoir trouver un bon job." Ceci encore : "Ne nous renvoyez s’il vous plaît pas en Afghanistan, parce que cela voudra dire notre mort. Dans mon pays, il y a beaucoup la guerre Et d’autres problèmes."


https ://www.facebook.com/?ref=logo#!/pages/Kids-Parlement /142709439221482?fref=ts


Sur le même sujet