L’avocat de Kim De Gelder envisage la Cassation

L’avocat de Kim De Gelder envisage d’introduire un pourvoi en Cassation. Il remet en cause les expertises psychiatriques. Me Jaak Haentjens a toujours estimé que Kim De Gelder était incapable du contrôle de ses actes et qu’il devait dès lors être interné.

L’avocat de Kim De Gelder envisage la Cassation
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J. La.

Il est tellement difficile de scruter l’âme humaine. N’aurait-on pas dû mettre tous les moyens à disposition pour arriver à un résultat aussi objectif que possible ? C’est au départ de cette réflexion que l’avocat de Kim De Gelder, condamné vendredi à la perpétuité pour quatre assassinats, dont trois à la crèche de Termonde, envisage d’introduire un pourvoi en Cassation.

Me Jaak Haentjens a toujours estimé que Kim De Gelder était incapable du contrôle de ses actes et qu’il devait dès lors être interné. Le jury de la cour d’assises de Flandre orientale ne l’a pas suivi dans son raisonnement. Ce verdict de culpabilité se basait notamment sur l’avis des psychiatres entendus au procès et qui ont examiné Kim De Gelder. On le sait : en Belgique, cet examen peut être relativement sommaire. Le professeur Cosyns, un des psychiatres qui a posé un diagnostic sur Kim De Gelder, l’a répété dimanche lors d’un débat à la VRT. Il s’est demandé si la prison était vraiment le lieu le plus approprié pour réaliser un tel examen.

Chez nos voisins néerlandais, un collège d’experts procède à un examen sur une longue période, en voyant à de nombreuses reprises la personne sur qui il doit se prononcer. Cet examen approfondi est obligatoire sur les auteurs des crimes les plus graves. Et les conclusions de ces experts peuvent être moins tranchées. Ils se basent sur une gradation à quatre niveaux de responsabilité alors qu’en Belgique la question est de dire si la personne est (et était) dans un état le rendant capable du contrôle de ses actes. Me Haentjens avait comparé les systèmes belges et néerlandais en plaidoirie.

Le président de la cour d’assises l’avait relevé lors de la lecture de l’arrêt : on pourrait faire de nombreux progrès en psychiatrie judiciaire en Belgique. "Je me demande dès lors si Kim De Gelder a bien eu un procès équitable", s’interroge Me Haentjens. Il compte donc, si Kim De Gelder et ses parents sont d’accord, aller en Cassation. Mais ce n’est pour lui qu’une étape. L’objectif est d’aller devant la Cour européenne des droits de l’homme qui pourrait être plus réceptive à cet argument. Mais il faut impérativement passer par la case Cassation avant d’aller à Strasbourg.

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