La famille d'un jeune Belge parti en Syrie soutient le Vlaams Belang

La famille de Brian De Mulder, un jeune Flamand converti au salafisme et parti combattre en Syrie, a annoncé avoir déposé une plainte contre X. Elle a donné une conférence de presse aux côtés du leader islamophobe du Vlaams Belang.

La famille d'un jeune Belge parti en Syrie soutient le Vlaams Belang
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Belga

La famille de Brian De Mulder, un jeune Flamand de 19 ans converti au salafisme et parti combattre en Syrie, a annoncé mercredi avoir déposé une plainte contre X. Ses mère, tante et soeur ont donné une conférence de presse aux côtés de Filip De Winter, le leader islamophobe du Vlaams Belang.

La famille espère faire condamner les personnes responsables de l'endoctrinement du jeune homme, qui n'a plus donné signe de vie depuis des mois, a expliqué sa tante, Ingrid De Mulder. La plainte se fonde d'une part sur la loi interdisant les milices privées et de l'autre sur un traité international relatif aux mercenaires.

La démarche est aussi politique. La famille assure vouloir éviter à d'autres de connaître cette situation. "Nous n'étions pas contre la conversion de Brian à l'islam, mais il s'agissait en fait d'un foyer de radicalisme. Le danger est plus grand que le public le croit", a affirmé Ingrid de Mulder.

La famille souscrit aux mesures proposés par Filip De Winter pour lutter contre l'endoctrinement, comme la fermeture de mosquées où sont véhiculées des idées extrémistes, l'expulsion des leaders radicaux et l'accompagnement des jeunes.

Jusqu'à "600 Européens" ont rejoint la rebellion en Syrie, selon une étude

Jusqu'à "600 Européens" ont rejoint la rébellion syrienne pour combattre les forces gouvernementales, révèle mercredi une étude réalisée par le Centre international des études de la radicalisation (ICSR) du King's College de Londres.

"Entre 140 et 600 Européens se sont rendus en Syrie depuis le début de l'année 2011, ce qui représente entre 7 et 11% de l'ensemble des combattants étrangers", peut-on lire dans cette étude.

Ces chiffres sont fondés sur "450 sources, issues des médias arabes et occidentaux, ainsi que sur des avis de décès en martyr diffusés sur les forums internet djihadistes".

L'estimation basse correspond à des cas individuels confirmés tandis que l'estimation haute inclut des chiffres fournis par des sources gouvernementales et médiatiques.

L'étude évalue le nombre des combattants étrangers à 2.000 à 5.500. Les combattants européens sont originaires de 14 pays parmi lesquels la France (entre 30 et 92 combattants selon les estimations), l'Allemagne (de trois à 40), le Royaume-Uni (de 28 à 132), l'Irlande (26), la Belgique (de 14 à 85), le Danemark (de trois à 78) et les Pays-Bas (de cinq à 107 combattants).

L'Espagne, la Suède, le Kosovo, la Finlande, la Bulgarie, l'Autriche et l'Albanie sont également cités, mais comptent moins de dix combattants chacun. Selon cette étude, "entre 70 et 441 Européens sont toujours actuellement en Syrie", ce qui "suggère que la plupart des Européens qui se sont rendus en Syrie, sont toujours en train de combattre", précise l'ICSR.

L'étude souligne en outre que tous les étrangers qui combattent en Syrie ne sont pas des islamistes et que les raisons les plus citées pour expliquer cet engagement sont "les images horribles du conflit", les "histoires racontant les atrocités commises par les forces gouvernementales" et "l'impression d'une absence de soutien des pays arabes et occidentaux".

"Tous les mouvements rebelles en Syrie ne sont pas djihadistes et tous les groupes djihadistes ne sont pas liés à Al-Qaïda", précise Aaron Y. Zelin, le chercheur auteur de l'étude.

"Tous ceux qui ont rejoint les rebelles syriens ne sont pas liés à Al-Qaïda et seul un petit nombre d'entre eux sont susceptibles de participer à des actes terroristes après leur retour en Europe", ajoute-t-il.

"Ceci dit, il serait erroné de conclure que les individus qui ont été formés et ont combattu en Syrie ne constituent pas une menace potentielle", estime cet expert.

Le mois dernier, les Pays-Bas ont remonté à "substantiel" le niveau du risque d'une attaque terroriste, affirmant que la menace accrue provenait principalement du retour de djihadistes ayant combattu en Syrie.

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