La Belgique, mauvais élève de la coopération au développement

Le verdict est tombé mercredi, sans appel, asséné par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’aide publique au développement délivrée par ses pays membres a reculé de 4 % en 2012, après avoir chuté de 2 % en 2011. Triste première : jamais on n’avait connu deux années consécutives de régression. La cause de ce recul n’est pas à chercher bien loin : "Dans plusieurs pays , dit l’OCDE, la poursuite de la crise financière et des turbulences de la zone euro a conduit les pouvoirs publics à donner un tour de vis budgétaire, décision qui a eu un impact direct sur l’aide versée aux pays pauvres."

L. G.

Tour de vis

L

e verdict est tombé mercredi, sans appel, asséné par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’aide publique au développement délivrée par ses pays membres a reculé de 4 % en 2012, après avoir chuté de 2 % en 2011. Triste première : jamais on n’avait connu deux années consécutives de régression. La cause de ce recul n’est pas à chercher bien loin : "Dans plusieurs pays , dit l’OCDE, la poursuite de la crise financière et des turbulences de la zone euro a conduit les pouvoirs publics à donner un tour de vis budgétaire, décision qui a eu un impact direct sur l’aide versée aux pays pauvres."

Parmi ces pays, la Belgique. Son aide au développement était de 2,807 milliards de dollars en 2011. Un an plus tard, elle est de 2,303 milliards (2,442 en chiffres courants). Soit un recul de 13 %. Seuls quatre pays font pire : Portugal (-13,1), Grèce (-17), Italie (-34,7) et Espagne (-49,7). Quatre pays frappés de plein fouet par la crise, à des degrés bien plus élevés que le nôtre.

En pourcentage du revenu national brut (RNB), les chiffres ne sont pas non plus élogieux pour notre pays. Si la contribution belge reste supérieure à la moyenne globale de l’OCDE (0,29 %) ou des 15 pays de l’UE membres de l’OCDE (0,42 %), elle a fortement diminué. Alors que la Belgique consacrait 0,64 % du RNB à l’aide au développement en 2010, ce pourcentage est tombé à 0,54 % en 2011 et 0,47 % en 2012. Qu’il semble loin - c’était en 2002 - le temps où le gouvernement se targuait d’avoir coulé dans la loi belge l’obligation de consacrer 0,7 % du RNB à l’aide au développement, dès 2010. C’en était fini des vagues promesses. La Belgique s’engageait

On sait ce qu’il en est advenu. Après un rapprochement de l’objectif en 2010, les années 2011 et, surtout, 2012 ont vu reculer l’aide belge. Et 2013 ne vaudra pas mieux, puisque l’accord de gouvernement prévoit le gel des crédits jusqu’en 2014, et que le récent ajustement budgétaire a encore sucré 25 millions au passage. On devrait donc atteindre péniblement 0,50 % du RNB en 2013.

L’accord Papillon soulignait cependant que le gouvernement ne renonçait pas au 0,7 %. Le CNCD-11.11.11, coordination de 90 ONG et associations, n’a pas manqué, hier, de le lui rappeler : "La Belgique s’éloigne de l’objectif de 0,7 % fixé par la loi belge et reporté à 2015 dans le cadre des engagements européens." Et Arnaud Zacharie, son secrétaire général, de demander à Di Rupo Ier de suivre l’exemple des pays qui refusent de diminuer leur aide : "L’aide ne peut pas être efficace si elle ne s’inscrit pas dans le cadre de stratégies de développement à long terme, ce qui implique d’en garantir la prévisibilité et de ne pas en faire une variable d’ajustement des objectifs à court terme de consolidation budgétaire".

La crise perdurant, cet appel sera-t-il entendu ?