Un voyageur sur 4 ne se sent pas en sécurité

Les voyageurs qui recourent aux services de la SNCB se sentent de moins en moins en sécurité. C’est ce qu’il ressort de statistiques internes de la structure qui chapeaute l’entreprise publique (la SNCB Holding). Ces chiffres ont été révélés hier matin par "La Libre" sur son site web.

Frédéric Chardon

Enquête

L

es voyageurs qui recourent aux services de la SNCB se sentent de moins en moins en sécurité. C’est ce qu’il ressort de statistiques internes de la structure qui chapeaute l’entreprise publique (la SNCB Holding). Ces chiffres ont été révélés hier matin par "La Libre" sur son site web.

En effet, en 2012, les usagers du rail belge se sentaient en sécurité dans 75,7 % des cas en moyenne. Plus précisément, c’est dans les trains que les voyageurs se sentent le plus en sécurité (79,9 %), par opposition aux gares et aux abords des gares. Ces chiffres peuvent sembler, tout compte fait, relativement bons. Mais ils sont pourtant en régression : en 2011, 79,7 % voyageurs se sentaient en sécurité en moyenne. Le sentiment de sécurité a donc diminué de 2011 à 2012.

Ces résultats sont le fruit d’une enquête menée par l’agence Ipsos tous les trimestres pour le compte du groupe SNCB. Cette enquête est menée sur les parkings des gares, dans les gares elles-mêmes et dans les trains. Attention, ces interviews ne concernent pas le risque d’accident de trains par exemple, mais bien les risques d’agressions sur les personnes.

4 piliers pour la sécurité

Au sein de l’entreprise ferroviaire, on ne s’explique pas vraiment la détérioration de la vision des passagers concernant leur propre sécurité. Il est vrai que, par définition, ces données sont fort subjectives. Par exemple, la croissance importante du nombre d’usagers du rail ces dernières années a pu contribuer à faire augmenter l’impression d’être en insécurité. Autre facteur psychologique qui peut jouer : les retards des trains et le stress et l’impression de dysfonctionnements qu’ils procurent auraient également un impact sur la perception de la sécurité par les voyageurs.

Par ailleurs, les autorités du groupe ferroviaire ont mis en place de nombreuses initiatives pour améliorer la sécurité réelle et le sentiment de sécurité. "La politique de sécurité que nous menons repose sur quatre grands piliers, explique Louis Maraite, porte-parole de la SNCB Holding. Il y a d’abord la présence de près de 550 agents opérationnels de Sécurail, ceux que l’on voit en tenue rouge. Cette couleur fait d’ailleurs partie de la politique de renforcement du sentiment de sécurité : leur présence est perçue de manière plus claire par les voyageurs que lorsqu’ils étaient en noir !"

300 caméras pour la gare du Midi

Deuxième "pilier" : l’installation de caméras de surveillance. Il y en a au total plus de 3 400 réparties dans 95 gares en Belgique. Avec, évidemment, une priorité donnée aux endroits les plus sensibles. Par exemple, la gare de Bruxelles-Midi compte 300 caméras de sécurité et celle de Liège-Guillemins en compte 125 à elle seule. "Outre le nombre de caméras, il faut prendre aussi en compte leur très haut niveau de technologie qui permet d’identifier beaucoup plus facilement qu’avant des agresseurs par exemple, note encore Louis Maraite. Comme la Belgique est un petit pays, elle sert de laboratoire grandeur nature pour les sociétés spécialisées dans ce genre de matériel : elles mettent à notre disposition leur matériel de pointe pour le tester à une petite échelle. Du coup, on vient du monde entier voir notre réseau de surveillance !"

Troisième type d’actions menées par le groupe SNCB pour améliorer la sécurité et le sentiment de sécurité des passagers : la coopération avec la police fédérale, la police locale et les parquets. "Plusieurs accords de collaboration ont été conclus entre le groupe et les services de police. C’est intéressant pour tout le monde car on trouve souvent aux alentours des gares de la criminalité. La police a tout intérêt à collaborer avec nous pour mieux la gérer."

Dernier axe de la politique de sécurité : la convivialité dans les gares, l’organisation d’événements en leur sein, permettent également de jouer sur le sentiment de sécurité.