Un enfant sur cent ne vit pas avec ses parents

Le chiffre, impressionnant, reflète une réalité loin d’être marginale : quelque 10 439 francophones âgés de 0 à 18 ans (avec une marge d’erreur d’environ 500 gamins) sont placés en dehors de la cellule familiale, selon un recensement statistique intersectoriel.

Un enfant sur cent ne vit pas avec ses parents
©Mélanie Wenger (St.)
Annick Hovine

Le chiffre, impressionnant, reflète une réalité loin d’être marginale : quelque 10 439 francophones âgés de 0 à 18 ans (avec une marge d’erreur d’environ 500 gamins) sont placés en dehors de la cellule familiale, selon un recensement statistique intersectoriel entrepris par l’Observatoire de l’enfance, de la jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse de la Communauté française.

Autrement dit : en Wallonie et à Bruxelles, plus d’un enfant sur 100 ne vit pas avec ses parents. Ces mineurs d’âge séparés de leur proche famille sont placés principalement dans les secteurs de l’aide à la jeunesse et du handicap, mais aussi dans des services de santé, de la justice ou de l’asile (les mineurs étrangers non accompagnés). La prise en charge peut être de court terme ou à très longue échéance. Un tiers de ces enfants sont placés en famille d’accueil; les deux tiers restants résident dans des institutions.

Dépasser la crise

Plusieurs types de services agréés par l’Aide à la jeunesse prennent en charge les enfants placés. Les services d’accueil et d’aide éducative (SAAE) ont ainsi organisé en 2010 (année de l’enquête), l’hébergement de 2 485 enfants (en moyenne par jour); ces services résidentiels apportent également une aide et un suivi de l’enfant dans son milieu de vie pour préparer la réintégration familiale. La prise en charge dure en moyenne 2 ans et 10 mois, mais les durées sont en fait très diversifiées.

En 2010 toujours, 54 enfants ont été placés (en moyenne et par jour) dans un centre d’accueil d’urgence (CAU). Ces services de placement institutionnel travaillent uniquement sur mandat (des conseillers et juges de la jeunesse) et offrent une prise en charge très courte (20 jours, renouvelables une fois). Chaque jour, 19 enfants, en moyenne, sont encore placés dans un centre de premier accueil (CPA). Par ailleurs, 36 adolescents (par jour, en moyenne), âgés de 12 à 18 ans, ont été dirigés dans un centre d’accueil spécialisé (CAS) suite à un comportement violents ou agressif, des problèmes psychologiques graves ou un fait qualifié d’infraction.

Parallèlement, on a dénombré en 2010, en moyenne et par jour, 45 enfants placés en centre d’observation et d’orientation (COO), soit des institutions pour jeunes qui présentent des troubles ou des comportements dont la gravité justifie l’observation, l’analyse et une action spécifique pour dépasser la crise. Le placement est d’une durée maximum de 3 mois, éventuellement renouvelable deux fois pour une durée d’un mois.

Expérience originale

Autre réalité douloureuse : les enfants victimes de maltraitance. En 2010, par jour en moyenne, 36 enfants étaient placés dans un centre d’accueil pour les enfants victimes de maltraitance (CAEVM), après des suspicions graves ou des constats. La durée du placement est fixée à six mois, renouvelable une fois.

En 2010 toujours, 163 jeunes ont été placés en institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ), en régime ouvert (44 jours en moyenne) ou fermé (87 jours). Au moment de leur placement, les adolescent(e)s avaient en moyenne 15 ans et 10 mois.

Une autre formule existe encore : les projets pédagogiques particuliers (PPP), qui ont concerné 294 enfants en moyenne par jour en 2010, offrent une prise en charge aux enfants qui n’entrent pas dans le cadre des agréments spécifiques de l’Aide à la jeunesse. Ils permettent aux jeunes en difficultés de tenter une expérience de vie originale et positive.

"Du placement d’enfants: définir et quantifier pour réaliser les droits des enfants placés", Anna Swaluë. A consulter sur http://www.oejaj.cfwb.be/index.php?id=10238