Fouad Belkacem, le prosélyte haineux

Ainsi donc Fouad Belkacem refait parler de lui. Ce Belge d’origine marocaine est l’ex-porte-parole (et leader de fait) du groupuscule islamiste radical Sharia4Belgium, qui s’est sabordé voici quelques mois.

J.-C.M.
Fouad Belkacem, le prosélyte haineux
©Photo News

Ainsi donc Fouad Belkacem refait parler de lui. Ce Belge d’origine marocaine est l’ex-porte-parole (et leader de fait) du groupuscule islamiste radical Sharia4Belgium, qui s’est sabordé voici quelques mois. A 30 ans, il présente un pedigree judiciaire impressionnant. Celui qui se fait également appeler “Abou Imran” est issu d’une famille de culture sunnite et n’a pas grandi dans le fondamentalisme. Mais il s’est rattrapé depuis.

Expert dans l’utilisation des réseaux sociaux, Belkacem maîtrise le français, l’anglais et l’arabe mais s’exprime le plus souvent en néerlandais. C’est à Anvers, où Sharia4Belgium fut essentiellement actif, qu’il s’est fait connaître en pratiquant la “street dawah”. Avec la trentaine de sbires qui composaient son mouvement, il arpentait les rues de la Métropole en lançant des imprécations et en invitant à écouter le message de l’islam.

En dix ans, il a accumulé près de 25 condamnations, notamment pour vols et rébellions, trafic de drogue et une impressionnante série d’infractions de roulage. Abou Imran serait également sous le coup d’une peine de dix ans de prison au Maroc, pour trafic de drogue.

En mai 2012, il avait écopé, devant le tribunal correctionnel d’Anvers, de deux ans de prison (dont un ferme), pour harcèlement à l’égard de Frank Vanhecke, veuf de Marie-Rose Morel (l’ex-égérie du Vlaams Belang, à propos de laquelle il avait décrété que son cancer était une punition d’Allah”) et incitation à la haine et à la discrimination contre les non-musulmans. Fouad Belkacem a interjeté appel contre cette condamnation et attend d’être fixé sur son sort.

Fin juin 2012, le tribunal correctionnel d’Anvers le condamnait à six mois de prison et 550 euros d’amende pour incitation à la haine et à la violence, coups et blessures et outrage à fonctionnaires de police. A plusieurs reprises, en 2007 et 2008, à Anvers et à Boom, Belkacem s’était signalé par des injures lancées aux forces de l’ordre, du style : “Belges arriérés” , “imbéciles” ou chiens “sales Belges valant encore moins qu’un chien” . En juin 2012, notre homme était déjà en prison. Il venait d’être inculpé d’incitation à la haine, à la violence et à la discrimination pour avoir, sur YouTube, vilipendé les policiers et félicité les jeunes musulmans qui avaient engagé des heurts avec la police à la suite de l’interpellation, à Molenbeek, d’une jeune femme portant un niqab en rue. A l’automne, Belkacem avait écopé de six mois de prison pour ces faits et de six autres mois pour d’autres motifs. A l’audience, il s’était plaint de ne pas avoir pu voir son fils né alors qu’il était détenu. “Je veux être un père pour mon enfant et je vais essayer de mener une vie normale” avait-il déclaré, ajoutant que “Sharia4Belgium a été démantelé et je n’ai plus de contact avec les anciens membres”. Début 2013, il obtenait qu’on l’autorise à porter un bracelet électronique. Belkacem était sorti de prison en février. Fin mars 2013, il portait plainte contre le père d’un jeune Belge de 18 ans parti se battre en Syrie qui l’accusait d’avoir fait un lavage de cerveau à son fils. Belkacem avait démenti une quelconque responsabilité dans la radicalisation du jeune homme.


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