Le plan Milquet pour lutter contre les radicalismes

Ce vendredi, une note de la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), sur la prévention de la radicalisation violente devrait être présentée au conseil des ministres. "La Libre" a pu se procurer cette note.

Le plan Milquet pour lutter contre les radicalismes
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J.-C.M.

Ce vendredi, une note de la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), sur la prévention de la radicalisation violente devrait être présentée au conseil des ministres. Les chefs de cabinet des vice-Premiers ministres se sont vus à ce sujet jeudi et l’on notait encore quelques tiraillements. Quoi qu’il en soit, "La Libre" a pu se procurer cette note, qui entend développer un programme de lutte, surtout axée sur la prévention, contre les phénomènes de radicalisation violente et de polarisation.

Ces phénomènes sociaux constituent une grave menace pour la survie d’une société ouverte; ils sont extrêmement complexes et il est difficile de dresser un profil standard des personnes radicalisées et de leurs comportements. Ils trouvent généralement leur origine dans les sentiments de frustration sociale ressentis par des citoyens dont la résistance morale aux conceptions violentes affiche des failles.

Le radicalisme violent revêt diverses formes et touche toutes les couches de la société. Il se nourrit à diverses sources, comme les réseaux sociaux et l’Internet, et trouve divers terreaux pour se développer.

Des politiques de prévention du phénomène (sociales, urbaines, culturelles, d’intégration, d’aide à la jeunesse ) existent déjà en Belgique et en Europe mais certains pays, comme la Hollande, ont pris de l’avance.

Confronté à divers incidents, dont le dernier en date est le départ de (jeunes) combattants belges pour la Syrie, le gouvernement belge a décidé de prendre le taureau par les cornes. D’où le programme de prévention "spécifique" mis sur pied par Mme Milquet.

Celui-ci, relève la ministre, n’aura de chances de réussir que si toutes les autorités (fédéral, Régions, communes) et tous les acteurs (enseignants, police, éducateurs, parents, monde associatif) concernés se mobilisent.

C’est à eux que s’adressent ce plan et les mesures qu’il préconise, propose ou décide. Ces mesures s’articulent autour de six axes principaux d’action: mobiliser de nombreux acteurs dans la lutte contre la radicalisation violente, axer la lutte sur la prévention en limitant "le terreau des frustrations" qui peuvent en être à l'origine, prendre en charge les détenus vulnérables, mettre en place des listes de personnes et d'associations ressources en matière de prévention, contrer les discours haineux diffusés sur la Toile et accroitre la résistance morale des personnes ou groupes exposés à la radicalisation de la violence.

Pourra-t-on toutefois les appliquer ? Ce n’est pas sûr. On a parlé de divergences de vue au plan politique mais il faut aussi tenir compte de l’avis très critique, sur le plan budgétaire, rendu par l’Inspection des finances, qui se dit "pas convaincue de l’opportunité" d’une série d’entre elles.

Découvrez le plan Milquet avec plus de précisions dans La Libre de ce vendredi.


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