La canne (ré)apparaît et la rumeur aussi...

Et d’aucuns d’aller jusqu’à se demander si ce n’est pas un signal envoyé par Albert II lui-même pour montrer sa grande lassitude et manifester son envie de passer la main

Christian Laporte
La canne (ré)apparaît et la rumeur aussi...
©Belga

En faisant son entrée avec la reine Paola à l’hôpital militaire de Neder-over-Heembeek pour se rendre compte ensemble de l’évolution des techniques médicales dans une institution qui lui tient à cœur, le roi Albert II s’était doté, jeudi matin, d’une canne qui, à l’évidence, ne pouvait que relancer le moulin à rumeurs qui veut que le sixième roi des Belges tire sa révérence cette année. Et d’aucuns d’aller jusqu’à se demander si ce n’est pas un signal envoyé par Albert II lui-même pour montrer sa grande lassitude et manifester son envie de passer la main

Au risque de contredire les prophètes de malheur, c’est au contraire avec beaucoup d’intérêt qu’il s’est investi dans cette visite, bien au courant des réalisations de la médecine militaire sur place. Du reste, comme il le fait depuis bientôt 20 ans comme Roi et pendant au moins trois décennies auparavant comme prince, le chef de l’Etat a posé moult questions à ses hôtes d’abord lors d’une séance de travail avec les responsables de Neder puis aux étapes qui l’attendaient ensuite, à savoir le caisson hypobare du centre de médecine aéronautique et le centre des grands brûlés.

Mais le moment le plus émouvant fut la rencontre avec deux familles de grands brûlés que le couple royal aurait aimé rencontrer plus longtemps si la visite n’avait pas accumulé un sérieux retard.

Et alors cette fameuse canne ? Renseignements pris auprès de l’entourage du Roi, il n’y a certainement pas de leçon voire autre chose à tirer de son usage sinon le fait que le roi Albert II éprouve parfois quelques problèmes de mobilité.

Qu’on se le dise : le retour de la canne est tout récent. Albert II est arrivé de la sorte mercredi midi à une remise de médailles au personnel et plus tard dans la journée à la célébration des 75 ans de l’Escorte royale à cheval mais lors de cette dernière activité, il est resté debout pendant une heure sans y recourir. Alors ? L’hôpital militaire de Neder-over-Heembeek compte d’immenses et interminables couloirs qu’on ne peut contourner. Pas question évidemment de recourir à une chaise roulante ou une voiturette de golf car cela aurait renforcé encore la rumeur

Mettons donc tout à plat : comme son frère le roi Baudouin, Albert II souffre du dos et cela lui a valu notamment de se retrouver sur le billard en janvier 2000 pour une hernie discale.

Mais en novembre 1999, lors de la visite d’Etat au Portugal, il fallut même recourir à l’utilisation d’un bus pour lui permettre de découvrir comme l’ensemble de la délégation l’usine construite par Solvay à Vila Franca de Xira. Ou plutôt de redécouvrir car il s’y était déjà rendu en 1981 comme prince en sa qualité de président d’honneur du Commerce extérieur. Et c’est aussi la mort dans l’âme qu’il n’avait pu accompagner la reine Paola partie à l’assaut du château de Pena construit par Ferdinand de Saxe-Cobourg Gotha sur un rocher escarpé. Depuis lors, la canne - ah la canne royale - a fait des apparitions sporadiques lorsque les vertèbres royales étaient vraiment trop douloureuses ou après la fracture du col du fémur en 2007.

Une certitude : comme nous le souligna le ministre de la Défense Pieter De Crem aussi de la partie, le Roi n’a rien perdu de sa verve et de sa lucidité. Ni de son humour ravageur : après la signature des livres d’or, le ministre CD&V distrait fit mine de prendre le stylo mais le Roi avec une formule dont il a toujours le secret pria gentiment son ministre de ne pas le mettre dans sa poche

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