Courtois sur l'euthanasie: “Voyons quels partis veulent avancer”

15 propositions de loi, une proposition de résolution et un même objectif : adapter la législation sur l’euthanasie. Depuis le 20 février, les commissions des Affaires sociales et de la Justice du Sénat planchent sur l’élargissement de la loi de 2002.

Interview: Antoine Clevers
Courtois sur l'euthanasie: “Voyons quels partis veulent avancer”
©Photo News

15 propositions de loi, une proposition de résolution et un même objectif : adapter la législation sur l’euthanasie. Depuis le 20 février, les commissions des Affaires sociales et de la Justice du Sénat planchent sur l’élargissement de la loi de 2002. Deux axes forts : élargir la loi sur l’euthanasie tant aux mineurs qu’aux personnes souffrant de démence. Alain Courtois s'est confié à nos collègue de La Dernière Heure.

Alain Courtois (MR), vous êtes le président de la commission Justice. Où en sont les travaux?

“Nous finissons les auditions des experts la semaine prochaine. Il conviendra alors de voir quels sont les partis qui sont demandeurs d’une évolution législative.”

Le but est-il d’élaborer un texte commun à la commission?

“Ce sera difficile… C’est pour cela qu’on doit d’abord identifier les partis qui veulent avancer pour que ceux-là élaborent un texte commun. Parce qu’il ne faut pas oublier une grande difficulté : le temps ! Outre la rédaction du texte, celui-ci devra encore être débattu, passer devant le Conseil d’État, être voté, etc. Or, la législature se termine dans un an…”

Des tendances se dégagent-elles entre les partis?

“On sent bien que des courants philosophiques ne sont pas nécessairement proches…”

Les chrétiens-démocrates (CDH et CD&V) freinent les travaux?

“Oh, c’est à eux qu’il faut poser la question. Mais je voudrais insister sur un point : s’il y a bien une matière où la liberté de conscience de chaque individu doit être respectée, c’est celle-ci !”

Ceci dit, même au sein des partis favorables à une évolution, il existe des divergences…

“C’est très clair. Il y a encore des problématiques à éclaircir comme l’âge en cas d’élargissement de l’euthanasie aux mineurs, l’autorisation parentale ou la déclaration anticipée pour les personnes souffrant de dégénérescence mentale.”

Ne s’oriente-t-on pas vers une loi symbolique dans laquelle on se contenterait de quelques adaptations procédurales?

“Je pense que c’est la volonté de certains, mais d’autres ont de réelles ambitions. Mais terminons d’abord nos auditions, sans postulat philosophique, et voyons ensuite qui veut avancer.”