Schellebelle: les habitants de Wetteren doivent se préparer à une possible évacuation

La pluie pourrait avoir un impact sur la présence de produits toxiques dans les égouts. Le sort des wagons qui ont pris feu et qui contenaient de l'acrylonitrile n'a pas encore été réglé. Ils seront soit brûlés, soit pompés, soit évacués.

Schellebelle: les habitants de Wetteren doivent se préparer à une possible évacuation
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Les habitants qui se trouvent dans la zone située entre la voie ferroviaire et l'Escaut à Wetteren doivent se préparer pour une éventuelle évacuation. La pluie pourrait en effet avoir un impact sur la présence de produits toxiques dans les égouts, a indiqué le gouverneur de la province de Flandre orientale, Jan Briers, mardi soir lors d'une conférence de presse.

"Tous les habitants de Wetteren, Serskamp et Schellebelle doivent aussi se tenir prêts pour une possible évacuation. Le risque est faible, mais il n'est pas totalement exclu." Les services de secours effectuent constamment des tests en divers endroits.

"Les habitants peuvent se préparer en constituant un kit d'urgence, comprenant des vêtements de rechange en suffisance, les médicaments à prendre normalement quotidiennement, et une trousse personnelle de produits de soins. Les mesures prises nous montrent qu'il n'y a pas beaucoup de produits toxiques dans les égoûts, mais nous ne savons pas quel sera l'impact de la pluie".

Les habitants de Wetteren qui ont été évacuées durant le week-end ou lundi n'ont pas encore pu regagner leur domicile mardi. Jan Briers espère que les évacués pourront recommencer à retourner chez eux mercredi. Les personnes évacuées qui ont été enregistrées seront contactées directement par téléphone, a indiqué la commune de Wetteren.

La concentration en toxicité relevée mardi matin dans un puits, qui était en matinée six à huit fois plus élevée que la concentration létale, a diminué en cours de journée. "La situation est sous contrôle. Nous nous préparons aussi à l'arrivée des pluies. Nous suivons la situation de très près pour voir si une évacuation est nécessaire", explique Christian Van de Voorde, des pompiers de Gand.

Selon le centre de crise, 43 personnes se sont signalées mardi pour diverses plaintes, principalement des irritations aux voies respiratoires.

Milquet: "Nous ne sommes pas encore dans une situation stabilisée"

"Nous ne sommes pas encore dans une situation stabilisée", a souligné mardi la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, devant la Commission "sécurité du rail" de la Chambre à propos de l'accident de train qui s'est produit à Schellebelle. Interrogée par de nombreux parlementaires, la ministre a insisté sur les contrôles qui devaient encore avoir lieu. De même, le sort des wagons qui ont pris feu et qui contenaient de l'acrylonitrile n'a pas encore été réglé. Ceux-ci pourront soit être brûlés, soit être pompés, soit encore être évacués. De toute manière, Mme Milquet ne s'attend pas à ce que les voies soient libérées avant 15 jours ou trois semaines.

Des questions ont été posées sur la mise en oeuvre du plan d'urgence et les décisions qui ont été prises, notamment le fait d'asperger les wagons qui a mené à une pollution de l'eau. L'urgence était au refroidissement des wagons, a souligné la ministre, afin de maîtriser le feu. Si une explosion s'était produite, une véritable catastrophe aux conséquences beaucoup plus graves aurait eu lieu.

"Nous devons voir aussi ce que nous avons pu éviter, peut-être des dizaines de morts", a-t-elle averti.

Quant à la communication des autorités, et particulièrement du gouverneur, mise en cause par plusieurs parlementaires, elle était à l'image de la situation de crise, a fait remarquer Mme Milquet.

"Ce n'est facile pour personne de tout prévoir dans une catastrophe.

Inmanquablement, les choses bougent et la communication évolue".

La ministre a salué le travail des membres des services de secours, dont certains sont à pied d'oeuvre depuis samedi.

Ses collègues des Entreprises publiques et de la Mobilité, Jean-Pascal Labille et Melchior Wathelet, ont fait de même à propos d'Infrabel et de la façon dont l'information a été transmise dès que l'accident s'est produit.

Le train, roulant sous licence de B-Logistics pour le compte de DB Schenker Rail Nederland et conduit par un chauffeur néerlandais, a déraillé à 1h56. Une minute après, le service "Traffic Control" a averti les secours Schellebelleet, moins d'un quart d'heure après, SNCB Group a transmis le contenu des wagons et leur place dans le convoi.

Les secours sont arrivés quant à eux à 2h12. A 2h49, les maisons situées dans un premier périmètre étaient toutes évacuées. Un second périmètre d'évacuation a ensuite été mis en place vu l'ampleur du sinistre.

Trois enquêtes sont en cours à propos de l'accident. MM. Labille et Wathelet n'ont donc pas voulu s'avancer sur l'origine de celui-ci. Ils ont toutefois signalé que l'aiguillage un temps mis en cause datait de 2004 et que son dernier entretien remontait au mois de février.

Ils ont aussi contesté tout problème de formation ou d'expérience dans le chef du chauffeur, de même que de certification dans le chef de l'opérateur.

Plusieurs députés se sont demandés comment un tel événement avait pu se produire, un an après l'accident de Godinne, impliquant lui aussi des wagons qui transportaient des substances dangereuses.

Des arrêtés ministériels ont été rédigés à la suite de cet accident, prévoyant des mesures de sécurité particulières (éloignement des wagons, place des wagons dans le convoi, etc.), a expliqué M. Wathelet.

Ils ont été soumis à la Commission européenne et à l'Organisation intergouvernementale pour les transports internationaux ferroviaires (OTIF) au mois de juillet mais n'ont pas reçu le feu vert de ces deux instances.

Au mois de décembre, celles-ci ont fait savoir qu'elles attendaient les résultats de l'enquête ouverte après l'accident.

Selon la Commission, les mesures prévues provoqueront en outre l'augmentation des opérations de triage, qui sont elles-mêmes sources de danger.

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