Schellebelle : Infrabel espère pouvoir renforcer l'accès au train vendredi

Les habitants de Wetteren et des environs n'ont pas de raison de céder à l'inquiétude après la catastrophe du train, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, a indiqué le comité de coordination jeudi soir.

Schellebelle : Infrabel espère pouvoir renforcer l'accès au train vendredi
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Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire, espère entamer vendredi les opérations visant à sécuriser l'accès à l'épave du train accidenté, pour faciliter le trajet des véhicules qui pomperont dans les wagons les produits encore présents, a indiqué jeudi soir Frédéric Petit, porte-parole de la société. Infrabel prévoit aussi d'enlever, dans l'après-midi, la caténaire endommagée.

Les opérations de vidage des wagons étaient au départ prévues jeudi mais elles ont été reportées car l'accès à l'épave devait être renforcé. Le sol doit en effet être assez stable pour supporter le passage des véhicules de pompage en toute sécurité. "Infrabel et un entrepreneur espèrent arriver vendredi matin sur le terrain et pouvoir entamer le renforcement de l'endroit avec des plaques", a ajouté M. Petit.

La caténaire devrait aussi être démontée vendredi. "Lorsque la caténaire aura été enlevée, la locomotive pourra être déplacée. On attend aussi vendredi les premiers résultats des prélèvements dans le sol."

Un risque pour la santé des habitants ?

Les habitants de Wetteren et des environs n'ont pas de raison de céder à l'inquiétude après la catastrophe du train, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, a indiqué le comité de coordination jeudi soir. "Il n'y a pas de preuves que la population encourt des risques pour sa santé à la suite de l'accident de train à Wetteren", précise la province de Flandre orientale dans un communiqué.

Le comité de coordination provincial a émis une série de recommandations pour les habitants de Wetteren et des environs. "Il n'y a pas de risque de pollution de l'air dans les communes voisines", ajoute la province. "L'AFSCA a indiqué pour sa part qu'il n'y avait pas de risques pour la consommation des légumes du jardin, des oeufs ou encore du lait hors du périmètre de sécurité de 1.000 mètres autour du site de l'accident. Comme toujours, les précautions d'usage -le lavage des fruits et légumes- s'appliquent."

Le centre de crise rappelle aussi les constatations de plusieurs organismes qui ont donné leur avis à la suite de la catastrophe. "L'Agence flamande de Santé (Vlaams Agentschap Zorg en Gezondheid) déconseille, selon le principe de précaution, l'usage de l'eau de pluie dans les zones de Wetteren et Schellebelle qui se trouvent en dehors du périmètre de sécurité. L'Agence de l'Environnement et des Bois (Agentschap voor Natuur en Bos) a interdit à titre préventif afin d'éviter tout risque de pêcher dans l'Escaut entre l'écluse de Merelbeke et l'embouchure de la Dendre jusqu'à fin mai. Enfin, Aquafin a précisé qu'il n'y avait pas de vapeurs provenant des égouts sur les territoires des communes proches".

Tous les blessés ont quitté l'hôpital

Toutes les personnes qui ont été hospitalisées à la suite de l'accident de train à Wetteren, dont cinq personnes qui étaient en soins intensifs, ont quitté l'hôpital, a indiqué Bea Hageman de la province de Flandre orientale.

Depuis le début de la catastrophe, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, plus de 200 personnes ont été conduites à l'hôpital pour y subir des tests ou y recevoir des soins. Cinq personnes se trouvaient encore aux soins intensifs mercredi mais elles ont pu rentrer chez elle depuis.

A Wetteren, le retour des habitants évacués de leur domicile se poursuivait jeudi soir. Les opérations de réintégration des habitants se poursuivront vendredi dès 09h00.

A Wetteren où s'est produit samedi dernier un accident ferroviaire, quelque 1.400 habitants ont pu rentrer chez eux au cours des derniers jours, a annoncé jeudi le gouverneur de la province, Jan Briers.

Quelque 500 maisons avaient été évacuées, soit au total près de 2.000 personnes. Le nombre de riverains évacués avait été mal estimé et on a dû faire appel jeudi à des équipes supplémentaires pour multiplier les contrôles.

Les résultats provisoires des mesures effectuées jeudi étaient tous favorables, à l'exception d'une mesure dans une maison où les valeurs enregistrées étaient légèrement trop élevées. Un total de 1.979 personnes avaient été évacuées ces derniers jours.

Les riverains qui ne pouvaient pas regagner leur domicile jeudi en journée, pourront en principe retrouver leur habitation en soirée ou vendredi matin.

Environ 170 personnes devraient toutefois faire preuve de plus de patience. Parmi elles, 48 résidents de 17 maisons situées dans un rayon de 250 mètres autour du site de la catastrophe, qui devront attendre au moins jusqu'au 18 mai pour obtenir un feu vert, et environ 120 autres personnes vivant à proximité d'un puits contaminé, situé à l'intersection de deux rues à Wetteren.

Dans ce puits, des valeurs atteignant 600 ppm (parties par million), soit six à huit fois supérieures au seuil de concentration létale, avaient été mesurées mardi. Jeudi, elles étaient retombées à 20 ppm. "Nous avons pu neutraliser l'acrylonitrile avec du bisulfite de sodium. Nous avons fait des essais sur des échantillons d'eau contaminée et les résultats sont spectaculaires. Les concentrations sont passées de 150 ppm en quelques secondes à 5 ppm." a expliqué le commandant des pompiers de Gand, Christian Van de Voorde.

La vidange des wagons sur le lieu de l'accident ne démarrera que vendredi. "Nous étions préparés"

"Pour une telle catastrophe, aucune commune n'est préparée, mais nous étions très bien préparés dans la mesure du possible", a répondu Kenneth Taylor, le bourgmestre de Wichelen, après les critiques sur la gestion de l'accident de train à Wetteren.

Le comité de coordination s'insurge contre les critiques formulées ces derniers jours. "Toutes les personnes qui travaillent déjà depuis six jours au centre de crise, ont reçu une formation. Toutes celles en charge de la communication au téléphone et au centre d'information ont suivi un cours à la Croix Rouge. Nous faisons trois fois par an un exercice en mettant sur pied un centre de crise opérationnel. Le numéro d'urgence et la centrale téléphonique étaient prêts et directement opérationnels", a expliqué le bourgmestre.

Au niveau local et provincial, il y a une large expertise, estime Kenneth Taylor. "Les bourgmestres sont en stand-by et accessibles 365 jours par an. Le bourgmestre de Wetteren et moi-même avons une expérience en matière de planification d'urgence. Je pense aux inondations, fuites de gaz, à des problèmes survenus dans des sociétés médicales. Pour une telle catastrophe, aucune commune n'est préparée, mais nous étions très bien préparés dans la mesure du possible."

Le bourgmestre ajoute que l'évaluation de la gestion de la catastrophe se fera, comme il se doit, après la catastrophe, et non lors de celle-ci. Il appelle donc les experts qui ont un avis à formuler à ne pas n'hésiter à le donner après la catastrophe. Il leur promet qu'ils seront écoutés attentivement.

1.400 personnes ont pu finalement réintégrer leur habitation


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