Nollet: "Il y aura 100 postes de chercheurs en plus dès 2014"

Le ministre Nollet annonce la création d’un nouveau fonds dédié à la recherche. Et promet une enveloppe budgétaire FNRS pérenne et indexée à partir de 2014.

Nollet: "Il y aura 100 postes de chercheurs en plus dès 2014"
Alice Dive

Le ministre Nollet annonce la création d’un nouveau fonds dédié à la recherche. Et promet une enveloppe budgétaire FNRS pérenne et indexée à partir de 2014.

Pourquoi cette réforme du financement de la recherche fondamentale ?

Nous vivons aujourd’hui une période économiquement et financièrement difficile. La crise bancaire de 2008 et la rechute de 2012 impactent encore fortement les budgets publics, dont celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’absence de chiffres de croissance et l’incapacité de la Fédération à avoir des recettes propres font que certains secteurs insuffisamment protégés, comme celui de la recherche fondamentale, sont les premiers touchés sur le plan financier. A chaque conclave, il fallait se battre pour que ce secteur-là puisse être préservé des nécessaires économies. Il n’y avait donc aucune garantie de pérennisation financière ni de visibilité à long terme. D’où ce projet de décret visant à rendre la totalité de l’enveloppe budgétaire FNRS pérenne et indexée.

D’aucuns affirment que, aujourd’hui encore, certains fonds dédiés à la recherche fondamentale et qui sont en principe financés par la Fédération n’ont pas reçu le moindre euro de sa part. Est-ce le cas ?

Jusqu’à présent, je suis toujours parvenu à trouver une solution en "one shot", si je puis dire. C’est l’avantage de ma double casquette. Je suis à la fois ministre à la Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Entre les deux, je vois fortement la différence. Au niveau régional, la recherche appliquée est protégée. Elle fait partie intégrante du Plan Marshall 2.Vert. Ainsi, au sein des pôles de compétitivité, la partie "recherche", c’est 70 à 80 % de la totalité. La recherche fondamentale, elle, dépend de la Fédération. Alors, probablement que la recherche appliquée impacte plus directement le redéploiement économique, mais la recherche fondamentale n’en est pas pour autant moins cruciale. C’est d’ailleurs elle qui irrigue la recherche appliquée. Via l’activation de ma double casquette donc, j’ai répondu à ce problème de protection de la recherche fondamentale en amenant une partie des fonds de la Région wallonne vers la Fédération mais en "one shot". D’où la nécessité de poser le débat du principe même, et de trouver une solution structurelle.

Même si, on est bien d’accord, cela ne concerne qu’une partie du budget et des fonds affectés à la recherche fondamentale…

Précisément celle qui n’est pas encore protégée et indexée. L’autre partie, celle relative au financement d’une part du FNRS et à celui du fonds pour la formation à la recherche dans l’industrie et dans l’agriculture (FRIA), jouit déjà d’une protection financière par voie décrétale. Moi, ce que je veux, c’est que l’ensemble du financement de la recherche fondamentale soit pérennisé et indexé. Qu’elle ne subisse plus l’instabilité économique et financière. Pour moi, c’est poser un geste politique fort qui montre que la recherche fondamentale est aussi considérée comme un moteur du redéploiement économique à long terme de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Un geste politique fort… Au-delà de ça, qu’est-ce que cela va changer pour les chercheurs ?

Dès 2014, nous allons ouvrir pas moins de cent postes de chercheurs autour du FNRS. Comment ? Grâce à la création d’un nouveau fonds de recherche dédiée non pas à des disciplines cette fois (sciences exactes, sciences médicales, sciences nucléaires, sciences sociales et humaines ), mais à des thématiques. Le FRFS, le Fonds de la recherche fondamentale stratégique, c’est son nom, sera ainsi composé de deux programmes : le Welbio et le WISD. Le premier relatif au médical appliqué n’est pas neuf, il existait déjà dans le Plan Marshall 1 mais arrive donc au FNRS et est refinancé. Le second consacré au développement durable est encore à créer, mais les montants sont déjà dégagés.

Justement, comment comptez-vous financer ce nouveau fonds “thématique” alors que vous peinez déjà à assurer le financement des autres fonds déjà existants ?

Le programme Welbio va coûter six millions d’euros par an. Le WISD, c’est cinq millions d’euros annuels. Au total donc, le FRFS va coûter onze millions d’euros par an à la Région wallonne. Encore une fois, j’ai activé ma double casquette Région-Fédération ici. Car, je le répète, depuis 2009, la Fédération Wallonie-Bruxelles n’a plus vu ses moyens augmenter et n’a d’ailleurs pas la capacité fiscale dont dispose la Région wallonne. C’est précisément grâce à ce décloisonnement des institutions que je suis parvenu à créer, en 2012, un fonds pour les sciences sociales et humaines (FRESH). Son coût : cinq millions d’euros. Ainsi, l’enveloppe budgétaire consacrée à la recherche fondamentale s’élève aujourd’hui à 103 millions d’euros annuels (environ 16 millions pour la recherche fondamentale collective, un peu plus de 12 millions pour les sciences exactes, 10 millions pour les sciences médicales, 8 millions pour le nucléaire, 5 millions pour les sciences sociales et humaines ), à quoi il faudra donc bientôt ajouter cette nouvelle enveloppe de onze millions d’euros pour le FRFS.

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