900 000 euros au Forem pour l’aider à changer

En grève ce mercredi, les syndicats de la fonction publique wallonne et francophone ont sorti toute une série de griefs. Parmi ceux-ci: le Forem va lancer un marché public pour accompagner son processus de changement.

900 000 euros au Forem pour l’aider à changer
©Photo News
Paul Piret

En grève ce mercredi, les syndicats de la fonction publique wallonne et francophone ont donc sorti toute une série de griefs, à leurs yeux, en gouvernance dans les entités régionale et communautaire. Parmi ces griefs, celui-ci : le Forem va lancer un marché public pour accompagner son processus de changement. Or, pestent les syndicats, "le Forem compte un nombre improbable d’experts en tous genres (avec des barèmes improbables eux aussi ) N’y en a-t-il donc pas l’un ou l’autre qui soit capable de mettre en place un processus d’évolution de l’organisme ?"

Voici ce dont il s’agit. D’abord, le marché ne va pas être passé : c’est fait. Il a été décidé le 23 avril par tout le comité de gestion (pour rappel, paritaire patrons/syndicats ) de l’organisme wallon emploi/formation, après l’avis préalable (non contraignant) désormais requis du nouveau Comité stratégique (où siège le gouvernement) ; il est publié sur le site des marchés publics depuis le 3 mai.

C’est là un marché de services d’un montant "estimé, en moyenne, à 375 000 euros HTVA par an durant deux ans, à passer par appel d’offres restreint avec publicité européenne", lit-on dans la note de l’administration générale du Forem à son comité de gestion, que "La Libre" a interceptée au vol. Reprenons le calcul, basé sur "un peu moins de deux équivalents temps plein" : nous démarrons avec TVA sur un minimum de 910 000 euros.

Pour faire quoi ? Il s’agit d’assistance, de conseil méthodologique et d’expertise visant à soutenir le Forem dans sa réorganisation territoriale et son plan d’entreprise.

"On maximise en interne"

Les recours publics à la consultance et aux cabinets spécialisés se multiplient - le Forem n’en est qu’un exemple ! A force, ils font jaser. Surtout chez des fonctionnaires au moment où, par ailleurs, ils ont des revendications salariales... Aussi, au Forem, on tend à préciser que ce nouveau marché porte "essentiellement sur les aspects de méthode et d’organisation". Histoire de ne pas paraître se décharger de tout : la stratégie générale a déjà été définie, par les organes internes de gestion ; le contenu même des actions est défini en interne, notamment via les groupes projets.

Quant au coût, les syndicats redoutent son débordement, précédents à l’appui. Ajoutons que les susdits 900 000 euros et quelque pèsent pourtant quatre fois moins qu’un projet initial de marché plus vaste.

En effet, le 29 janvier, la commissaire du gouvernement avait remballé l’externalisation d’un marché visant à rédiger le plan d’entreprise pour un montant de 3,5 millions. "Je considère, avait expliqué le ministre André Antoine (CDH) le lendemain au Parlement wallon, eu égard aux moyens financiers dont nous disposons, que nous devons consacrer la totalité de nos moyens à l’accompagnement des demandeurs d’emploi, leur insertion et leur formation".

Le nouveau marché est donc une version recadrée, plus modeste, du précédent. Parce que sa durée est réduite ; et parce qu’il est plus restreint, notamment extirpé d’un lot initialement prévu pour la communication interne.

Au cabinet Antoine où, en passant, on n’oublie pas de rappeler l’autonomie de gestion du Forem, on ne trouve plus cette fois d’argument à lui opposer. Tandis que l’administratrice générale de l’organisme assume totalement l’opération : "Pour mettre en œuvre notre contrat de gestion, nous avons élaboré en interne un plan d’entreprise, nous explique Marie-Kristine Vanbockestal. D’ailleurs, de manière générale, on maximise le plus possible en interne. Mais ici, nous avons besoin d’un cadre méthodologique pour lequel je n’ai pas de recours en interne". Du reste, le marché coûtera moins cher au Forem que ce qu’aurait été un recrutement spécifique, ajoute son n° 1.


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