Milquet veut une "cellule de contre-discours" pour déjouer la propagande jihadiste sur le net

On le sait : la radicalisation des jeunes qui ont rejoint la rébellion syrienne a souvent débuté via Internet, que ce soit Facebook, Twitter ou les vidéos postées sur le site de partage YouTube. Or, relève Joëlle Milquet, l’Europe ainsi que les pays occidentaux ont été virtuellement absents des débats qui agitent la toile.

J. La.

On le sait : la radicalisation des jeunes qui ont rejoint la rébellion syrienne a souvent débuté via Internet, que ce soit Facebook, Twitter ou les vidéos postées sur le site de partage YouTube. Or, relève Joëlle Milquet, l’Europe ainsi que les pays occidentaux ont été virtuellement absents des débats qui agitent la toile.

"Nous devrions avoir une cellule de contre-discours à l’image de ce qui se fait aux Etats-Unis. Les Américains ont un centre qui travaille sur Facebook et sur les forums d’échange et qui donne une autre vision", relève la ministre de l’Intérieur.

Et, pour être efficace, elle estime qu’une telle "cellule d’intervention" devrait être créée à l’échelon européen, que ce soit par les autorités publiques ou dans le cadre d’un partenariat privé-public. C’est une piste qui est également évoquée par Gilles de Kerchove, le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme.

L’Union européenne pourrait ainsi rechercher dans les pays arabes des voix écoutées qui, via les réseaux sociaux, pourraient inciter les jeunes à ne pas partir vers la Syrie. Car, comme le relevait mercredi le coordinateur, bien que le phénomène de départ des candidats au Djihad européens n’est pas neuf, il a gagné en ampleur. Des Européens sont partis en Afghanistan et au Pakistan. Plus tard, le Yémen et la Somalie sont devenus les pôles d’attraction, pour les candidats au Djihad armé. Mais ce n’était rien à côté des départs que l’on a connus vers la Syrie.

Une douzaine de pays européens sont particulièrement confrontés à ce problème. Le conseil des ministres européens de la Justice et de l’Intérieur (JAI), qui se réunit aujourd’hui à Luxembourg, abordera cette problématique.

La Belgique y demandera une approche commune du radicalisme violent sur Internet. Elle proposera notamment la création, au sein d’Europol, d’une cellule de détection des sites internet incitant au radicalisme violent.

Les obstacles ne manquent cependant pas. Une des clés est de pouvoir y associer les fournisseurs d’accès à Internet qui peuvent imposer des conditions d’exclusion. "Nous sommes vraiment demandeurs d’une démarche vis-à-vis de ces providers pour pouvoir être plus fermes", dit la ministre.

Idéalement, dans l’esprit de Mme Milquet, il faudrait pouvoir y associer les Etats-Unis car la majorité des sites litigieux y sont logés. Ce n’est pas simple : en vertu du premier amendement à la Constitution américaine relatif à la liberté d’expression, il y est très malaisé de sanctionner les personnes qui tiennent des propos incitant à la haine.

Mme Milquet voudrait aussi davantage impliquer la Turquie, porte d’entrée vers la Syrie. Elle s’y est rendue récemment. Mais c’est difficile : ce dossier n’est pas une priorité dans l’esprit des autorités d’Ankara.

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