Budget Wallonie et Fédération: éloigner 2014 pour soulager l'Olivier

Les ministres des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles pourraient reporter à la rentrée politique certaines décisions détaillées du budget 2014 dans l'attente d'indications plus précises sur l'effort à fournir, soulageant ainsi de fortes réticences au sein de l'Olivier.

Budget Wallonie et Fédération: éloigner 2014 pour soulager l'Olivier
©BELGA
belga

Les ministres des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles pourraient reporter à la rentrée politique certaines décisions détaillées du budget 2014 dans l'attente d'indications plus précises sur l'effort à fournir, soulageant ainsi de fortes réticences au sein de l'Olivier, ressortait-il lundi d'une nouvelle réunion ministérielle. 


Les deux gouvernements ont entamé jeudi le second ajustement du budget 2013 en se proposant de préfigurer déjà le lourd exercice 2014. Des mesures structurelles du premier devraient déjà façonner le second, grevé par l'effort de solidarité des régions envers le fédéral et par la perspective de l'accueil des nouvelles compétences sans transfert de l'entièreté du financement correspondant. 

La couverture par la Région du déficit des pouvoirs locaux et la croissance nulle achèvent de complexifier la chasse aux millions. Ainsi, la seule délimitation de l'effort (on parle de 120 millions pour 2013 et de 600 millions pour 2014) reste toujours sujette à débats entre les partenaires de l'Olivier (PS-Ecolo-cdH). Pour le ministre du Budget, André Antoine (cdH), les exigences européennes et les engagements vis-à-vis du fédéral devraient même contraindre la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles à avancer d'un an (2014 au lieu de 2015) le retour à l'équilibre budgétaire. 

Mais Ecolo - qui est absent du gouvernement fédéral - ne l'entend pas de cette oreille. Son vice-président au sein du gouvernement, Jean-Marc Nollet, a déjà dit ne pas vouloir fournir plus d'effort que nécessaire afin de préserver le redéploiement régional et s'est montré très réticent à l'idée de raboter le Plan Marshall 2.Vert au-delà de son "coeur" (économie et emploi), comme le proposait Jean-Claude Marcourt (PS). Dès lors, travailler sur le Plan Marshall ne serait pas une priorité. On se contenterait d'étalement d'enveloppes non consommées. 

Quant à avancer à 2014 l'équilibre budgétaire, la ministre francophone Evelyne Huytebroeck (Ecolo) a clairement rejeté cette piste. "Ce n'est pas ouvert" à discussion, a-t-elle affirmé lundi sur La Première (RTBF). Le comité de concertation entre fédéral et entités fédérées programmé mercredi devra-t-il se contenter de quelques grandes lignes budgétaires sudistes pour 2014 ? Si l'urgence d'ajuster 2013 "aujourd'hui ou demain" n'est pas contestée, la préfiguration de 2014, elle, pourrait en effet rester vague. "On n'est pas obligé de faire 2014", se souvient-on désormais. "En outre, nous aurons certainement plus d'indications chiffrées à la rentrée". Après avoir travaillé jusque 23h00 dimanche, les ministres ont repris leur ouvrage toute la matinée, étudiant les pistes proposées par les partis. 

Elles passent pas les pouvoirs locaux, le périmétrage des participations dans les outils économiques, des réductions structurelles (2%?) sur le solde des dépenses primaires, les subventions ou le sponsoring et frais de communication, des mesures environnementales, etc, sans oublier des recettes nouvelles. Les ministres se sont quittés vers midi dans la perspective de se revoir dès 20h00. 

Deux vice-présidents, André Antoine (cdH) et Jean-Marc Nollet (Ecolo), remontaient en effet à Bruxelles pour participer à leurs commissions au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Si les travaux ne sont pas finis lundi soir, ils reprendront mardi matin, avant suspension pour la même raison, puis reprise en soirée.

Sur le même sujet