Une taxe de 3 euros sur les billets d’avion en Wallonie

Ce fut chaud, dur et long, mais les deux gouvernements Demotte ont bouclé mardi soir leurs délibérations budgétaires. Enfin, bouclé, nuançons : ils y ont mis un terme.

Paul Piret
Brussels, Belgium, January 29, 2008 Airplane of Ryanair airways arriving on the tarmac of Charleroi Brussels South International Airport . (cfr: Travel , fly , land , landing , arrival , plane , low cost , buget ) REPORTERS©Jan Van de Vel
Brussels, Belgium, January 29, 2008 Airplane of Ryanair airways arriving on the tarmac of Charleroi Brussels South International Airport . (cfr: Travel , fly , land , landing , arrival , plane , low cost , buget ) REPORTERS©Jan Van de Vel ©REPORTERS

Ce fut chaud, dur et long, mais les deux gouvernements Demotte ont bouclé mardi soir leurs délibérations budgétaires. Enfin, bouclé, nuançons : ils y ont mis un terme. Comme on le pressentait, les ministres wallons et francophones ne sont sortis de l’épreuve qu’en l’allégeant : ils n’ont fait qu’entamer la copie du budget 2014, à côté duquel l’exercice en cours ne serait pas loin de paraître plaisant... Quant à celui-ci, ce deuxième ajustement pour 2013 avait été conclu dès hier sur le coup de 3 heures du matin.

Rayon 2013

Pour cet ajustement, l’Olivier a fini par cueillir 111 millions au budget régional et 25 autres au budget communautaire, pour maintenir l’exercice entamé dans des balises acceptables, moyennant l’intégration de nouveaux soucis (la croissance à 0, la prise en charge à due concurrence entre régions de l’éventuel déficit des pouvoirs locaux en fin d’année).

En Région wallonne, l’apport de recettes se limite à des contributions de deux OIP du logement, la SWL et la SWCS. Inutile de parler fiscalité, à décréter, alors qu’on est déjà en plein juillet. Côté dépenses, deux mesures essentielles. D’une part, des non-remplacements dans la fonction publique (précisément, le non-recrutement de contractuels dans l’attente plus lente de statutaires). D’autre part, la réduction à 2 % de ce qu’on appelle le solde des dépenses primaires, à savoir les crédits facultatifs non soumis à réglementation (dépenses en études, communications, sponsoring, certaines subventions aux particuliers).

En Communauté française, au seul rayon économies (nos décideurs n’ont pas de marge de manœuvre sur les recettes), on supprime l’augmentation de certaines dépenses plafonnée à 0,2 %; on doit travailler sur la dette; on doit revoir des crédits conformément à l’état de leur consommation en ce mois de juillet. Ici, la fonction publique est déjà soumise à d’autres règles.

Rayon 2014

Pour l’année prochaine et son cortège de contraintes, institutionnelles notamment, ce sont donc des premières mesures qui ont été retenues. Elles pèsent officiellement quelque 286 millions (un chiffre plus élevé avait circulé hier en journée.

Pour la Communauté française, guère à dire encore, hormis ladite réduction des dépenses primaires. Le reste, l’enseignement en particulier, est renvoyé aux brûlots de la rentrée.

Pour la Région, côté dépenses, on recite les réductions de 2 % et les efforts dans la fonction publique déjà dits pour 2013 : de quoi les faire passer pour structurelles aux yeux sourcilleux des fédéraux et des Européens. Même si les précisions restent à peaufiner pour les fonctionnaires (plus aucun recrutement, ou seulement 1 recrutement pour trois départs naturels). S’y ajoute la persistance de la non-indexation des budgets des OIP, à l’exception de l’Awiph à nouveau. On cite encore, comme non-dépense, l’utilisation de montants non utilisés dans le Fonds de l’eau.

La recension de nouvelles recettes en Wallonie pour 2014 paraît plus longue :

-l’instauration d’une taxe sur les billets d’avions au départ de la Wallonie, à raison de 3 euros par billet;

-la taxation des mâts GSM et éoliens, les communes en prenant une part;

-"une meilleure perception" (ce n’est pas une hausse) de la taxe de mise en circulation et des malus sur voitures de société;

-une révision des droits d’enregistrement pour les "fausses maisons modestes";

- des renforts de contrôle sur les camions en surpoids;

-la taxation de l’incinération des déchets spécifiquement nocifs.

Et l’équilibre ?

Mais donc, fatigue et quelques frustrations aidant, on en restera provisoirement à cela pour la copie 2014. Elle devra être complétée à l’automne. Jusqu’à combien ? Cela fera partie des futures explications intramajoritaires.

Le chiffre qui a circulé de 600 millions d’efforts en tout n’a pas été avalisé. Pas plus que l’objectif final : visera-t-on l’équilibre jusqu’ici programmé pour seulement 2015 ? "Soyons les plus vertueux possibles", évacue le ministre-Président Demotte (PS). On sait qu’Ecolo renâcle et que le PS n’est pas chaud, tandis que, pour le CDH, le ministre Antoine dit ne relayer par là qu’une demande… du Premier ministre.

Celui autour duquel se réunira ce mercredi un comité de concertation très budgétaire. "Nous sommes dans les clous", défendra Rudy Demotte devant ses homologues belgo-belges.


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