21 juillet : "Ce qui compte, c'est de le voir en vrai"

Une œuvre représentant Albert attend l'ancien souverain dans le Parc Royal. La foule, elle, a attendu longuement la famille royale au balcon du palais... Ambiance.

21 juillet : "Ce qui compte, c'est de le voir en vrai"
©IPM
J. Fl. et J. Lgg.

 L'ambiance est bon enfant devant le palais royal ce dimanche. Il est 10h15. Dans une heure, le roi est censé saluer ses concitoyens depuis le balcon. Dans la foule, ça discute, dans le calme.

 - "C'est qui le monsieur avec son pantalon rouge et son pull rouge ?, demande un petit garçon qui trône sur les épaules de son père.

- C'est le maître d'hôtel.

- Moi aussi chez mamie j'étais le maître d'hôtel."

Les gens autour sourient.

Les échanges se font facilement entre voisins d'un moment. "Moi, Mathilde m'a serré la main", se vante une demoiselle. La jalousie se lit sur le visage de la dame portant un chapeau aux couleurs belges.

Un peu plus loin, une femme en tunique brune interroge son compagnon : "Tu les reconnais toi les présentatrice de RTL ?, en pointant les tribunes quasi vides mais actuellement occupées par quelques caméras.

- Non.

- Celle avec sa robe bleue, c'est pas Alix Battard ?

- Je ne sais pas.

- Moi non plus." 

Dans cette foule qui se fait de plus en plus dense, il est difficile de passer à côté de ce couple. Il s'agit DU couple qui retient toutes les attentions. Elle, mesurant 1m50 à tout casser, porte un bob bleu sur lequel est vissé un drapeau noir-jaune-rouge. Lui, dont les épaules sont recouvertes d'un drapeau à l'effigie de Philippe et Mathilde, attend stoïquement, le regard tourné vers le balcon. Tous deux commentent chaque fait et geste qu'ils perçoivent. Tout à coup, elle sort un fameux zoom de son étui et l'installe sur un pied sans manquer de bousculer  les personnes alentour. Le pied manque de tomber. "Ralalala" souffle l'homme en prenant des voisins comme témoins. Quelques instants plus tard, il s'allume une roulée. Madame, elle, annonce à un policier qu'elle va "faire un DVD" à l'issue de la journée. Le policier semble n'en avoir cure. 

Au fil d'une autre conversation, un individu se plaint qu'il n'y ait pas d'écran géant aux abords du palais. "Place du Luxembourg il y en a un", lui rétorque-t-on. "Ce qui compte, c'est de le voir en vrai", conclut un dernier, les mains dans les poches.

Vers, 11h25, grosse déception, il se murmure qu'Albert II n'apparaîtra au balcon qu'à 13h avec le nouveau roi Philippe, alors qu'il avait été évoqué depuis plusieurs jours une apparition dès 11h15. 

Qu'à cela ne tienne, malgré les plaintes et gémissements, les personne présentes décident de rester. "On n'a pas attendu si longtemps pour finalement perdre notre place", annonce une dame quelque peu remontée mais bien décidée à conserver son emplacement contre les barricades. 

Munis d'accessoires noir-jaune-rouge, les festoyeurs suivent le déroulement de la journée en radio et sur les médias en ligne. La chaleur les assomme. 

Il est 12h58. Enfin, ils vont pouvoir apercevoir la famille royale. Lorsque Philippe et Mathilde se présentent au balcon, les cris fusent dans tous les sens. "Vive le roi !" "Vive Mathilde !" "Longue vie au roi !" La foule a tant attendu qu'elle redouble d'énergie. Le calme ne reviendra que lorsque le couple royal et ses quatre enfants auront une dernière fois adressé un signe à la foule conquise. 

Un tag pour Albert II

Dans le Parc de Bruxelles, le collectif "Propaganza" réalise une fresque au tag. Ce groupe de 15 artistes a décidé de fêter le 21 juillet comme il se doit. Trevor, manager du groupe, explique : "C'est une date importante pour tous les Belges, on a tenu à marquer le coup en réalisant un portrait du Roi Albert, pour ses 20 ans de règne." Troix membres de leur équipe seront présents toute la journée pour terminer cette oeuvre lorsque la famille royale entrera dans le Parc de Bruxelles. .

"Nous nous basons sur un croquis dessiné au crayon pour taguer", continue-t-il. En effet, Gaspard, artiste-tagueur aux mains enduites de peinture, jette fréquemment un coup d'oeil vers une photo du Roi Albert II lorsqu'il dessine son portrait à la bombe. "Normalement, ça prend plus d'une journée pour réaliser un travail pareil mais, heureusement, on a déjà pu prendre un peu d'avance hier en installant les panneaux par exemple", précise Trevor. Actuellement, des dizaines de bombes jonchent la pelouse où est posée cette fresque. "On a prévu une soixantaine de bombes puisqu'on a besoin d'une large gamme de couleurs."

Ce panneau de quelques mètres de longueur est donc illustré exclusivement par trois personnes. Comme mentionné ci-dessus, Gaspard s'occupe du portrait du Roi Albert, Benjamin prend en charge le fond de l'oeuvre tandis que Trevor s'occupe du lettrage. En effet, sur la gauche du panneau est déjà écrit un "Albert" stylisé. "Nous rajouterons sûrement un portrait de Philippe en haut ou quelques mots le concernant comme un 'Welcome Philippe'", conclut Trevor qui se remet aussitôt au travail.

Sur le même sujet