Le train, l’avion et le car restent plus sûrs que la voiture

Le mois de juillet a été endeuillé par plusieurs accidents ferroviaires au très lourd bilan. Et par le crash meurtrier d’un autocar en Italie. Ces modes de transports seraient-ils dangereux ? Tentative de réponse concernant la Belgique et l’Europe.

Le train, l’avion et le car restent plus sûrs que la voiture
© Coralie Cardon
Frédéric Chardon

Ces dernières semaines, ces derniers jours, l’actualité internationale a été particulièrement tragique en matière d’accidents ferroviaires. On a bien sûr tous en tête le terrible et tout récent déraillement d’un train à Saint-Jacques-de-Compostelle et ses dizaines de victimes. Ou encore l’explosion dantesque d’un train de wagons-citerne en plein cœur d’une petite bourgade au Canada début juillet. Pourtant, malgré le côté spectaculaire de ces drames, le transport ferroviaire reste bien plus sûr que le transport par route. Cela vaut en Belgique comme dans d’autres pays. Chez nous, en tout cas, les chiffres publiés en juillet par le groupe SNCB (dans la revue "B-Mobility Trends") sont clairs : le nombre de morts par kilomètre parcouru en train est extrêmement faible si on le compare au nombre de morts par kilomètre sur le réseau routier.

Voici le détail de ces statistiques établies sur dix ans (de 2001 à 2010 inclus) : le nombre de tués sur les routes s’élève en Belgique à 12 567 tandis que le nombre de victimes d’accidents ferroviaires s’élève à 53 pour la même période. Attention, les données au niveau du transport en train n’intègrent pas les victimes des accidents aux passages à niveau, qui relèvent davantage des accidents de la route au sens classique (de 2001 à 2010, 127 morts, voyageurs en train non inclus). Si on rapporte le nombre de voyageurs sur cette période de dix ans au nombre de kilomètres parcourus et au nombre de victimes, on arrive à un indice de "mortalité" 10,34 pour les trajets routiers et de 0,53 pour les voyages en train. Autrement dit, par rapport à l’importance respective du trafic, le train a tué 20 fois moins que la route de 2001 à 2010. L’analyse menée par le groupe SNCB a été établie sur dix ans afin de gommer les variations annuelles liées, par exemple, à un hiver plus rigoureux qui aurait pu causer davantage de victimes sur le réseau routier.

Ces informations sont rassurantes dans la mesure où le transport par train a connu une belle progression en termes de fréquentation ces dernières années et devrait continuer à accueillir de plus en plus de voyageurs à l’avenir, congestion des autoroutes et coût du carburant obligent… Par ailleurs, les systèmes de sécurité qui sont actuellement installés sur le réseau de voies ferrées en Belgique devraient également réduire le nombre d’accidents ferroviaires. Pour rappel, l’ETCS (European Train Control System) protégera 99 % du réseau belge d’ici 2025. L’ETCS est un système de sécurité de haute technologie qui permet de contrôler le trajet du train en permanence et de le faire freiner automatiquement s’il brûle un feu rouge ou ne respecte pas la vitesse maximale autorisée, via une communication permanente entre les balises sur les voies et la cabine du conducteur de train. Il remplacera l’actuel système de sécurité déjà fort avancé, le TBL1 +.

Depuis la collision entre deux trains à Buizingen en février 2010, les autorités belges ont décidé de consacrer de très importants moyens à l’amélioration de la sécurité du transport par rail. Cette décision a été concrétisée tout récemment par l’adoption du fameux plan d’investissement ferroviaire 2013-2025 par le gouvernement fédéral. Dans ce plan de 26 milliards d’euros sur douze ans, pas moins de 6 milliards sont consacrés aux investissements relatifs à la sécurisation du transport (dont l’implémentation de l’ETCS). 


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