Middelkerke, entre sport et culture

Deux courts de tennis en plein centre-ville à Westende. L’entité de Middelkerke ne manque pas d’atouts.

Middelkerke
Middelkerke ©Alexis Haulot
Philippe Farcy

La cité de Middelkerke et ses villages circonvoisins de Leffinghe et de Wilskerke en passant par Schore, Lombardsijde et Westende, possèdent toutes de petites mines pour les touristes. En 1924, une affiche de l’artiste Bailie signalait déjà la sportivité de Westende, en précisant quand même qu’Ostende se trouvait à 30 minutes. Cela va sans dire si on parcourait la distance en tram, en vélo ou en automobile. Il faisait bon vivre, comme aujourd’hui sans doute, et les bains gratuits ajoutaient aux charmes d’un village bordé de quelques maisons et de plusieurs bâtisses hôtelières, ce qui laissait à penser que l’accueil était excellent.

A Westende, la curiosité tient dans la présence en plein centre de six courts de tennis en dur, qui donnent du bleu à la place en toutes saisons. En y passant voir, nous vîmes deux paires de jeunes gaillards taper sur les balles jaunes avec une force et une précision rappelant des souvenirs de Roland-Garros. Il y avait un peu de monde aux tribunes et bien des chalands passant par hasard, habitués sans doute à ces compétitions quotidiennes.

Vers la sortie en direction de Nieuport, la commune a également cultivé un sport presque aussi fréquenté : les boules. Il ne manque que les platanes et un brin d’accent parfumé de lavande aux abords de la rue Johanna. A Westende, comme à Middelkerke et à Wenduine, le sud de l’agglomération est noyauté par des campings qui affichent leurs allées remplies de caravanes longues comme des 30 tonnes, sur des kilomètres.

Le tourisme de masse a favorisé ce type d’installation dans les années ‘60. Ces caravanes permanentes sont de plus en plus rejetées par les directeurs de campings qui s’efforcent de récupérer les espaces libérés après un bail, pour construire de petites maisons. De deux ou trois ares, on pousse les surfaces à près de dix ares et les heureux propriétaires ont en mains, leur dit-on, une vraie propriété. Cela a un coût mais il semble que le système soit profitable.

A Wenduine, des voisins de campings habitant à Ganshoren et résidant à la Côte depuis plus de 30 ans, disaient leur peine de voir les campings changer d’atmosphère. "Et puis surtout il y a ces jeunes qui ne respectent plus rien, qui pissent partout, ne vous saluent plus et ne savent plus rendre service. L’esprit des campings change, vous savez. On se connaît encore entre voisins, mais ce n’est plus pareil qu’il y a 20 ans".

Middelkerke a son casino, dont l’apparence n’est autre qu’une grosse maison plantée en bord de digue. Les photos de l’Irpa montrent la bâtisse de l’entre-deux-guerres où l’on jouait là aussi au tennis sur des cours en pavé de céramique. Il y avait trois terrains. La cité a mis en ligne un site internet qui permet de se rendre compte de la richesse du patrimoine local. Il y a bien sûr le domaine de Raversyde, le mur de l’Atlantique déjà d’usage en 14-18, et, dans ce même domaine provincial, diverses fermes qui furent reconstruites et regroupées comme elles le sont au Fourneau Saint-Michel près de Saint-Hubert. C’est beau et surprenant.

Plus près du village lui-même, vers Leffinghe, on trouve la belle et massive ferme carrée (en plan massé et donc sous une seule toiture en pavillon), dite "Fleriskothoeve". Elle avait un toit de chaume mais il brûla en 1957. La "Spermaliehoeve" sert de gîte et elle montre aussi le caractère authentique de ces bâtiments anciens. L’antique moulin de Monsieur Rommel se trouve à Leffinghe et on le visite.

Quelques maisons des années ‘30 dont l’ancien garage des automobiles Omnia et la villa "Les Zéphyres" qui est ouverte au public, gardent le souvenir d’un village attrayant. A Westende, enfin, on remarquera avec intérêt en allant vers Nieuport, l’hôtel Sint-Laureins.

L’idée n’est pas d’en faire de la pub, mais de le regarder comme une rareté. Son existence tient à ce que les villageois, agacés par les francophones, voulaient leur plage à eux. On y aménagea un restaurant qui s’est agrandi.

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