Les nouvelles révélations de Sybille de Sélys

La chaîne flamande Vier diffusait ce mardi soir le témoignage de Sybille de Sélys Longchamps. La mère de Delphine Boël s'est confiée sur sa relation avec Albert II. Découvrez les moments marquants de cette interview suivie par près de 500.000 téléspectateurs.

N.Cap. et A.W.
Les nouvelles révélations de Sybille de Sélys
©Vier

Ce n’est, évidemment, pas une coïncidence… Ce mardi, la chaîne privée flamande Vier et demain soir, RTL-TVi (qui en a racheté les droits pour la Belgique francophone) a diffusé la première partie d’une interview exclusive de la baronne Sybille de Sélys Longchamps due à Eric Goens, ancien responsable de l’info de VTM qui travaille aujourd’hui pour l’autre chaîne privée nordiste. Le programme a été suivi par 468.519 téléspectateurs. Morceaux choisis.

Le discours d'abdication

Le journaliste rencontre Sybille de Sélys Longchamps le jour de l'abdication du Roi, le 3 juillet, dans son village de Provence. Il lui apprend. Elle est surprise... Puis regarde le discours d'Albert à la télévision devant la caméra. Et semble très marquée par ce qu'elle voit, et entend.

« Ce n'est pas une vie de vivre caché... Une vie bousculée... J'aurais préféré quelque chose de plus calme. C'est pour ça qu'aujourd'hui je suis si fatiguée. Une grande forme de fatigue mentale. Pas de blessure, mais de la fragilité, cette fatigue et le sentiment d'être très peu soutenue aussi ».

La relation cachée, "les précautions ne sont pas prises"

Sybille de Sélys raconte alors les débuts de sa relation avec Albert II. Le chargé de la communication du Palais de l'époque fait obstacle à la presse et empêche la moindre révélation. Sauf à l'étranger. Un magazine italien révèle en effet l'affaire et publie des photos le 2/12/1970. On y parle d'une romance qui dure depuis trois ans alors qu'à l'époque Philippe, Laurent et Astrid ont respectivement 10, 7 et 8 ans. Treize ans plus tard, un média belge, "Père UBU", traitera à son tour de l'affaire.

« Tout le monde le savait... Lui (Albert) en a parlé. Moi je n'en ai parlé à personne. C'est de son côté qu'il y a eu du gossip. À Bruxelles, elle commençait aussi un peu à s'agiter, la Paola. Elle en parlait aussi à ses amis en disant "mon mari est avec cette femme, etc, etc...Il y avait ce gossip silencieux qui s'est installé dans la société. »

« Je croyais que je ne pouvais pas avoir d'enfant, donc les précautions ne sont pas prises... En fait, je l'ignorais, mais c'est mon mari qui ne pouvait pas avoir d'enfants... (...) Albert n'a pas réagi négativement quand je lui ai appris ma grossesse. »

La naissance de Delphine à Cavell et les 24 roses d'Albert

« C'est une période difficile pour moi, je mentais beaucoup avec les rendez-vous, les médecins, je devais cacher cela à mon mari etc... et ce n'est pas dans ma nature. »

« L'accouchement, qui devrait être un moment heureux, pour moi, n'évoque pas de bons souvenirs...Même si j'aime le petit enfant qui vient de naître, et qui lui ressemble (à Albert) comme deux gouttes d'eau »

« J'ai quand même reçu 24 roses rouges envoyées par Albert via un ami... »

« Après la naissance, je reloue une maison au Zoute et Albert nous y retrouve souvent moi et Delphine. Je me rappelle aussi d'une de leurs premières rencontres dans la forêt de Soignes »

« Il la prenait dans ses bras, se préoccupait beaucoup d'elle, mais ce n'est pas quelqu'un de paternel, c'est sûr. Je ne dirais pas qu'il était affectueux... Mais il m'a fait une remarque que je ne peux pas dire malheureusement aujourd'hui, très significative venant de lui. Que je peux un peu masquer en disant "avoir cet enfant, c'est quelque chose de très différent de ce que j'ai vécu avec les trois autres"

« Delphine est un enfant de l'amour... c'est ce que je lui ai dit en lui apprenant la vérité à ses 17 ans. La seule chose qu'elle a dit "au moins je n'aurai pas le grand nez et le sale caractère de Jacques Boël. »

"Paola était peu là"

« La mère (Paola) était peu là... Ses enfants étaient complètement abandonnés à leur triste sort. Lui était souvent parti, indépendamment de moi, pour son travail. Pas de doute qu'il s'entendait bien avec Astrid. Mais avec les deux garçons, il n'a pas su gérer ça. Laurent était de loin le favori de Paola. Albert me le racontait. Et elle était très injuste avec son aîné. On a vu certaines photos du passé où ils étaient tous là heureux, sur les genoux, etc.. c'était juste pour la photo. C'était symbolique.. Oui, c'était l'horreur.»

« Elle (Paola) était très difficile, elle n'était pas heureuse non plus, et très dure avec lui. Quand je l'ai rencontré, j'ai senti qu'il manquait de confiance en lui dans des proportions énormes. Elle, une Italienne gâtée... Lui, un homme sans expérience... Elle était très irrégulière au point de vue relation, criait beaucoup, trop sévère avec les enfants... Albert s'en faisait. Mais faisait-il quelque chose? Ça, je ne sais pas. »

« Ces trois enfants ont été malmenés à tous points de vue. Chaque année il m'écrivait: "La mère et les enfants, c'est l'enfer". Elle était épouvantable avec eux, il ne savait pas comment gérer. »

« Ce sont des gens qui n'ont pas été aimés et ont été incapables d'aimer... Leopold III, a-t-il aimé ses enfants? Sans amour on est très handicapé... Surtout quand ça se répète de générations en générations. »

Philippe? "Une forme d'autisme"

« Philippe est complètement différent d'Albert. Je le vois dans ses yeux... Philippe a eu une forme d'autisme. Il a vécu dans sa bulle, pour éviter les difficultés. »

Est-il capable de régner demande le journaliste: « Je crois qu'il a fait des progrès. Mais c'est difficile. Sa communication est difficile...Rien n'est impossible. Quand le père disparaît, souvent l'héritier se met à revivre. »

« Certains disent que si elle (Paola) partait avant lui, il me recontacterait... je ne sais pas si c'est souhaitable »


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