Jamais, auparavant, une telle assertion de la part d'Albert II

Albert II n’admet pas l’action en cours et refuse donc une fois pour toutes d’être considéré comme le père de Delphine Boël.

Jamais, auparavant, une telle assertion de la part d'Albert II
©Geoffroy Van der Hasselt
Christian Laporte

Albert II ne l’a pas dit face aux caméras, mais comme un des conseils du Palais, Me Guy Hiernaux, l’a précisé mardi autour de la nouvelle audience devant le tribunal de première instance de Bruxelles, Albert II n’admet pas l’action en cours et refuse donc une fois pour toutes d’être considéré comme le père de Delphine Boël.

Jusqu’ici, Albert II n’avait jamais pris une position aussi claire sur la question, même par avocat interposé. Par contre, pas question - et pour cause - de continuer à nier la réalité de la relation qu’il avait entretenue avec la mère de celle-ci, la baronne Sybille de Selys Longchamps… Reste que dans les heures qui avaient suivi la révélation d’une présumée fille naturelle dans le livre de Mario Danneels sur la reine Paola, le service de presse du Palais avait bien maladroitement communiqué et limité sa réaction au fait de dire qu’il n’avait "pas l’habitude de réagir à des rumeurs et à des ragots"

Au fil des semaines, cependant, et au fur et à mesure qu’on s’approchait du 4 décembre 1999, c’est-à-dire de la date du mariage du prince Philippe avec Mathilde d’Udekem d’Acoz, le ton de la communication changea : fin novembre, au terme de leur visite d’Etat au Portugal, lors de la traditionnelle rencontre avec les envoyés spéciaux de la presse belge, Albert et Paola s’étaient montrés plus unis, comme jamais auparavant, laissant entendre dans toutes nos langues nationales que plus rien ne pourrait désormais les séparer.

Mais pour qui savait lire entre les lignes de ce message, il devenait évident qu’ils n’en resteraient pas là et qu’ils avaient réellement envie de mettre eux-mêmes un terme à la polémique qui ne cessait de gonfler.

On attendait une réaction; elle vint finalement dans le message de Noël de décembre 1999. De fait, l’opinion publique n’aurait pas compris à ce moment précis que le roi Albert, accompagné de la reine Paola, se serait contenté de parler uniquement de l’heureux mariage de leur fils aîné.

"Un sujet qui appartient à notre vie privée"

Le couple royal expliqua dès lors que "la fête de Noël est aussi l’occasion pour chacun d’entre nous de penser à sa propre famille, à ses périodes heureuses mais aussi à ses moments difficiles". Et Albert II de dire que si la Reine et lui s’étaient "remémorés des périodes très heureuses", ils s’étaient aussi souvenus de "la crise que leur couple a traversée il y a plus de 30 ans". "Ensemble nous avons pu, il y a très longtemps déjà, surmonter ces difficultés et retrouver une entente et un amour profonds. Cette période de crise nous a été rappelée il y a peu. Nous ne souhaitons pas nous apesantir sur ce sujet qui appartient à notre vie privée. Mais, si certains qui rencontrent aujourd’hui des problèmes analogues pouvaient retirer de notre expérience vécue quelque motif d’espérer, nous en serions si heureux" avaient-ils conclu. Depuis lors, Albert II n’avait plus jamais évoqué ces faits.


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