La discrimination à l'emploi est une réalité en Belgique

Un premier monitoring socio-économique élaboré par le SPF Emploi et le Centre pour l'Egalité des chances et la lutte contre le racisme a confirmé la difficulté de participation au marché du travail belge pour une personne d'origine étrangère en comparaison aux autres Etats membres de l'UE.

Belga
La discrimination à l'emploi est une réalité en Belgique
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Un premier monitoring socio-économique élaboré par le SPF Emploi et le Centre pour l'Egalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) a permis de souligner la réalité d'une certaine discrimination à l'emploi en Belgique. Il confirme la difficulté de participation au marché du travail belge pour une personne d'origine étrangère en comparaison aux autres Etats membres de l'UE. L'étude a pour objectif d'orienter, à long terme, les politiques fédérales et régionales, ont indiqué jeudi ses auteurs lors d'un colloque consacré au sujet. Sans surprise, les personnes d'origine belge présentent le taux d'activité et d'emploi le plus élevé. De plus, elles sont surreprésentées dans les emplois de meilleure qualité (employés, fonctionnaires, emplois stables, temps plein, rémunérations plus élevées, ..).

A contrario, le taux d'emploi s'avère particulièrement faible chez les femmes issues des pays du Maghreb ou candidats à l'adhésion à l'UE (notamment Turquie et Macédoine).

Par ailleurs, certains clichés se confirment: les hommes originaires de l'UE-12 (douze derniers Etats membres de l'UE des 27) sont surreprésentés dans le secteur de la construction tandis que les Asiatiques sont davatange présents dans l'horeca. Par ailleurs, les femmes d'origine africaine (excepté le Maghreb) sont surreprésentées dans le secteur de la santé humaine et l'action sociale.

A terme, le monitoring socio-économique doit permettre de mesurer l'impact de la politique du marché du travail sur les personnes d'origine étrangère et "aider les politiques qui luttent contre la discrimination et favorisent l'insertion", a noté Pierre-Paul Maeter, président du comité de direction du SPF Emploi.

"Ce ne sont pas que des chiffres, le monitoring est un but en soi. Mesurer l'efficacité des politiques en matière de diversité n'est pas superflu", a ajouté Jozef De Witte, directeur du CECLR.

Le rapport, réalisé à la demande d'institutions, des autorités et d'organisations, se base sur les données du Registre national et de la Banque Carrefour de la Sécurité sociale.


Monica De Coninck: "Travailler est un facteur qui permet l'intégration dans notre société"

"Travailler est un facteur qui permet l'intégration dans notre société", a réagi jeudi la ministre de l'Emploi, Monica De Coninck, à la suite de la présentation du premier monitoring socio-économique élaboré par le SPF Emploi et le Centre pour l'Egalité des chances et la lutte contre le racisme. "Un emploi n'est pas seulement une source de revenus", a-t-elle insisté. 

"Il n'y a pas de grande surprise. Le monitoring confirme ce que les autres études avaient déjà mis en évidence: les personnes d'origine étrangère effectuent un travail plus précaire", a ajouté la ministre.

"Il est très important de travailler ensemble, à tous les niveaux politiques mais aussi avec les entreprises, et d'investir dans la formation et le coaching des jeunes, surtout dans les grandes villes. Notre devoir est d'aider ces jeunes à s'intégrer sur le marché de l'emploi car, dans quelques années, beaucoup de travailleurs prendront leur pension. Nous aurons alors besoin de jeunes parfaitement formés pour investir les postes vacants", a détaillé Monica De Coninck.

La ministre a souligné par ailleurs la réalité du racisme sur le marché du travail. "Il faut un changement de mentalité de certaines personnes qui refusent d'engager des allochtones. Or, j'ai remarqué que les entreprises qui travaillent activement à la diversité, sont nettement plus performantes", a-t-elle noté.

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