Jacques Boël ne se laissera pas faire

Le père légal de Delphine ne restera pas au balcon dans la procédure en contestation et reconnaissance de paternité intentée par Delphine Boël devant le tribunal civil de Bruxelles. Son avocat l’a dit, lundi, après l’audience d’introduction.

J.La.
Jacques Boël ne se laissera pas faire
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Il faudra compter avec Jacques Boël. Le père légal de Delphine ne restera pas au balcon dans la procédure en contestation et reconnaissance de paternité intentée par Delphine Boël devant le tribunal civil de Bruxelles. Son avocat l’a dit, lundi, après l’audience d’introduction, où un calendrier d’échange de conclusions (jusqu’au 7 juillet 2014) a été convenu entre les parties.

Si l’on tente de lire entre les lignes les réponses de son avocat, on peut déduire qu’il devrait s’opposer à la contestation de paternité. Même si Me Philippe Grégoire ne le dit pas explicitement.

Les positions des autres parties – Delphine Boël (ainsi que sa mère, Sibylle de Sélys Longchamps qui la soutient) et le roi Albert – sont connues.

Depuis la semaine dernière seulement pour Albert II, qui n’est plus couvert par l’inviolabilité du chef de l’Etat depuis qu’il a quitté le trône. “Il dit qu’il n’admet pas cette action et refuse d’être considéré comme le père de Delphine Boël” , avait indiqué Me Guy Hiernaux, avocat d’Albert II.

Avant d’envisager cette demande de reconnaissance de paternité, il faut toutefois écrire que Delphine Boël triomphe dans son action en paternité à l’égard de Jacques Boël. “On a glosé sur la position de mon client. On a avancé qu’il ne pourrait ne rien faire, qu’il subirait le procès, qu’il serait là comme spectateur et qu’il attendrait que le tribunal dise s’il est le père biologique ou pas” , rappelle Me Grégoire. Avant d’indiquer que “ce n’est pas la position qu’il a choisie. Il adoptera une position qui n’est pas une position d’attente, qui n’est pas une position de spectateur” .

Et à la question de savoir si l’on peut dès lors en déduire que Jacques Boël s’opposera à la contestation de sa paternité, Me Grégoire reste quelque peu dans le flou. “C’est une des options. Vous pouvez le déduire.” Il se refuse d’en dire plus : “Cela ne peut se faire comme cela. Il faut que les autres parties soient avisées en premier lieu de notre position” , dit-il.

La défense de Jacques Boël sera la première à conclure. Elle doit communiquer ses conclusions pour le 21 octobre. Mais Me Grégoire compte déjà écrire à ses confrères, jeudi, soit après la diffusion de la deuxième partie des entretiens que Sibylle de Sélys Longchamps a accordés à la chaîne Vier.

Dans la première partie, diffusée la semaine dernière, celle-ci avait présenté un portrait peu amène de son client. “La vérité de Mme de Sélys, telle que nous l’avons alors entendue, ne correspond pas en tout point à la vérité de M. Boël sur les éléments qui le concernent”, avance Me Grégoire, sans vouloir argumenter davantage.

“Il ne dit pas qu’elle ment. Il dit que Mme de Sélys omet certains détails qui pourraient avoir de l’importance. Il contestera ce qu’il estime devoir être contesté” , ajoute l’avocat. Il n’envisage en aucune manière d’entamer une action en justice après ces propos. “Cela ne lui a même pas effleuré l’esprit.”

Me Grégoire a longuement vu son client avant cette audience : “Il vit cette affaire de manière très sereine. Je ne pense pas qu’il soit stressé par cette procédure” , dit-il.

Le quotidien “Le Soir” avait évoqué des pressions à son égard. “M. Boël a été un capitaine d’industrie pendant des dizaines d’années. Je ne pense vraiment pas qu’on puisse faire pression sur lui” , dit son avocat. “Alors, un tel lui aurait-il téléphoné pour dire ‘écoute Jacques, j’ai rencontré un tel qui m’a dit ceci ou cela’. Peut-être, mais peut-on qualifier cela de pression ?” , ajoute Me Grégoire qui est formel : il n’y a pas eu de contacts avec le palais royal.

Les avocats d’Albert II tenaient de leur côté à temporiser. Et s’agaçaient quelque peu des sorties de Mme de Sélys Longchamps : “C’est devant le tribunal que l’on doit s’exprimer et pas devant les micros. Ne comptez pas sur moi pour ajouter un nouvel épisode à ce mauvais feuilleton qui viole la vie privée” , insistait Me Alain Berenboom.

“L’offre de services” du prince Laurent, dont le conseil indiquait, dimanche, qu’il pourrait se soumettre à un test ADN si on le lui demandait, n’ébranle pas Me Berenboom. “Ce n’est que quand la personne visée est décédée qu’on demande un test ADN des enfants” , estime-t-il. La sortie du conseil du prince Laurent ne laisse en tout cas pas indifférent le défenseur de Delphine Boël : “Nous en prenons acte” , glisse-t-il, un sourire aux lèvres.

J. La.

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