Femen Belgique s'arrête: "Ce n'était pas une démocratie, mais une autocratie."

Le mouvement féministe déclare être en désaccord total avec le "top", l’Ukraine.

Femen Belgique s'arrête: "Ce n'était pas une démocratie, mais une autocratie."
©Alexis Haulot
Al.D.

L’information est tombée hier en fin d’après-midi. Les Femen de Belgique, connues pour leurs manifestations seins nus dans tout le pays, cessent leurs activités, ont-elles annoncé mardi sur leur page Facebook. "Nous avons pris unanimement cette décision à la suite d’un désaccord concernant l’organisation internationale du mouvement", a confirmé Margo Fruitier, la leader du mouvement féministe belge composé d’un peu plus d’une dizaine d’activistes.

"Nous ne revenons pas sur l’idéologie du mouvement, mais bien sur la manière dont fonctionne ce groupe à l’échelle internationale. Nous n’avions rien à dire, tout était dicté par quelques personnes au niveau ukrainien. Ce n’était pas une démocratie, mais une autocratie", a-t-elle ainsi déclaré. Nous ne regrettons rien, nous avons mené toutes nos actions sincèrement", pouvait-on lire sur la page Facebook officielle du mouvement.

Pour rappel, les Femen belges ont mené leur première action, "topless jihad" devant une mosquée de Bruxelles. C’était le 4 avril 2013, elles n’étaient alors que cinq membres. D’autres féministes ont ensuite rejoint le mouvement, dont l’historique est marqué par plusieurs actions "coup de poing".

Ainsi, le 24 avril dernier, les Femen de Belgique avaient par exemple accueilli Monseigneur Léonard à l’ULB à coups d’eau bénite et de slogans "stop homophobia". Deux mois plus tard, le 25 juin, trois activistes du groupe montaient, seins nus, sur la voiture du premier ministre tunisien Ali Larayedh, en visite à Bruxelles, en réaction à la condamnation par un tribunal tunisien début juin de trois Femen européennes (deux Françaises et une Allemande). Plus récemment, les Femen belges ont manifesté devant l’ambassade d’Ukraine à Bruxelles en criant différents slogans tels que "Nos seins, nos armes" ou encore "Pacific fighter". La récente polémique autour de Victor Svyatski, qui aurait fondé le mouvement, et le récent départ de la militante tunisienne Amina Sboui ne seraient pas directement à l’origine de l’extinction de Femen Belgique, assure Margo Fruitier. "Il s’agit bien d’un désaccord quant à l’organisation internationale et à la communication au sein du mouvement", insiste-t-elle.

Dès lors, une question se pose. Quid pour l’avenir ? "Nous continuerons à nous battre dans un mouvement qui sera le nôtre et qui se développera d’abord en Belgique, certifie la leader. Nous n’y avons pas encore songé davantage à ce stade-ci, mais il est certain que nous continuerons à opérer selon le modus operandi qui est le nôtre aujourd’hui, à savoir de façon imprévue et en fonction de l’actualité. Garder le principe du topless ? C’est très probable, il n’y a pas que les Femen qui opèrent sur le terrain seins nus". Wait and see, comme on dit.



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