Plus tard, je serai... dépollueur ou coach solaire

Le Forem a publié une vaste étude sur les métiers qui auront la cote dans un horizon de trois à cinq ans. Il peut s’agir de nouvelles fonctions mais également de métiers existants qui vont évoluer.

Laurent Lambrecht
Urgences UCL Hôpital Médecin Malade Patient
Urgences UCL Hôpital Médecin Malade Patient ©Johanna de Tessières

Le Forem a publié une vaste étude sur les métiers qui auront la cote dans un horizon de trois à cinq ans. Il peut s’agir de nouvelles fonctions mais également de métiers existants qui vont évoluer. Vingt-six secteurs économiques ont été passés au crible au moyen de questionnaires adressés à 350 spécialistes des domaines en question.

Le résultat de cette analyse a été compilé dans un livre de 312 pages qui sera distribué aux politiques ainsi qu’aux recteurs des universités wallonnes. Car le but est, évidemment, d’adapter l’offre de formations aux futurs besoins des entreprises. Que ce soit dans les universités ou au sein du Forem.

L’étude se veut avant tout qualitative et ne donne pas d’évaluation du nombre d’emplois qui seront générés par ces métiers du futur. "La création de nouveaux métiers devrait avoir un impact sur le chômage mais dans certaines limites , note Jean-Claude Chalon, responsable de l’étude au sein du Forem. On sait qu’une partie du chômage est structurel en Wallonie."

A peine vingt métiers d’avenir sont peu qualifiés

Plusieurs éléments d’ordre général se dégagent des conclusions de l’étude. "Une des grandes tendances est que le marché de l’emploi va demander de plus en plus de qualification , explique Jean-Claude Chalon. Sur les 300 métiers répertoriés dans notre ouvrage, seuls une vingtaine nécessitent peu ou pas de qualification. Une autre évolution est l’importance accrue qui sera donnée aux compétences transversales comme la capacité de travailler en équipe. La connaissance des langues sera également de plus en plus utile sur le marché de l’emploi."

Actuellement, environ la moitié des demandeurs d’emplois wallons ne disposeraient pas de qualification. Parmi les métiers d’avenir, il en existe encore plusieurs qui ne nécessitent pas de qualification importante. On peut notamment citer : aide ménager, chauffeur de bus, cariste, barman, maraîcher, chauffeur livreur.

Le Forem liste également toute une série de nouveaux métiers qui devraient apparaître dans les trois à cinq ans (voir infographie ci-contre). Parmi eux figurent nettoyeur de panneaux photovoltaïques, sourceur, dépollueur, ventiliste, coach solaire, E-tuteur, nettoyeur d’image sur le Net, poseur d’isolant ou encore biostatisticien.

La frontière entre nouveau métier et évolution d’un métier existant est parfois mince. Si biostatisticien se retrouve dans les nouvelles fonctions, vendeur figure, lui, dans les métiers "hybride à fort potentiel". Il s’agit là de métiers qui vont se transformer et qui jouissent d’un fort potentiel.

"Avec l’explosion de la vente en ligne, on aurait pu penser que le métier de vendeur était menacé , déclare Jean-Claude Chalon. Or, il s’agit d’une fonction importante avec environ 15 000 vendeurs en Wallonie. Ce métier est donc appelé à évoluer pour se transformer en véritable conseiller en vente."

L’étude du Forem a également pointé toute une série de métiers à fort potentiel qui nécessiteront une formation très spécifique. Cette catégorie est plus particulièrement destinée à influencer l’offre de formations. On peut citer agent technico-commercial dans le secteur du bois, analyste de données médicales, expert en sécurité dans les TIC (Technologies de l’information et de la communication, conseiller en énergie, instituteur, encore Web développeur.

Par ailleurs, le Forem note qu’il y aura à l’avenir une augmentation des réglementations et certifications nécessaires à l’activité économique. Tout cela influencera les chaînes de valeur des entreprises (traçabilité, assurance, sécurité). En conséquence, la dimension juridique gagnera du terrain, ce qui engendrera des fonctions spécifiques.