Légaliser les drogues dures? C'est non pour Deleuze et Milquet

écolo J a proposé ce week-end de légaliser l'usage des drogues dures. A la tête d'Ecolo et du côté du ministère de l'Intérieur, on ne partage pas du tout cette idée.

Légaliser les drogues dures? C'est non pour Deleuze et Milquet
©BELGA
Antoine Clevers

"La répression des drogues est un échec ! écolo j trace les contours d’une nouvelle politique…" C’est par ces mots que les jeunes d’Ecolo ont réagi mardi, via un communiqué, à la volonté de la ville d’Anvers de sanctionner les détenteurs de cannabis d’une amende de 75 euros.

Pour écolo j, la piste de la répression est inefficace. Il propose de légaliser la vente des drogues douces via la création de coffeeshops, ainsi que légaliser la consommation de toutes les drogues, dures y compris…

"Les consommateurs de drogues dures ne doivent, selon nous, pas être considérés comme des criminels", explique Guillaume Le Mayeur, co-président d’écolo j. "Au contraire, ce sont souvent des gens en grande détresse qu’il faut aider." Son mouvement défend quatre mesures :

1. La légalisation de la possession de toutes les drogues pour un usage personnel.

2. La création de centres pour la vente de drogues douces (cannabis et dérivés). "Il s’agirait de coffeeshops sous la forme d’asbl", détaille Guillaume Le Mayeur. "Les bénéfices pourraient donc être réinvestis, éventuellement, pour étendre les activités."

Risque de banalisation ? "La consommation de drogues douces - pas les dures ! - est déjà banalisée, comme l’alcool ou le tabac. Alors autant avoir un cadre réglementé, avec des produits de qualité, et dont la vente générera des recettes pour l’État à utiliser dans les programmes de prévention."

3. La légalisation de la délivrance de drogues dures (héroïnes, cocaïnes…) dans le cadre de programmes de désaccoutumance, à l’image du projet pilote Tadam mené à Liège. Il visait à donner des doses très limitées d’héroïne à des toxicomanes afin de les sevrer. "On se situe dans un cadre médical", insiste le coprésident d’écolo j.

4. La prévention et l’aide aux toxicomanes.

Du côté d’Ecolo, le parti cette fois, "on se réfère au programme""Ecolo a le sien. écolo j a sa position. Chacun a ses nuances", nous dit le porte-parole.

Le programme, justement. Pas de référence à la légalisation de la détention des drogues dures, ni de leur délivrance. Mais il ouvre également la voie aux coffeeshops et à la légalisation du cannabis. "Ecolo estime qu’il est préférable que les pouvoirs publics prennent en charge la régulation et le contrôle du commerce du cannabis, tout comme pour l’alcool et le tabac", y lit-on.

Ecolo "pas d'accord"

De son côté, Olivier Deleuze, co-président d'Ecolo, a fait savoir sur RTL-TVi ce dimanche qu'il ne partageait pas du tout cette position des jeunes membres du parti. Face à Pascal Vrebos dans l'émission L'Invité, il a affirmé qu'il n'était "absolument pas d'accord" avec les idées d'écolo j. Et d'ajouter: "Nous n'avons, , à Ecolo, jamais été pour la légalisation des drogues dures, ce serait une très très mauvaise idée. Les gens qui prennent des drogues dures sont évidemment des gens malheureux, mais ça les détruit." Dont acte.

Joëlle Milquet "fermement opposée"

La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet (cdH), a annoncé par communiqué ce dimanche qu'elle était "fermement opposée à tout changement de la législation concernant les drogues dures qui font des ravages mortels auprès des jeunes et moins jeunes. La ministre conclut: "Les jeunes Ecolos n'ont-ils rien d'autre à proposer aux jeunes que de recourir sans problèmes aux drogues dures?"


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