La Belgique prête à aider l'ONU pour détruire l'arsenal chimique syrien

Les Etats-Unis et la Russie ont trouvé la semaine dernière un accord qui donne une semaine à Damas pour présenter une liste de ses armes chimiques en vue de leur enlèvement .

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La Belgique prête à aider l'ONU pour détruire l'arsenal chimique syrien
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La Belgique est disposée à mettre son expertise à disposition des Nations Unies pour contribuer, moyennant certaines conditions, à une opération de destruction de l'arsenal chimique syrien, comme convenu entre Washington et Moscou, a annoncé jeudi son ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. "Nous sommes prêts à examiner toute demande qui nous parviendrait en matière de (contribution à la) destruction des armes chimiques syriennes dans un cadre onusien", a-t-il déclaré à l'agence BELGA à l'issue d'un entretien avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, alors qu'il accompagne la reine Mathilde en visite à New York.

M. Reynders a toutefois souligné qu'une éventuelle participation belge à une telle opération devrait être conditionnée à des garanties de sécurité pour le personnel qui serait déployé en Syrie, en proie à plus de deux ans de guerre civile qui a déjà fait plus de 110.000 morts selon l'ONU.

Il avait déjà évoqué la question mardi au parlement, expliquant que la contribution belge pourrait être financière mais aussi technique avec l'envoi d'experts militaires sur le terrain ou aux frontières de la Syrie ou bien encore dans un autre lieu de destruction de ces armes. Toute décision devra cependant recueillir l'aval du gouvernement, voire du parlement.

Les Etats-Unis et la Russie ont trouvé la semaine dernière, à l'issue de trois jours de réunion à Genève de leurs ministres des Affaires étrangères, John Kerry et Sergueï Lavrov, un accord qui donne une semaine à Damas pour présenter une liste de ses armes chimiques en vue de leur enlèvement d'ici la mi-2014. Cet accord doit se traduire par l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité contraignant la Syrie à respecter un plan de démantèlement de son arsenal chimique, que Washington souhaite voir adoptée dès la semaine prochaine. Le régime de Damas s'est dit prêt à adhérer sans délai à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

La Belgique, où un gaz de combat, l'ypérite (ou gaz moutarde), a été utilisé pour la première fois par l'armée allemande près d'Ypres, en juillet 1917, dispose notamment à Poelkapelle (Flandre occidentale) d'une installation de destruction des munitions chimiques encore régulièrement retrouvées dans la région.

Lors de son entretien avec M. Ban, le chef de la diplomatie belge a aussi insisté sur l'importance du volet humanitaire en Syrie, alors que sept millions de personnes touchées par le conflit ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence, selon l'ONU.

Selon le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), quelque 742.000 Syriens se trouvent au Liban, 519.000 en Jordanie, 463.000 en Turquie, 186.000 en Irak et 124.000 en Egypte.

M. Reynders, qui a pris l'initiative de convaincre une bonne vingtaine de dirigeants - européens, mais aussi africains et asiatiques - de signer une carte blanche à paraître samedi dans la presse internationale, a émis l'espoir que l'envoi en Syrie d'inspecteurs de l'ONU chargés de veiller au démantèlement de l'arsenal chimique permette aussi "une présence plus forte en matière humanitaire".


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