Manif des demandeurs d'asile afghans: 50 arrestations administratives

Les forces de l'ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes cette après-midi pour disperser les manifestants. Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées, dont une susceptible de poursuites judiciaires. On dénombre au moins 4 blessés.

Manif des demandeurs d'asile afghans: 50 arrestations administratives
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A la suite de la dispersion de la manifestation des demandeurs d'asile afghans, mercredi peu avant 18h00, à hauteur du carrefour Arts-Loi, à Bruxelles, la police a procédé à 50 arrestations administratives et une arrestation judiciaire. Les autres manifestants ont été invités par les forces de l'ordre à quitter les lieux comme préalable à la relaxe éventuelle des personnes arrêtées, a constaté une correspondante de l'agence Belga sur place. 

Le président de la Ligue des droits de l'Homme, Me Alexis Deswaef, s'est rendu sur les lieux après l'annonce des arrestations. Il plaide pour un moratoire sur les expulsions d'Afghans qui séjournent en Belgique depuis plusieurs années et qui semblent bien intégrés, a-t-il indiqué à Belga. Me Deswaef demande par ailleurs un titre de séjour provisoire pour ces personnes tant que la situation ne s'est pas stabilisée dans leur pays.

"Cela ne concerne pas des milliers de personnes, mais le problème est en train de prendre de l'ampleur à cause de l'intransigeance de (la secrétaire d'État à la Politique de Migration et d'Asile) Mme (Maggie) De Block", a-t-il ajouté.

Parmi les personnes arrêtées, on dénombre au moins quatre blessés, a encore affirmé le président de la Ligue.

Une centaine de demandeurs d'asile afghans qui manifestaient depuis mercredi matin aux abords du cabinet Di Rupo, dans l'espoir d'être reçus par un représentant du Premier ministre, ont été dispersés par la police peu avant 18h00. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Depuis une quinzaine de jours, quelque 400 ressortissants afghans, qui occupent illégalement un bâtiment de la rue du Trône, à Ixelles, manifestent afin d'obtenir un titre de séjour.


Un plombier afghan de 21 ans expulsé vers son pays d'origine

Le Commissariat Général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA) a décidé mercredi d'expulser vers son pays d'origine Navid Shariffi, un plombier afghan de 21 ans résidant à Waregem. Il devrait donc prendre place dans un avion à destination de Kaboul vendredi, même si son avocat n'est pas encore résigné. Navid Shariffi est parfaitement intégré en Belgique, soulignent son employeur et ses collègues. Il parle néerlandais, possède un emploi et habite avec une jeune femme et leur enfant.

Le jeune Afghan aurait déjà dû quitter le territoire mardi, mais son avocat avait déposé une nouvelle demande d'asile qui a reporté la procédure.

"Le CGRA n'a même pas considéré notre dernière demande", déplore Me Staelens. Celui-ci assure qu'il fera le maximum pour permettre à M. Shariffi de rester en Belgique, même s'il reconnaît que ce ne sera "pas évident".

Le demandeur d'asile n'est plus retourné en Afghanistan depuis sa plus tendre enfance, précise-t-on.


Le Samusocial bruxellois renonce à utiliser son bâtiment de la rue du Trône

Alors qu'une centaine de demandeurs d'asile afghans ont manifesté mercredi après-midi aux abords du cabinet du Premier ministre dans l'espoir d'obtenir un titre de séjour, le Samusocial bruxellois a annoncé dans la soirée qu'il renonçait à utiliser son bâtiment de la rue du Trône, actuellement occupé par ces demandeurs d'asile. "Compte tenu de la situation d'occupation de l'immeuble de la rue du Trône par des demandeurs d'asile afghans et vu la nécessité de débuter les travaux cette semaine pour garantir l'opérationnalité du centre d'hébergement au début du mois de novembre pour les personnes sans-abri, le Samusocial a décidé de renoncer à l'utilisation de ce bâtiment dans le cadre du Plan hiver 2013-2014", a précisé l'institution bruxelloise.

"Dans le souci permanent de trouver une issue réfléchie à cette situation, le Samusocial a organisé depuis le 8 septembre plusieurs rencontres avec les représentants des occupants du centre qui s'étaient engagés à libérer les lieux dans les jours qui suivaient. Mais après 17 jours d'occupation, nous devons constater que rien n'indique une libération rapide des lieux", poursuit-il dans un communiqué.

Ne pouvant prendre le risque "de compromettre la bonne organisation de l'accueil hivernal des sans-abri, le Samusocial se voit donc contraint de rechercher un autre bâtiment pour le Plan hiver 2013-2014 qui doit être opérationnel pour le mois de novembre", conclut-il.

L'occupation du bâtiment de la rue du Trône a débuté le 8 septembre dernier.



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