Prison au Maroc: "Irréaliste et inapplicable", selon Turtelboom

La ministre de la Justice Annemie Turtelboom confirme avoir elle-même fait examiner la faisabilité d'une prison au Maroc. Contrairement à Bart De Wever, elle assure que c'est impensable.

Prison au Maroc: "Irréaliste et inapplicable", selon Turtelboom
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La ministre de la Justice Annemie Turtelboom confirme avoir elle-même fait examiner la faisabilité d'une prison au Maroc. "C'est sur cette base qu'elle a pu dire que cette proposition est irréaliste et inapplicable. Tout comme nous pouvons dire que l'idée d'une prison-bateau est impossible en raison de la législation complexe en Flandre", indique son cabinet. Le président de la N-VA Bart De Wever avait suggéré dans une interview de construire une prison au Maroc. "Je ne suis pas ministre de la Justice, mais je l'aurais essayé depuis longtemps", déclarait-il à Humo. L'idée n'est pas neuve, le Vlaams Belang l'avait déjà émise dans le passé.

La ministre de la Justice a laissé entendre dans Terzake (VRT) que l'idée est impayable et irréalisable.

Selon le quotidien Laatste Nieuws, la ministre a elle-même fait examiner cette piste, et des discussions ont eu lieu avec le Maroc. Le député N-VA Theo Francken a vivement réagi sur Twitter: "Turtelboom a négocié des mois avec le Maroc sur la construction d'une prison. Sa critique est déplacée".

Le cabinet de la ministre confirme que la faisabilité d'une prison marocaine a été étudiée. "L'exécution des peines est une de nos trois priorités. Pour pouvoir le réaliser sur une si petite législature, nous avons examiné toutes les pistes, même les plus folles, comme celle du Vlaams Belang. C'est justement pour cela que la ministre, en connaissance de cause, a pu dire que cette proposition est irréaliste et inapplicable", y indique-t-on.


Vers une solution pour les permanences Salduz

La ministre de la Justice a également indiqué qu'elle travaille à une solution pour garantir les permanences Salduz. Elle réagit ainsi au cri d'alarme de l'Ordre des barreaux flamands (OVB), qui avait appelé mercredi le gouvernement à dégager de toute urgence des moyens, faute de quoi les permanences Salduz devront s'arrêter, privant les suspects arrêtés d'avocat pendant leur audition. Légalement, un avocat doit être présent lors de l'audition d'un suspect par la police et le juge d'instruction. Les barreaux ont pour ce faire organisé, en collaboration avec les autorités, les "permanences Salduz".

"Selon un protocole du 11 mai 2012, le coût des permanences Salduz est pris en charge par les pouvoirs publics", explique le président de l'OVB Edgar Boydens. "Un budget de 2.325.000 euros avait été dégagé pour 2012. En 2013, on a apuré le solde de 2012, et maintenant, il n'y a plus d'argent. Si nous ne recevons pas d'argent dans la semaine, les permanences s'arrêteront."

Cela aurait pour conséquence que plus personne ne pourrait légalement être placé sous mandat d'arrêt. "Si on ne peut pas appeler un avocat, la loi n'est pas correctement appliquée."

La ministre de la Justice fait savoir jeudi qu'elle travaille à une solution, mais son cabinet ne souhaite pour le moment pas en dire plus sur le contenu.


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