Expulsion d'un plombier afghan: L'employeur de Sharifi plaide pour le retour du jeune Afghan

L'employeur de Navid Sharifi va tenter de faire revenir en Belgique le jeune Afghan expulsé mardi midi, a-t-il indiqué mardi soir à la chaîne régionale Focus WTV. La société Madelec, située à Waregem, pour laquelle travaillait Navid Sharifi, regrette d'avoir perdu "un plombier doué et motivé". "

Expulsion d'un plombier afghan: L'employeur de Sharifi plaide pour le retour du jeune Afghan
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Le Premier ministre Elio Di Rupo a apporté mardi, en marge d'une leçon académique à l'université de Gand, son soutien à la secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Maggie De Block, alors qu'il était interrogé sur le dossier d'expulsion de l'Afghan Navid Sharifi. "J'ai confiance dans la politique de notre ministre (sic) Maggie De Block; elle essaie en tout cas de trouver une solution", a-t-il déclaré.

M. Di Rupo a refusé de se prononcer sur un cas spécifique, mais a dit "comprendre la situation". "La loi est la loi pour chacun", a-t-il commenté.

Il a souligné l'importance d'une meilleure répartition des richesses entre les pays pour résoudre de manière fondamentale les problèmes migratoires.

Navid Sharifi à bord d'un vol pour Kaboul, via Moscou

Navid Sharifi, le plombier afghan âgé de 23 ans dont toutes les demandes d'asile, de régularisation et les recours ont jusqu'à présent été rejetés par les autorités belges compétentes, a été conduit mardi matin par la police à l'aéroport de Zaventem, où il a été placé dans un avion décollant à 11h20 pour Kaboul, via Moscou. L'homme ne s'est plus rendu depuis son enfance dans la capitale afghane.

Le jeune homme avait vu lundi soir sa quatrième et dernière demande de régularisation rejetée par l'Office des Etrangers. Le recours introduit en vitesse au Conseil du Contentieux des Etrangers a quant à lui été rejeté mardi matin, confirmant l'expulsion de Navid Sharifi, habitant de Wielsbeke. Un tournant du dossier a été la découverte de l'implication supposée du jeune afghan dans une querelle entre familles. Ce serait la crainte de représailles suite à la blessure infligée à un autre homme qui l'aurait poussé à fuir l'Iran en 2008, et non la guerre. Son avocat, Pieter-Jan Staelens, envisage d'aller en Cassation.

Depuis 2010, 44 rapatriements forcés vers l'Afghanistan

Entre 2010 et le mois de juillet dernier, 44 personnes ont été renvoyées de force en Afghanistan, a indiqué mardi la secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Maggie De Block, en Commission de la Chambre en réponse à des questions de Karin Temmerman (sp.a) et Theo Francken (N-VA). Aucun de ces rapatriements n'a visé des familles avec des enfants mineurs. L'on a recensé par ailleurs 114 personnes qui ont choisi le rapatriement volontaire, dont un mineur non accompagné et 11 mineurs qui sont repartis avec leur famille.

Au cours de la même période, 7.686 personnes qui ont déclaré posséder la nationalité afghane ont demandé l'asile en Belgique. Parmi elles, l'on a relevé 2.256 personnes non accompagnées qui disaient être mineures d'âge. Un tiers dispose d'un droit de séjour. Six ont fait l'objet d'une expulsion parce qu'ils n'étaient pas mineurs ou étaient devenus entre-temps majeurs.

Au total, sur 7.686 demandeurs d'asile venant d'Afghanistan, 1.326 ont été reconnus en tant que réfugiés politiques et 2.030 jouissent du statut de protection subsidiaire.

Selon les statistiques invoquées par la secrétaire d'État, 56% des demandeurs d'asile afghans ont reçu la protection de la Belgique, tandis que la moyenne européenne s'établit à 49%.

Dans la polémique qui a entouré le rapatriement de Navid Sharifi, plusieurs organisations ont réclamé un moratoire sur les expulsions vers l'Afghanistan. Mme De Block n'y est pas favorable. A ses yeux, il s'agirait d'un mauvais signal si la Belgique prenait seule une telle initiative.

L'employeur de Sharifi plaide pour le retour du jeune Afghan 

L'employeur de Navid Sharifi va tenter de faire revenir en Belgique le jeune Afghan expulsé mardi midi, a-t-il indiqué mardi soir à la chaîne régionale Focus WTV. La société Madelec, située à Waregem, pour laquelle travaillait Navid Sharifi, regrette d'avoir perdu "un plombier doué et motivé". "

Je consulterai mon avocat mercredi pour voir s'il est possible de demander un permis de travail" pour Navid Sharifi, a affirmé le directeur de la société Rony Maesen à la chaîne régionale. Navid Sharifi, dont toutes les demandes d'asile, de régularisation et les recours ont jusqu'à présent été rejetés par les autorités belges compétentes, a été conduit mardi matin par la police à l'aéroport de Zaventem, où il a été placé dans un avion décollant à 11h20 pour Kaboul, via Moscou. L'homme, âgé de 23 ans, ne s'était plus rendu depuis son enfance dans la capitale afghane. 

D'après la chaîne de télévision VTM, Navid Sharifi aurait également reçu l'interdiction d'entrer sur le territoire belge pour une durée de trois ans, mais son avocat aurait interjeté appel.


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