Nouvelle manifestation afghane devant le cabinet d'Elio Di Rupo

Les Afghans réclament un titre de séjour et un permis de travail.

Nouvelle manifestation afghane devant le cabinet d'Elio Di Rupo
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Quelque 300 Afghans et personnes qui soutiennent leur cause manifestent vendredi devant le cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo à Bruxelles. Le 26 septembre, une manifestation d'Afghans avait déjà été organisée au même endroit. Les manifestants avaient été alors dispersés par la police et certains d'entre eux avaient été arrêtés.

Les Afghans réclament un titre de séjour et un permis de travail. Ils revendiquent un titre de séjour valable pour cinq ans pour ceux qui sont en Belgique depuis au moins cinq ans, un titre de séjour valable pour un an pour ceux qui sont ici depuis moins de trois ans et un permis de travail C (qui peut être obtenu par des personnes en séjour temporaire ou dont les conditions de séjour sont précaires). Ils demandent par ailleurs la libération d'Afghans se trouvant actuellement en centres fermés.

Jeudi, une délégation de demandeurs d'asile afghans avait été reçue au cabinet de la secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Maggie De Block, tandis qu'environ 200 Afghans manifestaient devant le bâtiment.

Depuis un mois, ce groupe d'Afghans manifestent régulièrement dans les rues de Bruxelles.

L'Université Libre de Bruxelles (ULB) héberge actuellement une septantaine d'Afghans en ses locaux. Cette mesure provisoire, qui répond à une urgence humanitaire, est en vigueur jusqu'à ce vendredi.


Une délégation reçue...

Une délégation composée de deux demandeurs d'asile afghans, de l'avocate de plusieurs ressortissants afghans, du président de la Ligue des droits de l'Homme et d'une représentante de l'asbl Bruxelles Laïque a été reçue vendredi au cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo. Selon la délégation, les résultats de cette entrevue n'ont rien livré de positif. La délégation a été reçue par le conseiller juridique du Premier ministre et par la chef de cabinet de la secrétaire d'Etat à l'Asile et l'Immigration Maggie De Block.

D'après l'avocate de plusieurs familles afghanes en situation irrégulière, Selma Benkhelifa, "l'entretien était très négatif et la délégation s'est vue rétorquer que le Premier ministre soutenait Mme De Block".

"Nous leur avons demandé s'ils voulaient réellement trouver une solution juridique à cette crise ou s'ils préféraient continuer le bras de fer. Ils nous ont répondu que la solution se trouvait dans les départs volontaires", a-t-elle poursuivi.

"Nous leur avons également demandé de libérer les Afghans qui se trouvent dans les centres fermés. Ce à quoi ils nous ont répondu de faire des demandes individuelles. Mais toutes se soldent par des refus", a-t-elle encore expliqué.

Le président de la Ligue des droits de l'Homme, Alexis Deswaef, a pour sa part insisté sur l'application de la directive retour qui stipule que l'Etat doit organiser le séjour des demandeurs d'asile en Belgique, même temporairement.


 Le Conseil du Contentieux des Etrangers suspend les arrêtés d'expulsion de dix Afghans

Le Conseil du Contentieux des Etrangers a suspendu les arrêtés d'expulsion d'au moins dix des 42 demandeurs d'asile afghans qui avaient été arrêtés la semaine passée lors d'une manifestation à Bruxelles et placés en institution fermée en vue de leur expulsion, a indiqué vendredi à l'agence Belga Ivo Flachet, dont le bureau défend neuf réfugiés afghans. Les Afghans concernés devraient être libérés immédiatement, mais l'Office des Etrangers refuse de procéder à leur libération, selon l'avocat. Le Conseil estime que l'Office des Etrangers, service dont la secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Maggie De Block (Open Vld) est responsable, a fait preuve de négligence dans ses prises de décisions. Une éventuelle violation de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme, qui interdit la torture et les traitements inhumains, doit être étudiée en profondeur, estime-t-on.

"Les arrêts du Conseil du Contentieux des Etrangers indiquent que l'Office des Etrangers a pris ses décisions trop rapidement et n'a pas étudié la situation actuelle en Afghanistan", détaille l'avocat.

"La suspension des arrêtés d'expulsion a pour conséquence que les Afghans concernés doivent être libérés, mais l'Office des Etrangers refuserait de procéder à leur libération. Ils sont donc actuellement détenus sans droit ni titre", affirme Ivo Flachet. "En tant qu'avocats des familles afghanes, (...) nous demandons la libération immédiate de tous les Afghans et la tenue d'un débat sérieux sur la nécessité de protéger ces personnes. Il faut mettre en place un moratoire sur les expulsions vers l'Afghanistan", conclut-il.


Logés jusque lundi dans un bâtiment à Saint-Gilles

Deux cents des demandeurs d'asile afghans expulsés jeudi 26 septembre de leur squat de la rue du Trône, à Ixelles, ont retrouvé un logement temporaire dans un bâtiment désaffecté à Saint-Gilles. Le propriétaire des lieux a en effet accepté leur présence jusqu'à lundi. Les 200 demandeurs d'asile afghans ont retrouvé un hébergement, dans le courant de la journée de vendredi, dans un bâtiment vide situé au 54 de la chaussée de Charleroi.

Diverses associations ont fait appel au secrétaire d'Etat bruxellois au Logement, Christos Doulkeridis (Ecolo), afin qu'il prenne contact avec le propriétaire du bâtiment pour négocier une occupation temporaire.

Le propriétaire des lieux, la société Ecotack, a accepté de les héberger jusque lundi, mais il a précisé que des tractations étaient en cours pour vendre le bâtiment. Un acheteur devrait en effet se présenter mardi pour visiter les lieux.

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