Paria francophone en Flandre

L’Union des francophones n’a plus de représentant à la commission du Pacte culturel

Paria francophone en Flandre
©IPM
Christian Laporte

Cela tombe mal : alors que la ministre Laanan (PS) ne cache pas sa joie d’avoir conclu un accord culturel avec la Flandre, cette dernière a réaffiché sa pire mauvaise foi à l’encontre des francophones de Flandre. Sous l’impulsion du Belang et avec la bénédiction de la N-VA qui n’a pu que rejoindre sans ciller son “frère ennemi séparatiste” non démocrate, le Vlaams parlement a refusé de désigner un nouveau représentant de l’UF qui aurait eu une voix consultative au sein de la commission nationale du Pacte culturel en vertu de cette fameuse loi de 1975 qui entendait protéger les minorités idéologiques et philosophiques partout dans le pays.

Le député Christian Van Eyken avait proposé d’y nommer Frédéric Calmeyn, le frère d’Alexis, actuel bourgmestre de Drogenbos à la place de leur sœur Ariane qui en a fait partie sans jamais susciter la moindre réaction mais qui a déménagé depuis lors à Woluwe-St-Lambert. Mais le Belang a d’emblée demandé le vote d’une motion contre la désignation d’un représentant de l’UF parce que “cette formation politique refuse d’admettre l’homogénéité territoriale de la Flandre, en défendant des bourgmestres et échevins qui violent très régulièrement la législation linguistique”.

Voilà une version radicalement “vlaamsvoelend” de la paille et la poutre bibliques. Car comme nous l’a précisé le député Van Eyken, “les bourgmestres francophones de la périphérie n’ont jamais discriminé aucun de leurs citoyens flamands et encore moins fait du grabuge comme certains élus nationalistes lorsque les réalités électorales les dérangent”…

L’Union des francophones n’en restera pas là : elle va faire interpeller Fadila Laanan au Parlement francophone sur la manière d’agir utilisée par son alter ego nordiste “pour protéger les minorités culturelles dans la perspective de l’accord de coopération culturelle entre les Communautés française et flamande”.   En tout cas, Christian Van Eyken a pu jauger ses collègues : publiquement, seul un collègue SP.A Kurt De Loor l’a applaudi. Lors du vote secret, 20 membres sur 92 présents ont soutenu Frédéric Calmeyn et 20 se sont abstenus. Des députés flamands visiblement peu au fait que la dynastie Calmeyn dirige Drogenbos, une des six communes à facilités depuis 1965. Et surtout que ni sous Jean pendant 39 ans, ni sous Alexis Calmeyn, depuis 2004, cette entité n’a jamais connu la moindre poussée de fièvre communautaire…

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