2 400 € pour les fonctionnaires qui choisissent Bruxelles

De Lille veut inciter les fonctionnaires à vivre dans la capitale.

Frédéric Chardon
2 400 € pour les fonctionnaires qui choisissent Bruxelles
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Les fonctionnaires bruxellois qui ont choisi de vivre dans les limites géographiques de la Région de Bruxelles-Capitale ont droit à une petite prime pour compenser le coût de la vie plus élevé qu’ailleurs. Ce bonus, qui s’ajoute donc aux salaires des agents, baptisé "prime de la vie chère" est d’environ 45 euros brut par mois et par agent. Ce n’est pas énorme, c’est clair.

Par conséquent, le ministre bruxellois en charge de la Fonction publique (mais aussi de la Mobilité), Bruno De Lille (Groen), souhaite augmenter drastiquement ce montant dès que la Région aura dégagé des marges budgétaires. Combien ? Bruno De Lille veut fixer le bonus en question à 200 euros brut par mois (soit 2 400 euros brut par an) afin d’inciter les fonctionnaires bruxellois à habiter dans la région pour laquelle ils travaillent.

"Ces 200 euros par mois de prime mensuelle pour habiter à Bruxelles, c’est mon objectif pour les fonctionnaires de la Région, confie Bruno De Lille. Les syndicats disent que la prime actuelle de 45 euros induit une discrimination mais ce n’est pas vrai : le Conseil d’État va probablement nous donner raison sur ce point suite à un recours déposé par les syndicats. Pour moi, ce n’est pas une discrimination parce que cette prime est ouverte à tous les fonctionnaires régionaux."

Budget : 9,6 millions par an

Actuellement, sur les 8 000 agents de la Région 4 000 habitent déjà Bruxelles. L’évolution du bonus pour la vie chère de 45 à 200 euros aurait un coût très important : potentiellement, 9,6 millions par an. Mais Bruno De Lille relativise : "Il ne sera évidemment pas possible de débloquer un tel budget d’ici la fin de la législature. Il faut d’abord que des marges budgétaires plus importantes soient dégagées. L’important est bien sûr de garantir l’équilibre des finances de la Région. Toutefois, le gouvernement a déjà convenu que, lorsqu’il y aura des marges, la prime augmentera. Je pense que c’est un bon système car, sur le long terme, c’est intéressant pour la Région : les agents font partie de la classe moyenne et quand ils s’installent chez nous, ils paient aussi des taxes. Je crois que la Région sera même gagnante d’un point de vue budgétaire avec une grosse augmentation de la prime. C’est au début qu’il faudra payer mais, dans les deux ans, les premiers revenus supplémentaires vont venir via la fiscalité."

Une exigence de Groen

Proposer, c’est bien. Mais ce bonus à 200 euros est-il vraiment possible compte tenu des réalités financières de la Région de Bruxelles-Capitale ? Pour le ministre de la Fonction publique, il faudra dégager dans les années à venir des bonis plus importants et puis faire des choix politiques sur leur affectation. "Actuellement, le budget 2014 en léger boni est le fruit de beaucoup d’efforts. On a voulu montrer de manière symbolique que Bruxelles ne se plaint plus. Mais il faudra des surplus budgétaires plus importants encore à l’avenir. Ce n’est pas avec nos 6 millions actuels de boni qu’on va payer nos 3 milliards de dette… Il y a donc un long travail à faire. Ce sera au prochain gouvernement de prendre cette responsabilité. Si je suis dans le prochain exécutif régional, j’agirai pour que l’on introduise des augmentations de la prime dès 2015 avec pour objectif, à terme, les 200 euros. Il faut avoir le courage de défendre ce genre de choses. Cela fera partie des demandes de Groen pour rentrer dans le prochain gouvernement : pouvoir augmenter considérablement le montant qui existe aujourd’hui."