Violences contre les forces de l'ordre : "La coupe est pleine"

Les syndicats policiers mèneront une action sur la violence contre les forces de l'ordre le mercredi 23 octobre prochain à Bruxelles, annoncent-ils lundi. Et ce malgré une entrevue avec la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet lundi après-midi.

Belga
Violences contre les forces de l'ordre : "La coupe est pleine"
©D.R.

Une action des syndicats le 23 octobre

Les syndicats policiers mèneront une action sur la violence contre les forces de l'ordre le mercredi 23 octobre prochain à Bruxelles, annoncent-ils lundi. Et ce malgré une entrevue avec la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet lundi après-midi. "Les gens en ont en ras-le-bol", tonne Vincent Houssin, du SLFP-Police. Lors de l'entrevue avec Joëlle Milquet, prévue de longue date, les affrontements de vendredi à Houthalen ont été abordés. Si la ministre a bien demandé une enquête sur ces incidents, cela ne s'est fait que sous la pression des syndicats, selon le syndicaliste libéral.

La coupe est pleine pour les représentants des travailleurs. Ils vont lancer dans les prochains jours un appel à ce qu'un maximum de personnes participent à leur action du 23 octobre, qui devrait avoir lieu dans le quartier de la rue de la Loi. Il n'est néanmoins pas (encore) question de grève.

Récit des faits

Les jeunes qui ont grièvement blessé un agent de police, vendredi, dans le quartier Meulenberg à Houthalen-Helchteren (Limbourg), ont ensuite essayé de lui prendre son arme de service, ressort-il du récit des faits relaté lundi par le chef de corps Jean-Paul Lucas. Le bourgmestre Alain Yzermans a quant à lui voulu témoigner sa compassion à la famille et aux collègues du policier qui se trouve toujours dans le coma à l'hôpital. "Nous comprenons leur colère", a dit Alain Yzermans.

Le chef de corps Lucas a ensuite donné la description des faits de vendredi. "Munis de l'ordre d'exécuter un mandat d'arrêt, nous nous sommes rendus sur place avec deux véhicules. Nous nous sommes heurtés à une forte résistance de la part des proches de la personne à arrêter", a expliqué le commissaire.

"Nous sommes revenus bredouilles et avons demandé du renfort. Nous avons préparé très minutieusement avec 80 agents une deuxième tentative et nous sommes tout de suite retournés sur place", a-t-il poursuivi. "Nous avons pu en quelques minutes procéder à l'arrestation prévue. Mais les choses ont dérapé lors du retour lorsque nos véhicules ont été la cible de jets de pierre. La foule a encore tenté de prendre l'arme de notre collègue blessé. Ce n'est qu'après que le calme est revenu."

"Nous ne nous laisserons pas faire"

Après le récit des faits de vendredi à Houthalen relaté par le chef de corps, le bourgmestre Alain Yzermans a donné quelques éclaircissements supplémentaires. "Notre stratégie reste de donner un signal clair quant au fait que nous n'allons pas nous laisser faire. Nous devons être mieux armés afin de pouvoir nous défendre en cas d'agressions de ce type", a affirmé le bourgmestre. "Nous exigeons d'abord et surtout plus de respect pour la police. Si nous ne sommes plus en état de procéder à des arrestations, il y a quelque chose qui ne va plus dans notre société", a-t-il poursuivi.

"Nous avons insisté auprès des ministres Milquet et Turtelboom pour réanimer d'urgence les groupes de travail se penchant sur la question de prévoir des peines plus sévères pour les agresseurs des agents de police. Nous demandons plus de matériel de sécurité, tels des casques et des boucliers, afin de pouvoir faire des interventions dans les quartiers. La fusion des zones de police doit libérer plus de personnel pour ces tâches spécifiques."

Le bourgmestre aura encore plusieurs réunions ces prochains jours. "Nous en aurons aussi avec la population allochtone de Meulenberg. J'ai déjà demandé aux imams de lancer un appel à la sérénité. Si les choses se sont un peu calmées d'ici mercredi, nous poursuivrons le dialogue."

"Notre stratégie restera la même", a encore dit Alain Yzermans. "Nous ne nous laisserons pas faire et agirons de façon encore plus sévère contre ces quelques fauteurs de trouble". L'enquête dirigée vers ceux qui ont jeté des pierres est du ressort de la police fédérale.

Une action des syndicats le 23 octobre

Les syndicats policiers mèneront une action sur la violence contre les forces de l'ordre le mercredi 23 octobre prochain à Bruxelles, annoncent-ils lundi. Et ce malgré une entrevue avec la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet lundi après-midi. "Les gens en ont en ras-le-bol", tonne Vincent Houssin, du SLFP-Police. Lors de l'entrevue avec Joëlle Milquet, prévue de longue date, les affrontements de vendredi à Houthalen ont été abordés. Si la ministre a bien demandé une enquête sur ces incidents, cela ne s'est fait que sous la pression des syndicats, selon le syndicaliste libéral.

La coupe est pleine pour les représentants des travailleurs. Ils vont lancer dans les prochains jours un appel à ce qu'un maximum de personnes participent à leur action du 23 octobre, qui devrait avoir lieu dans le quartier de la rue de la Loi. Il n'est néanmoins pas (encore) question de grève.

A partir de 50 ans, les policiers pourront réduire leur temps de travail

Le conseil des ministres a approuvé lundi un projet d'arrêté qui permet aux policiers de travailler à 4/5e temps ou à mi-temps à partir de 50 ou 55 ans, a annoncé la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. Le nouveau système s'appliquera aux agents statutaires, les contractuels bénéficiant déjà d'un régime de réduction de temps de travail. De cette façon, il est mis fin à une inégalité entre les deux statuts.

Le ministre, le bourgmestre ou le collège de la police, suivant le service concerné, pourront exclure de ce régime les agents qui ont un mandat ou appartiennent à un grade déterminé.

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