Les députés “au finish” pour faire passer la réforme des unifs

Le vote du décret Marcourt au Parlement pourrait avoir lieu ce mardi. Si tout va bien.

Alice Dive
Les députés “au finish” pour faire passer la réforme des unifs
©Belga

L’auront-ils voté pour ce mardi 21 heures ? Pour rappel, le match Belgique-Pays de Galles, c’est ce soir. Mais pas sûr que tous les députés de la Fédération Wallonie-Bruxelles pourront déserter à cette heure-là les couloirs du Parlement, et aller ainsi savourer la qualification des Diables pour le Mondial 2014. Trêve de légèreté.

Le décret du ministre Marcourt (PS) relatif à la réforme du paysage de l’enseignement supérieur est à présent sur la table du Parlement. Pour une discussion générale d’abord, pour une analyse approfondie du texte article par article ensuite. Pour ce faire, les parlementaires l’ont convenu hier : ils discuteront ce mardi “au finish”.

Et pour le coup, on peut dire que le ministre socialiste avait trouvé l’astuce lundi, en commission de l’enseignement supérieur, pour assommer d’emblée les députés : un discours, une présentation détaillée de “son” décret en un peu moins de 90 minutes, montre en main. Ma plus longue intervention depuis que je suis ministre. Presque autant que la lecture de la Bible dans son entièreté”, a ainsi ironisé Jean-Claude Marcourt.

Une académie, cinq pôles et trois zones

Pour rappel, le projet ministériel prévoit la mise en place d’une structure à trois niveaux comprenant : une Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares) chargée de la visibilité de notre enseignement supérieur sur la scène internationale et du pilotage de l’ensemble des universités et hautes écoles ; cinq pôles géographiques respectivement centrés sur l’UCL, l’ULB/Université Saint-Louis, l’ULg, l’UMons et l’Université de Namur s’occupant des matières liées au sol, aux services et aux infrastructures; enfin, trois “zones académiques interpôles” (Bruxelles-Brabant, Hainaut, Liège-Luxembourg-Namur) essentiellement focalisées sur l’aide à la réussite et pouvant rendre des avis sur les nouvelles habilitations dans l’enseignement supérieur de type court.

La délicate question de l’entrée en vigueur

Ainsi, s’est félicité le ministre Marcourt, “cette réforme dont le cœur est indéniablement le parcours de l’étudiant va simplifier notre système d’enseignement supérieur, tout en préservant l’autonomie, la liberté académique et les spécificités de chaque établissement. Avec comme objectif moins de concurrences et plus de synergies et de collaborations entre les acteurs concernés”. Et le même d’annoncer : “L’entrée en vigueur de cette réforme est prévue pour septembre 2014, y compris pour le volet ‘organisation des études et parcours de l’étudiant’, ce dernier qui, j’insiste, se fera progressivement selon un phasage sur cinq ans.

Une réponse à l’inquiétude de l’ensemble des acteurs de terrain concernés qui, dernièrement, avaient manifesté leur souhait de voir postposer d’un an l’entrée en vigueur de cette partie du décret et ce, pour des raisons d’adaptation pratique. Je conseille vivement à la majorité de suivre la volonté des acteurs de terrain et de prendre sérieusement en compte cette demande de moratoire”, a ainsi lancé Françoise Bertieaux, cheffe de groupe de l’opposition au parlement de la Fédération, qui a néanmoins salué “la lisibilité du texte”. Le MR qui s’est par ailleurs inquiété de voir abaissée à l’avenir la réussite de l’étudiant à 10/20, et d’insister sur le niveau d’exigence à bétonner “afin d’éviter un nivellement par le bas”. Et Mme Bertieaux de regretter également que la question du financement n’ait pu être abordée dans ce décret” tout en reconnaissant quesi tel avait été le cas, le texte serait encore loin d’être sur la table du Parlement”. Quant à la FDF (opposition aussi) Caroline Persoons, elle a tenu à souligner “l’importance cruciale de maintenir coûte que coûte le lien entre la Wallonie et Bruxelles dans ce décret”.

Du côté de la majorité (PS-CDH-Ecolo), on s’est montré plutôt consensuel, saluant globalement le travail accompli dans ce délicat dossier, “dans ce débat légitimement passionné mais sain vu les enjeux majeurs”, a souligné Michel de Lamotte (CDH). Une discussion générale plutôt sereine ce lundi donc, reste le plus gros morceau ce mardi avec l’analyse du texte article par article et le vote au bout de la journée… Ou au bout de la nuit.

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