Une étudiante canadienne attaque le Vlaams Belang

L'étudiante canadienne Rosea Lake, 18 ans, a lancé une action en référé contre la sénatrice du Vlaams Belang Anke Van dermeersch. Elle accuse la sénatrice flamande d'avoir volé le concept de son travail intitulé "Judgments" pour mener une campagne contre l'islam.

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Une étudiante canadienne attaque le Vlaams Belang
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Le juge des référés d'Anvers s'est penché mardi sur l'action engagée par l'étudiante canadienne Rosea Lake, 18 ans, contre la sénatrice du Vlaams Belang Anke Van dermeersch. L'étudiante accuse la sénatrice flamande d'avoir volé le concept de son travail intitulé "Judgments" pour mener une campagne contre l'islam. Elle estime par ailleurs que le matériel de la campagne, légèrement modifié après une action en référé intentée par le créateur de chaussures français Christian Louboutin, s'inspire toujours de son travail. Le juge des référés tranchera le 25 octobre. Mme Van dermeersch "peut mener une campagne contre l'islam, mais elle aurait dû faire preuve de plus d'originalité et ne pas voler l'idée d'une jeune femme habitant de l'autre côté de l'océan", a plaidé le conseil de Rosea Lake, Me Abderrahim Lahlali.

Selon lui, il ne s'agit pas seulement de protéger les droits d'auteur de l'étudiante canadienne, mais également son droit moral. "Ma cliente ne cautionne pas que son idée ait été employée dans une campagne contre l'islam. C'est tout à fait contraire à ses principes", a-t-il affirmé.

L'avocat exige qu'Anke Van dermeersch, son association "Vrouwen Tegen Islamering" (Femmes contre l'islamisation) - à l'origine de la campagne - et le Vlaams Belang retirent les affiches inspirées du travail de sa cliente, sous peine d'une amende de 2.500 euros par infraction constatée.

De son côté, le conseil de Mme Van dermeersch estime que Rosea Lake n'est pas en mesure d'intenter un procès. "Selon la loi en vigueur dans la province où réside Rosea Lake, au Canada, elle ne sera majeure qu'à 19 ans. Pour l'heure, elle ne peut donc pas engager d'action judiciaire". Il affirme par ailleurs que l'étudiante n'a pas enregistré son oeuvre et ne peut pas prouver qu'il s'agit bien de la sienne. Enfin, il assure que Mme Van dermeersch n'a pas reproduit le travail de l'étudiante, "il n'est donc pas question de droits d'auteur", a-t-il conclu.