Les trois propositions clés du MR en matière d’éducation

Un "programme vérité, où la confiance est redonnée aux écoles".

Stéphanie Bocart
Les trois propositions clés du MR en matière d’éducation
©REPORTERS

Ce dimanche, le MR organise son grand congrès dédié à l’enseignement et la formation. Il est le fruit d’un travail de plusieurs mois au cours desquels, sous la houlette de Françoise Bertieaux, chef de file du MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), le MR a sillonné la Wallonie, Bruxelles et sa périphérie pour aller à la rencontre des acteurs de l’école. Objectif ? "Confronter nos propositions en matière d’enseignement et de formation à la réalité du terrain", indique Charles Michel, le président du MR.

Le congrès de dimanche est "l’occasion d’affirmer un certain nombre d’engagements que nous souhaitons prendre dans le débat sur l’enseignement" en vue des élections de mai 2014. Pour "La Libre", Charles Michel dévoile trois propositions phares (lire ci-dessous) qui "seront parmi les plus importantes dans le cadre du programme du MR pour l’Enseignement".

Bien conscient des difficultés budgétaires de la FWB, M. Michel précise : "Nous avons fait un programme vérité. Ce n’est pas un programme où le MR promet que des millions d’euros supplémentaires vont pleuvoir sur l’enseignement. Notre programme est donc dans l’enveloppe budgétaire qui existe aujourd’hui".

Et si en mai 2014, le MR avait la confiance des électeurs ? "Dès lors que nous voulons considérer l’enseignement comme un débat crucial des prochaines années - nous ne sommes pas satisfaits de la politique menée dans cette matière depuis dix ans ! -, nous serons disponibles pour prendre nos responsabilités".

La suppression du décret Inscriptions

"Cette proposition n’est pas une surprise, mais je l’affirme encore une fois", déclare Charles Michel. Après quatre moutures successives du décret Inscriptions, "s’entêter dans l’erreur devient coupable", fustige le président du MR. "Nous ne voulons pas d’une 5e ou 6e version d’un décret qui met réellement le bazar dans l’école et est très déstabilisant pour les familles." Le MR propose donc de revenir au principe du décret Missions "qui garantit le principe du libre choix des parents et suppose aussi l’adhésion au projet pédagogique en favorisant la relation de qualité entre l’école, l’élève et les parents".

Pour assurer le glissement du système actuel du décret Inscriptions vers le retour au décret Missions, le MR compte mettre en place des mesures transitoires. Il y aura ainsi trop types de priorités : la fratrie; le personnel prestant; et les priorités octroyées par le directeur d’école et annoncées préalablement. "Nous sommes bien dans une démarche de confiance vers les directeurs et les parents, pas dans la démarche inverse de ce qui est fait depuis dix ans, où l’on veut infantiliser et culpabiliser les directeurs, les enseignants et les parents", souligne M. Michel. Cette transition comprendra deux phases d’inscription : l’une pour les prioritaires, l’autre pour les non-prioritaires selon la règle du "1er arrivé, 1er servi", "mais avec une capacité de confiance donnée aux directeurs d’école, insiste-t-il, tout en organisant des inspections si certains d’entre eux ne jouaient pas le jeu, y compris celui de la mixité".

La fin du "droit" à l'absentéisme

Le MR veut "stopper, supprimer purement et simplement ce droit à l’absentéisme scolaire, qui est la porte d’entrée directe vers l’échec scolaire". Aujourd’hui, "un élève a droit à 30 demi-journées d’absence non justifiées, tient à dénoncer Charles Michel. Je sais que certains établissements ne tolèrent pas cela et, dans la pratique, certains établissements réclament des justificatifs. Simplement, cela ne doit pas être une pratique, cela doit être une règle. Et la règle doit être que dès le premier demi-jour d’absence, il faut une justification". Pour Charles Michel, "il faut donner aux élèves et à leurs parents un signal clair que la présence à l’école est un devoir et que l’absence n’est pas un droit".

Dès le premier demi-jour d’absence non justifié, "les directions d’école, parfois même avec l’appui des services sociaux, doivent avoir la capacité d’intervenir, poursuit le président du MR, parce que, souvent, si l’on attend, il est trop tard. Le décrochage a lieu". Charles Michel veut "sortir de cette situation idiote", où"l’on constate que 11 % des jeunes de 15 à 20 ans et 17 % des 20 à 24 ans sont concernés par l’absentéisme". Il ajoute : "On a 17 000 jeunes de plus de 15 ans qui quittent l’enseignement sans le moindre diplôme. Il y a une corrélation évidente entre l’absentéisme scolaire et l’échec scolaire. Donc, il faut immédiatement détecter le problème pour avoir une remédiation, un encouragement et ne pas laisser filer des jeunes en dehors du circuit scolaire et qui en paient le prix des années plus tard".

3. Des apprentissages de base renforcés

"C’est un message crucial qui fait l’unanimité auprès de tous les acteurs de l’école que nous avons rencontrés" , assure le président du MR Charles Michel.

En ligne de mire : le niveau du CEB (NdlR : Certificat d’études de base en fin de 6 e année primaire) "n’est pas un niveau vérité" . "Entre un élève qui réussit son CEB à 50 % et un autre qui le réussit à 85 %, ils ne sont pas du tout armés de la même manière pour poursuivre leur parcours scolaire" , estime le bourgmestre de Wavre.

Et de vilipender : "On a un peu le sentiment que les autorités politiques ont baissé le niveau moyen du CEB pour donner l’illusion qu’on luttait contre l’échec scolaire. C’est choquant parce que c’est le nivellement par le bas" . Or, le MR "ne veut pas de nivellement par le bas; nous, nous voulons l’excellence" .

Comment ? En renforçant la rédaction, la lecture, la dictée, les tables de multiplication, la grammaire, l’orthographe, etc.

"Ce sont des apprentissages fondamentaux pour nous , reprend Charles Michel. Et c’est d’autant plus fondamental de lutter contre l’échec scolaire en relevant la qualité des apprentissages de base que le coût de l’échec scolaire est très cher pour la société - le coût de l’échec scolaire représente 6 % du budget total de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles" .

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