Manifestation d'Afghans à Bruxelles: dix personnes arrêtées ont été relâchées

Dix personnes arrêtées administrativement à l'issue d'une manifestation de demandeurs d'asile afghans qui s'est tenue mardi aux abords du cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo à Bruxelles, ont été relâchées vers 19h00.

Vincent Rocour (avec BELGA)
Manifestation d'Afghans à Bruxelles: dix personnes arrêtées ont été relâchées
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Dix personnes arrêtées administrativement à l'issue d'une manifestation de demandeurs d'asile afghans qui s'est tenue mardi aux abords du cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo à Bruxelles, ont été relâchées vers 19h00, a indiqué mardi le comité de soutien des Afghans. Ces dix manifestants avaient été emmenés aux casernes de la police fédérale à Etterbeek. Les 158 demandeurs d'asile afghans arrêtés au cours de la même manifestation, ont quant à eux été mis à la disposition de l'Office des Etrangers. Ce dernier dispose de 24 heures pour décider, selon les cas, de relaxer les personnes arrêtées, de les envoyer en centre fermé en vue d'un rapatriement ou encore de leur ordonner de quitter le territoire.

Pour rappel, le bâtiment désaffecté de la rue du Trône à Ixelles qu'occupaient 150 demandeurs d'asile Afghans depuis le 9 octobre dernier, a été évacué mardi après-midi. C'est lors d'une manifestation pour protester contre cette nouvelle expulsion que les 158 demandeurs d'asile Afghans ont été arrêtés.

"Les policiers étaient nerveux"

Parmi les manifestants arrêtés se trouvent notamment le porte-parole du groupe des demandeurs d'asile afghans déboutés, Samir Hamrad, ainsi que l'avocate Selma Benkhelifa. Cette dernière a donné sa version des faits à la Libre :

"Je sortais du Parlement où se tenait justement un débat sur les rapatriements. Non loin de là, les Afghans demandeurs d'asile faisaient un sit-in. Ils venaient d'apprendre que le bâtiment où ils logeaient avait été évacué pendant leur manifestation. Ils faisaient un sit-in parce qu'ils ne savaient pas où aller. Je sentais que les policiers étaient nerveux. Je leur ai dit de se lever parce que cela ne servait à rien. Ils se sont alors levés. Ils étaient très calmes. C'est à ce moment que les policiers leur sont rentés dedans avec des chiens, des sprays. Les gens hurlaient. Ils ont poussé les femmes et les enfants sur le trottoir et encerclé les hommes sur la rue. J'ai vu un jeune homme étendu sur le trottoir avec du sang sur la tête. Il avait reçu un coup de matraque. Puis j'ai dit aux policiers que la loi ne leur donnait pas le droit de faire usage de la violence quand quelqu'un ne se défend pas. A ce moment, le commissaire m'a désignée du doigt en disant: "l'avocate en rouge, vous me l'embarquez". On m'a mis des liens Colson très serrés derrière le dos. Puis on m'a fait monter dans un bus. Tout le monde a été embarqué."