Afghans : la Belgique n’en veut pas, Kaboul non plus

Dans 47 % des cas, la Belgique refuse d’accorder asile ou protection aux ressortissants afghans. Première raison invoquée par les instances belges d’asile : les requérants ne sont pas de "vrais" Afghans.

Annick Hovine
Afghans : la Belgique n’en veut pas, Kaboul non plus
©IPM

Les raisons du casse-tête afghan :

Pas des "vrais". Cette année, 1231 Afghans (chiffre arrêté au 1er décembre) sont venus frapper à notre porte. Dans 47 % des cas, la Belgique refuse d’accorder asile ou protection aux ressortissants afghans. Première raison invoquée par les instances belges d’asile : les requérants ne sont pas de "vrais" Afghans (mais des Iraniens, des Pakistanais qui se font passer pour tels en espérant ainsi obtenir plus facilement l’asile en Occident) ou de "vrais" candidats réfugiés fuyant la guerre (ils n’ont pas séjourné récemment en Afghanistan mais résidaient au Pakistan, en Iran, etc.) avant de gagner l’Europe.

Pas en danger. Autre argument brandi par la Belgique pour dire non : le demandeur d’asile est issu d’un district suffisamment sûr pour ne pas risquer d’être victime de violence aveugle. Le Haut Commissariat pour les réfugiés et des experts internationaux jugent pourtant que le conflit afghan est volatil et qu’une région considérée comme sûre aujourd’hui peut ne plus l’être dans deux mois. Le prochain retrait des troupes internationales fait d’ailleurs craindre une aggravation du conflit.

Pas d’expulsion des familles. Quoi qu’il en soit, les Afghans déboutés reçoivent un ordre de quitter le territoire belge (OQT). Les hommes (seuls) sont emmenés en centre fermé et mis dans un avion à destination de Kaboul, où ils sont relâchés dans la nature. Les familles, elles, ne sont pas éloignées. Ce moratoire de fait (mais jusqu’à quand ?) ne leur procure aucun droit : ni à un statut, ni à un logement, ni à un travail...

Peu de "laissez-passer". A cela s’ajoute le fait que l’Afghanistan délivre au compte-gouttes les "laissez-passer" permettant aux demandeurs d’asile déboutés de retourner au pays. Et sûrement pas à ceux dont la Belgique a établi qu’ils n’étaient pas de "vrais" Afghans ! An.H.

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