Les Afghans déterminés à poursuivre leur combat

S’il n’y a qu’une seule chose dont les Afghans sont sûrs, après leur rencontre, mardi, avec la secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Maggie De Block (Open VLD), c’est que, pour eux, rien n’est sûr.Ils prendront position ce mercredi.

Annick Hovine
Les Afghans déterminés à poursuivre leur combat
©Photonews

L’église du Béguinage, au cœur de Bruxelles, où se sont réfugiés plusieurs centaines de sans-papiers afghans, était un peu vide le jour de Noël. "Beaucoup ont été accueillis dans des familles belges pour la fête", explique Samir Amrad, leur porte-parole. Une solidarité citoyenne qui s’est aussi exprimée dans l’église même, où le curé a célébré une veillée où se sont retrouvés des Belges, des Afghans, des Africains, sympathisants ou militants, croyants ou pas… Où "On ne lâche rien" et "Bella Ciao" ont résonné en écho aux chants de Noël.

Aucun engagement

S’il n’y a qu’une seule chose dont les Afghans sont sûrs, après leur rencontre, mardi, avec la secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Maggie De Block (Open VLD), c’est que, pour eux, rien n’est sûr.

Une délégation représentant des demandeurs d’asile en cours de régularisation ou déboutés a bien été reçue au cabinet De Block, en présence du Premier ministre, Elio Di Rupo (PS), comme les Afghans le réclamaient vainement depuis des mois. Mais ni l’une ni l’autre n’ont pris aucun engagement à leur égard - sinon de les revoir dans un mois.

Nouvelles demandes

Au cours de cette rencontre, les deux ministres ont invité les Afghans à réintroduire individuellement de nouvelles demandes d’asile ou de protection et d’y joindre de nouveaux éléments concernant, notamment, l’évolution de la situation en Afghanistan.

Le cabinet de la secrétaire d’Etat répète à l’envi que chaque nouvelle demande introduite par les Afghans sera examinée en première instance par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) avec la plus grande rigueur. Le CGRA tiendra compte de chaque situation spécifique individuelle et de la situation générale en Afghanistan. "Mais on ne sait pas ce que le CGRA considérera comme un nouvel élément", objecte Samir Amrad, le porte-parole des Afghans. "On ne sait pas s’ils vont accepter ce que dit le rapport du HCR, par exemple." En août dernier, le Haut commissariat aux réfugiés avait insisté : la situation sécuritaire reste préoccupante en Afghanistan; le conflit est volatil; les attaques contre les civils se multiplient.

Tout ça pour ça…

Mais pour les autorités belges, il n’est pas question d’un moratoire sur les expulsions ou de l’application du statut de protection temporaire. Selon leur porte-parole, il y aurait environ 450 Afghans sans statut et donc sans aucun droit (séjour, travail…) en Belgique.

Les discussions vont bon train dans l’église du Béguinage, et le groupe n’est pas unanime sur l’attitude à adopter face aux propositions du gouvernement. "On discute pour voir si on accepte ou pas. Certains disent que c’était juste pour casser l’occupation, qu’on n’a pas marché trois jours de Bruxelles à Mons pour entendre répéter ce que madame De Block dit toujours", poursuit Samir Hamrad.

Ce mercredi, à 10 heures, les Afghans du Béguinage organisent une conférence de presse.


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