Bruxelles: il avait tué un agent de la Stib

La mort violente d’un superviseur devant le tribunal correctionnel.

Jean-Claude Matgen
Bruxelles: il avait tué un agent de la Stib
©BELGA

Alexander Vanderelst, 30 ans, qui avait mortellement agressé un employé de la Stib, le 7 avril 2012, comparaîtra, à compter de ce lundi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.

Le 7 avril 2012, peu avant 7 heures du matin, une Citroën C3 et un bus de la ligne 14 entrent en collision, place des Armateurs à Bruxelles, non loin du canal.

Prévenue par le chauffeur du bus, la Stib appelle les secours et envoie sur place un superviseur, soit la personne habilitée à réguler le trafic en cas d’incident mais aussi à organiser le constat d’accident. Il s’agit d’Iliaz Tahiraj, 56 ans. Ce père de deux enfants est un homme expérimenté, formé à la prévention des conflits.

L’occupant de la voiture accidentée, qui revenait de discothèque et était vraisemblablement sous l’influence de l’alcool, est légèrement blessé.

Il prévient deux amis qui se rendent sur place avant le départ de l’ambulance. Les amis s’approchent de M. Iliaz Tahiraj et lui disent quelques mots. Le ton monte. Iliaz Tahiraj demande au chauffeur de rester dans le bus, pour sa propre sécurité et celle de ses passagers.

C’est dans ce contexte tendu qu’Alexandre Vanderelst porte un coup de poing au visage du superviseur. Un seul coup, à main nue selon les témoignages, indiquera le parquet de Bruxelles.

Grièvement blessé, Iliaz Tahiraj est hospitalisé. Il y succombe à ses blessures.

Entre-temps, l’auteur du coup s’est enfui. Il se rend chez un avocat en début d’après-midi en vue de se rendre aux services de police. Il se constituera prisonnier. Un juge d’instruction le place sous mandat d’arrêt pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.

Alexander Vanderelst est seulement connu de la justice pour des faits de roulage pour lesquels il a été condamné par le tribunal de police.

Sécurité renforcée

L’homme, via ses avocats, Maîtres Laurent Kennes et David Ribant, indiquera qu’il regrette son geste et qu’il n’a jamais eu l’intention de tuer la victime.

La mort de M. Tahiraj avait déclenché des mouvements de grève au sein de la société des transports bruxellois. L’affaire avait aussi incité les politiques à réagir. Des moyens humains avaient été dégagés pour lutter contre les violences tant physiques que verbales commises sur le réseau.

Fin 2012, on enregistrait des résultats encourageants. Alors que le nombre de voyageurs était en augmentation, on notait une baisse de 6,8 % du nombre d’agressions physiques à l’encontre du personnel. Les violences verbales contre les agents avaient reculé de 10,2 %. Les agressions physiques à l’encontre des voyageurs, elles, avaient été réduites de 14,1 %, ces chiffres encourageants avaient été mis sur le compte de la présence de 200 policiers supplémentaires sur le réseau depuis avril 2012, soit le mois du drame. La vidéosurveillance avait, en outre, été généralisée à tous les véhicules (6 800 caméras) et déployée autour de nombreux bâtiments et stations de l’opérateur (1 800 caméras). Le service de sécurité de la Stib avait, lui aussi, été renforcé.

Respect

Du 8 au 10 avril 2013, un an après les faits, la Stib avait organisé "des journées du respect" en mémoire du superviseur. Elle avait distribué 100 000 badges "Respect for all" aux principaux arrêts et stations du réseau.